Bases de connaissances, ou connaissances de base…nous avons rassemblé ici les informations que nous pensons essentielles pour appuyer une éducation harmonieuse et respectueuse de tous.


Solitude

Le chien est un animal social et la solitude n’est pas pour lui un état inné et agréable. La solitude fait donc partie d’un apprentissage à part entière qui se travaille avec calme, pédagogie en plusieurs étapes.
La première étape est d’habituer le chien à l’absence de son maître. Cette absence doit idéalement se prolonger progressivement. Vous commencez par vous absenter quelques secondes d’une pièce de votre maison les premières séances, puis quelques secondes de plus les séances prochaines, jusqu’à quelques minutes les séances d’après. Il ne faut jamais que votre chien exprime de l’inconfort, couine, gratte la porte, aboie, pleure durant cette absence. Cela serait contre productif, votre chien n’apprendrait pas que quand vous disparaissez « ce n’est pas grave ».

Mettez en place un rituel verbal ou gestuel, lorsque que vous quittez la pièce où se trouve votre chien, faites lui savoir que vous partez, sans émotion particulière, ou alors avec une émotion plutôt joyeuse. Puis lorsque vous revenez dans la pièce où se trouve votre chien, n’ignorez pas votre chien, faites lui un petit signe en guise de « bonjour » ou « je suis là ».

La solitude s’apprend également lorsque vous êtes présent dans la même pièce que votre chien. Il ne faut en effet pas hésiter à créer des périodes d’ « ignorance » même quand vous êtes à la maison et qu’il réclame le contact. Ne répondez pas systématiquement à toutes ces demandes d’interactions. Initiez le contact lorsque le chien ne le réclame plus.

Avant un départ complet de la maison, prenez toutes les dispositions pour éviter que la solitude soit synonyme de silence intense et d’ennui pour votre chien :

  • Dites lui « au revoir, à tout à l’heure »
  • Laissez lui éventuellement la radio en marche
  • Faites en sorte qu’il associe votre départ à l’ouverture d’une caverne d’Ali baba pour chiens.
    Laissez lui des jouets qui pourraient l’occuper les 20% de la journée où il ne dormira pas. Ces jouets doivent être bien spécifiques, renouvelés fréquemment, et ne présentant pas de danger.

Vous pouvez par exemple lui laisser des jouets à mâcher, des os à mâcher, des peluches, des friandises cachées…Vous pouvez aussi lui donner sa ration d’alimentation juste avant votre départ.
L’essentiel est que votre chien associe votre départ à un Jackpot!
Votre chien préfèrera toujours être en votre compagnie, mais alors il sera capable de rester seul sans être affecté par la solitude.

ATTENTION : En cas de constatation de destruction à votre retour, il faut ignorer le mauvais comportement et ranger les jouets donnés au départ. Chez le chien, la vengeance n’existe pas. S’il y a des dégâts c’est que le chiot/chien s’est libéré d’une tension émotionnelle.

Considérons par exemple un chien qui a fait ses besoins dans le lit de son maître en son absence. Il y est probablement allé pour se rassurer, le lit étant l’emplacement où l’odeur du maître est la plus présente. Une fois installé, le chiot (ou chien) est cependant toujours soumis au stress. Le chiot se détend grâce à l’odeur… et l’accident arrive. Pauvre chien !

La clé est de se mettre à la place du chien. En cas de réprimande, le chien associera l’arrivée du maître à la réprimande. Le chien va donc essayer d’apaiser son humain par un enchaînement de signes distinctifs pour éviter de se faire gronder. Il n’a pas associé la « leçon de morale » à son action précédente mais au retour de son humain. Il essaie simplement de calmer l’irritation « d’origine non identifiée » de son humain.

TOC – Trouble obsessionnel compulsif ou stéréotypie

Le comportement compulsif, connu comme stéréotypie, consiste en des mouvement répétés sans but apparents, bien qu’en fait le chien les réalise dans le but de se relaxer.

Stéréotypies, activités de substitution et tocs peuvent trouver leur origine dans de nombreuses causes : une hyperactivité (qu’elle soit génétique ou liée à de mauvaises conditions d’élevage), un déficit dans l’acquisition des autocontrôles, un milieu de vie inadapté, qui ne correspond pas au seuil homéostatique du chien – trop de bruit et d’agitation ou, au contraire, un manque de stimulations, tout ceci en fonction de l’individualité du chien -, mais aussi de l’ennui, dont on ne répétera jamais assez combien il est délétère pour nos compagnons à quatre pattes.

Chaque race, chaque chien, a par ailleurs ses propres besoins d’activités et de dépense énergétique. Un chien de chasse enfermé toute la journée dans une cuisine, promené une demi-heure le matin et une demi-heure le soir, jamais mis au contact de congénères, jamais défoulé et jamais occupé, risque fort de développer des troubles comportementaux substitutifs. La frustration, ô combien difficile pour certains chiens, peut aussi conduire un animal à adopter des comportements « inappropriés » : dans ce cas, l’on entreprendra un travail sur la gestion de la frustration avec les propriétaires, en thérapie comportementale.

Un élément très important à comprendre est que les stéréotypies et les TOCs, chez les humains comme chez les animaux, ont un effet bénéfique. Des études portant sur des animaux de zoo ont démontré que le niveau de stress diminue dès que l’animal stéréotype.

Dans tous les cas ne l’oublions pas : un chien qui tourne sur lui-même, qui se lèche les pattes avant, mange ou boit compulsivement, fait des aller-retour devant son portail, etc… est un chien qui va mal.

Stress

Le stress est une réponse de l’organisme aux facteurs d’agression physiologiques
et psychologiques. Il est aussi une réponse de l’organisme à une sollicitation d’origine interne telle qu’une pulsion de prédation, une envie, une émotion fortes.
Le stress est nécessaire quand un individu doit réagir et s’adapter rapidement à une situation. Il prépare l’organisme à une réponse rapide et efficace à la sollicitation, interne ou externe.

Un stress intense ou chronique génère aussi nombre de problèmes physiques et comportementaux, c’est pourquoi nous devons reconnaître les signaux qui nous informent que notre chien est sous stress, ce qui nous permettra de réagir en fonction.

Le stress chez le chien peut être dû à de multiples facteurs. Un maître trop autoritaire, des relations conflictuelles au sein de la famille, des situations d’échec à répétition, des situations d’excitation incontrôlées ou trop longues…

Signes physiques observables

Halètement rapide ou profond

Le chien respire rapidement, gueule ouverte.

Manque d’attention

Votre chien ne répond pas à votre signal. Ce n’est pas de la désobéissance, il n’est simplement pas en état de vous entendre et de faire attention à ce que vous lui demandez.

Transpiration des pattes

De même que chez les humains, les chiens transpirent lorsqu’ils sont stressés.
Cela peut se déceler lorsque le chien laisse des traces humides sur le sol.

Hyperactivité

Un chien très stressé peut s’activer intensément. Il peut avoir l’air paniqué ou tout simplement très excité et vous pourriez interpréter ce comportement comme si votre chien faisait le fou ou était tout simplement en train de jouer.

Diarrhée et vomissement

Le stress a des effets immédiats sur l’organisme et le système digestif est souvent le premier à réagir. Il peut y avoir de nombreuses raisons pour lesquelles le chien vomit ou a la diarrhée, et celles-ci peuvent être liées à des problèmes médicaux, mais dans certains cas, ils sont le signe d’un stress intense du chien.

Se secouer

Les chiens stressés feront des tentatives de se débarrasser du stress en se secouant.

Automutilation & Léchage excessif

Cette conduite peut inclure le mordillement : de la queue, des pattes, des flancs.
Il peut y avoir de nombreuses raisons pour lesquelles un chien s’automutile, y compris une prédisposition génétique ou un problème médical (ex : allergie).

Un chien qui se lèche de façon excessive le fera la plupart du temps en une zone particulière. Les zones les plus fréquentes sont : les pattes, les flancs, les parties génitales.
Il peut se lécher au point de provoquer des lésions.

Soif excessive

Un chien qui boit plus que la normale peut souffrir d’un problème médical ou bien tenter de diminuer son stress. Il se peut qu’il s’agisse de frustration redirigée ou d’un comportement obsessionnel.

Comportements obsessionnels compulsifs

Un chien qui passe beaucoup de temps à reproduire un même comportement
peut souffrir de stress.

Réactivité

Si votre chien ne peut rester couché alors que vous vous levez du canapé
ou qu’il recherche perpétuellement de l’attention, il y a de fortes chances
pour qu’il soit stressé.

Lorsque vous demandez à un chien stressé de produire un comportement,
il se peut qu’il en produise d’autres, et cela, dans le cas où il aura pu maintenir
une attention suffisante sur vous pour vous avoir entendu.
C’est une des expressions de la confusion.

Effets physiques du stress

Le stress est affaire d’hormones. En réaction à une sollicitation, l’organisme sécrète des hormones qui lui permettent de répondre à cette sollicitation. Concentrons-nous sur les principales : l’adrénaline et le cortisol.

L’adrénaline

L’adrénaline prépare l’organisme à une réponse rapide : elle produit

  • une accélération du rythme cardiaque
  • une augmentation de la vitesse des contractions du cœur (rythme cardiaque ou pouls)
  • une hausse de la pression artérielle
  • une dilatation des bronches
  • une dilatation des pupilles

L’adrénaline a un effet immédiat et assez court.

Le cortisol

Le cortisol prépare l’organisme à réaliser une grande dépense d’énergie. Il concentre l’énergie sur les organes qui vont en avoir besoin. C’est un stéroide ! Ses effets sont :

  • une augmentation du taux de sucre dans le sang
  • un abaissement de l’activité du système immunitaire
  • une augmentation de la métabolisation des graisses, protéines et glucides
  • une diminution de la formation des os
  • un ralentissement de la cicatrisation des plaies

Conséquences

La sécrétion des hormones de stress répond à un besoin fonctionnel important, par exemple se sortir d’une situation dangereuse ou encore chasser une proie. Dans ces cas-là, les effets sur le corps sont immédiatement utilisés, et le chien peut courir plus vite, réagir plus vite, mordre plus fort, ignorer la douleur…

Lorsque la stimulation originelle ne permet pas une réponse comportementale adaptée, ces hormones de stress vont rester dans l’organisme, et leurs effets aussi.

Dès lors il s’agit de maîtriser les sollicitations au stress !
Chasser une balle, une fois, est un comportement de prédation tronqué qui induit un fort stress immédiat (pour réaliser les séquences de chasse et de saisie de la « proie »), donc une forte sécrétion d’hormones et un fort effet sur l’organisme, avec pour conséquence que le chien attrape la balle (la « proie ») avec succès et est en condition pour la manger. Une phase de repos qui suit permet aux hormones de stress de disparaître et l’organisme retrouve son état normal (homéostatique).
Chasser une balle, plusieurs fois de suite, est une répétition de ce stress intense, de plus sans intervalle de repos qui permettrait à l’organisme d’évacuer les hormones. De fait, comme l’organisme n’a pas le temps de les évacuer et que la sollicitation à les produire continue, les niveaux d’hormones de stress continue d’augmenter, augmenter… ainsi que leurs effets, désirables et indésirables.

Un individu soumis à de trop grandes quantités d’hormones de stress va rapidement tomber dans un état d’agitation, de confusion et d’angoisse. De plus, les effets indésirables de ces hormones vont être amplifiés !

Récapitulatif

Le stress est un élément indispensable à la vie ! Les hormones associées ont des effets souhaitables pour faire face aux situations quotidienne.

Un stress continu sur de longues périodes (quelques dizaines de minutes suffisent), s’il ne correspond pas à une gamme de comportements susceptibles d’utiliser les effets hormonaux, entraîne inévitablement des réactions physiologiques et des comportements inadaptés.


Brève lecture sur « le chien adrénalisé » :
https://belgiandogblog.wordpress.com/2018/03/18/adrenalise

Fugue

Pourquoi votre chien est-il fugueur ?

Tout d’abord, il est important de bien faire la différence entre un chien qui ne revient pas quand vous l’appelez en balade et un chien qui fugue intentionnellement. Lorsque l’on parle de chien fugueur, on est bien là en présence d’un problème de comportement et non d’un « simple » problème d’éducation comme le rappel au pied ou le suivi naturel de votre chien.
Un chien qui fugue est un chien qui va intentionnellement creuser un trou sous la clôture ou carrément sauter par-dessus, ouvrir les portes ou passer le portail pour aller vaquer à ses occupations.

Vos clôtures sont inexistantes, trop basses ou perméables

Le chien ne connaît pas la limite cadastrale de votre propriété, et ne connaît pas le concept de propriété domainiale. S’il peut aller explorer sur un grand terrain non borné physiquement par une clôture étanche, alors il ne s’en privera pas.
Renforcez vos clôtures ! Parfois il suffit de la rehausser si le chien saute par-dessus ou de l’enterrer s’il creuse pour s’enfuir.
Rappelez-vous qu’avoir un chien nécessite de lui offrir un environnement sécurisé et adapté.

Votre chien n’est pas suffisamment promené

Sachez que 9 fois sur 10, un chien qui fugue est un chien qui n’est pas suffisamment sorti, ou qui a une promenade qui ne comble pas ses besoins.
Si votre chien est sorti dans le jardin, cela ne comblera pas non plus ses besoins exploratoires.
N’oubliez pas, votre chien a besoin de sortir quotidiennement minimum 30 minutes par jour. C’est un besoin social qui lui permet de se dépenser, de sentir toutes les odeurs laissées par les copains et parfois même d’y répondre. Que vous ayez un immense jardin ou un appartement, votre chien en aura bien vite fait le tour et finira par s’ennuyer et donc décidera, seul, d’aller se promener pour répondre à son besoin de découverte. Dites-vous que votre chien préfèrera grandement découvrir le monde à vos côtés que seul. Alors profitez-en et faites-lui plaisir, pour son bien.
« Oui, d’accord j’entends bien mais quand je promène mon chien il est insupportable, il tire sur sa laisse et je n’en peux plus »

Travaillez la marche en laisse et l’auto-contrôle (le calme)

Voici comment éviter un problème et en créer un autre ! Travaillez avec votre chien la marche en laisse, ne lâchez rien et surtout ne baissez pas les bras. C’est un cercle vicieux dans lequel il ne faut pas rentrer : votre chien tire, donc vous le promenez moins, donc les rares fois où vous le reprenez en laisse il est trop excité, donc il tire de plus belle, donc vous ne le sortez plus du tout, donc il fugue.
Prenez du temps dans votre quotidien pour récompenser les comportements calmes et travailler la marche en laisse. Votre relation n’en sera que plus harmonieuse.

Votre chien est excité sexuellement

Si vous retrouvez systématiquement votre chien chez les voisins qui, oh malheur, ont une belle petite chienne en chaleurs, pensez à la castration, cela pourrait permettre de limiter son instinct sexuel.

Votre chien ne rencontre pas suffisamment de congénères

Si c’est chez un copain de même sexe qu’il se retrouve systématiquement : pensez à toujours proposer des rencontres régulières avec ses congénères, c’est un besoin très important pour votre chien et cela a pour autre bénéfice de lui permettre d’apprendre à ajuster ses comportements. Cela évite une éventuelle dé-socialisation future.

Votre chien s’ennuie

Soit votre chien n’a pas d’activités durant sa journée, pas ou peu d’interactions avec vous, reste une journée entière dans le jardin seul, et est en quête d’activités…
Soit votre chien a des interactions et des activités de qualité, mais n’a pas appris à s’ennuyer sans être frustré, et alors il faudra l’accompagner dans cet apprentissage « ne rien faire ».
Un chien peut ne rien faire, ou dormir, 80% de son temps dans une journée, sans que cela soit dommageable pour son bien-être.

Votre chien fugue par faim ou par envie de « nourriture » appétente

Si votre chien fugue pour aller fouiller dans les poubelles ou finir les gamelles des copains voisins, en bref, s’il décide d’aller se servir tout seul chez les autres : n’hésitez pas à fractionner sa ration quotidienne en plusieurs repas, à varier son alimentation, et si possible à des horaires complètement variables.
Vous pouvez lui fournir des activités alimentaires et masticatoires : kong fourré et congelé, os de boucher, stick de boeuf, friandises cachées….

Le cas des chiens de chasse ou des chiens avec un très fort instinct prédateur : besoin d’exploration

Si vous avez un chien de chasse ou un chien avec un très fort instinct prédateur, il y a plusieurs petites techniques qui pourront vous aider à limiter cet instinct, mais l’oubliez pas qu’il sera impossible de l’éliminer complètement. « Chassez le naturel, il revient au galop » dit-on n’est-ce pas ?
Tout d’abord, proscrivez tous les jeux de lancés (balles, bâtons, frisbee) car cela renforce l’instinct de poursuite de votre chien. Il est davantage conseillé de travailler avec votre chien le pistage, ou toute autre activité de flair (recherche d’objets, de friandises, mantrailing…), afin de l’habituer à utiliser cet instinct mais de manière contrôlée. Attention, il faut le faire régulièrement, être assidu et cohérent.
Faites-lui aimer votre jardin. Renforcez le plaisir d’être dans le jardin. Ne le laissez pas systématiquement dehors quand il a fait une bêtise ou que vous partez travailler. Jouez avec lui régulièrement, cachez des friandises, des jouets, des os à mâcher, etc. dans votre jardin lorsque vous partez. Imaginez bien que s’il ne se sent pas bien dans cet espace, il voudra en partir à tout prix.

En clair

En clair, vous l’aurez compris, dans la majorité des cas : les chiens fuguent par manque d’activité, ou par frustration.
Donc n’hésitez plus, lâchez-vous sur les balades, les séances de jeux et les temps de complicité avec votre toutou !

Votre attitude face à la fugue

Très important : ne grondez pas votre chien lorsqu’il revient de son petit tour en solitaire ! Sachez qu’il avait, et qu’il aura toujours, le choix entre rester tout seul tranquille à sentir toutes ces odeurs, à faire toutes ces activités qu’il s’est trouvé, ou revenir chez lui… S’il sait qu’il se fera punir en arrivant, pourquoi se presserait-il de revenir – ou pire, pourquoi revenir tout court ?
Malgré le fait qu’il soit parti plusieurs heures ou plusieurs jours, malgré le fait que vous soyez agacé de ses multiples fugues et malgré le fait qu’il vous fasse une énorme frayeur à chaque fois : lorsqu’il revient c’est la super fête, la plus belle qu’il ait jamais connue ! N’oubliez jamais que les chiens vivent dans l’instant présent, si vous, vous pensez le gronder d’être parti, lui, de son point de vue de chien, il comprendra que son humain le gronde d’être rentré : mauvaise stratégie !

Clefs de l’éducation du chien

Compétences fondamentales du chien de famille

Les comportements insistants sont normaux : le chiot est né avec la compétence “persévérer” (indispensable pour survivre seul), mais il doit apprendre les compétences “autocontrôle” et “gestion de la frustration” !

Ces compétences seront les 2 piliers FONDAMENTAUX qu’il va devoir acquérir pour évoluer en harmonie dans une cellule familiale. Lorsque ces compétences sont acquises, la suite des apprentissages devient plus facile. Tant qu’elles ne sont pas maîtrisées, tout autre apprentissage devient difficile dès lors qu’il implique de mettre en jeu ces compétences.
Par exemple, le rappel : pour revenir vers vous lorsque vous l’appelez, votre chien doit :

  1. se contrôler suffisamment pour être capable d’entendre et écouter votre appel
  2. gérer sa frustration pour être capable d’abandonner ce qu’il est en train de faire et revenir vers vous

Les bases de l’apprentissage

Un chien qui a peur ou est excité, qui a une émotion assez vive, n’est pas en mesure d’apprendre. Il s’agit d’abord de calmer l’émotion.

Pour que le chien apprenne à reproduire un comportement, et/ou à ne pas en reproduire un autre, il est nécessaire que le comportement amène soit une récompense soit une punition. Le chien apprend en permanence, même quand vous n’y faites pas attention.

Pour intervenir correctement dans l’éducation de votre chien, il est nécessaire d’utiliser :
La PUNITION :
c’est ne pas donner au chien ce qu’il veut, ou le lui enlever (cela peut être votre compagnie, un jeu, une balade, un câlin, l’accès à une pièce…..)
La RÉCOMPENSE :
doit toujours équilibrer la punition. Il s’agit de donner au chien ce qu’il veut, ce qui lui fait plaisir. De cette façon, il va reproduire le comportement qui donne accès à ce qu’il souhaite obtenir.
PIÈGE :
la récompense est quelque chose qui fait plaisir au chien, pas nécessairement à vous, et ce qui vous fait plaisir ne lui fait pas nécessairement plaisir à lui!
Si vous pensez qu’une caresse est une récompense et que le chien déteste se faire toucher, alors quand vous le caressez vous êtes en train de le “punir” et alors il apprendra à ne pas reproduire le comportement que vous, vous souhaitez que votre chien mette en place.
Si un comportement que vous pensez punir se reproduit, il est fort probable que, du point de vue de votre chien, vous le récompensiez. Changez de stratégie !

TIMING :

Votre chien apprend, en étant récompensé ou puni, que ce soit par vous ou pas, dans un maximum de 2 secondes après son comportement !

SCÉNARISEZ :

Ne pas hésiter à mettre en scène des situations dans lesquelles le chien va apprendre un comportement en RÉUSSISSANT ! C’est en réussissant que le chien apprend !
PENSEZ RÉUSSITE, ET NON PAS PERFORMANCE !

Compétences à acquérir

Un chien de famille doit acquérir quelques compétences, de façon autonome :

  • savoir contrôler ses comportements et être calme (autocontrôle) : le chien obtient ce qu’il veut seulement quand il a un comportement calme
  • savoir gérer sa frustration : le chien n’obtient pas ce qu’il veut, mais, surtout en période d’apprentissage, obtient autre chose.
    En bref : « être frustré, c’est pas cool, mais à la fin, c’est ok! ».
  • savoir gérer la séparation : en action éducative, proposer des absences très courtes, quelques secondes au début, en changeant de pièce dans la maison, et en fermant la porte derrière vous. Introduire un rituel verbal ou gestuel, très simple et sans émotion particulière : un signe de la main, une parole…
    Il est intéressant de mettre en place un rituel en deux temps : quand vous dites « je reviens », c’est toujours suivi, plus tard, de « je suis là ».
  • savoir rester seul/s’ennuyer : ne répondez pas à toutes les demandes d’attention du chien quand vous êtes avec lui. Il ne s’agit pas d’être « dur » avec lui : s’il a besoin d’aide ne lui refusez pas. Il s’agit de lui permettre de savoir s’occuper sans vous, de façon à ce que vos absences ne soient pas catastrophiques pour lui.
    Lorsque vous ne répondez pas à ses sollicitations, laissez à disposition des occupations à réaliser seul sans danger, d’abondantes occupations ! Mieux vaut trop que pas assez ! (Laissez à disposition 40 peluches plutôt que 2 !)

Ces compétences s’acquièrent en proposant au chien de réfléchir et de s’ajuster. Il n’est pas question ici d’obéissance. L’obéissance (assis, couché, marche au pied, etc…) est une suite de techniques, apprentissage par conditionnement, qui n’a rien à voir avec la base de l’éducation d’un chien de famille.

Apprentissages spécifiques au chiot

Nous avons évoqué les apprentissages sociaux à privilégier tout de suite : avant 16 semaines, le chiot est curieux et a envie d’explorer le monde !
Proposer des rencontres avec des chiens différents, des personnes différentes, des espèces différentes (chat, poule, mouton, vache,…) en laissant le chien observer et s’ajuster au maximum…
Toujours privilégier la qualité en rencontres (il faut que ce soit une expérience positive pour le chiot, même très brève) à la quantité de rencontres.
Proposer la familiarisation avec des environnement différents, des bruits différents, …
Introduire les manipulations douces et sur les différents endroits du corps du chien
Mettre en place la familiarisation avec le cabinet vétérinaire, le vétérinaire, les assistants : vous pouvez organiser des visites sans consultation, « pour le plaisir », où le chiot obtiendra sur place toutes sortes de choses agréables (friandises, caresses s’il aime ça…) !

Tout cela sans jamais forcer le chien. Si le chiot a peur, alors on doit l’aider à prendre de la distance pour le mettre dans une situation plus confortable. Toujours respecter le rythme du chiot, vouloir aller trop vite serait dommageable : aller lentement permet de progresser plus vite.

Attention, pièges !

« Non! »

Les “non, non, non” n’ont pas de signification pour le chien. Parfois vos « non! » sont en fait une récompense car vous donnez à votre chien votre attention en lui parlant et c’est ce qu’il cherche.
« Non » n’est pas une action. Vos « non! » n’apprennent pas au chien comment se comporter. Au mieux, votre « non » sert d’interrupteur (ou bien votre chien croit qu’il s’appelle « Non »),  mais comme il est très facile de dire « non » pour nous humains sans y mettre de sens, remplacer le “non” par une demande en montrant au chien ce qu’on attend de lui (sans force, ni émotion), par exemple “Descend” au lieu de “non, ne monte pas”. Laisser le choix de l’exécution précise à votre chien lui permettra d’apprendre plus efficacement : « sois calme » est plus efficace que « couché ».

N’oubliez pas que le cerveau du chien, comme le nôtre, ne sait pas penser en négatif : « Ne pense pas à une girafe rose » provoque immanquablement l’apparition d’une girafe dans votre esprit…

Cage

Enfermer votre chiot en cage ne lui apprend rien, si ce n’est de s’inhiber entièrement en prenant son mal en patience. Un chien dans une cage qui ne dit rien n’est pas forcément un chien qui vit l’instant de façon confortable, c’est peut-être un chien en grand mal-être mais on lui a « appris » à ne pas le dire.
Si vous pensez devoir couper l’accès de certains lieux à votre chiot en votre absence, pourquoi pas aujourd’hui proposer une pièce fermée avec de très nombreuses occupations pour que votre chiot passe ces moments (par exemple ses nuits) plus confortablement et donc sans destructions ou vocalisations? N’oubliez pas de laisser de quoi boire à disposition et liberté de ses mouvement, donc la liberté de choix de ses occupations (y compris « ne rien faire »!)

Lancer pour jouer

Le lancer de balles ou autres jouets excite le chien et “allume” son instinct de prédation. Il faut plusieurs jours au chien pour retrouver un calme physiologique, les hormones de stress s’évacuant lentement. Les lancers contribuent à l’excitabilité, la réactivité, l’anxiété du chien.
Lire :

Grognement et autres menaces

NE JAMAIS PUNIR un grognement! Le grognement n’est que la communication d’un inconfort « en langage chien ».
Apprenez les « signaux d’apaisement » que votre chien envoie pour communiquer dans son langage (Livre : https://www.amazon.fr/signaux-dapaisement-bases-communication-canine/dp/2952809534 )
L’agression de distancement : lorsque un individu (humain, chien, autre…) s’approche « trop » de votre chien, votre chien va montrer progressivement des signaux de plus en plus « clairs » afin que l’intrus s’éloigne, et ce tant que l’intrus ne comprend pas le message ! Très schématiquement, tant que l’intrus persiste, votre chien va regarder de côté, puis se figer, puis lever une babine pour découvrir un croc, puis grogner, puis gronder, puis « lancer les dents » dans le vide, puis pincer, puis saisir, puis mordre… l’escalade s’arrête dès que l’intrus s’éloigne. Il est important de ne jamais punir une de ces étapes de communication, car tout ce qu’on obtient c’est le passage direct à l’étape suivante ! Ainsi un chien puni parce qu’il gronde va comprendre qu’il doit directement passer à l’étape « lancer les dents » sans gronder. C’est comme cela qu’on fabrique des chiens dangereux alors qu’ils étaient seulement de bon communiquants en situation désagréable…

Franchise et mensonges habituels

Ne jamais entourlouper ou mentir à votre chien : vous perdrez une bonne partie de sa confiance, et le chien hésitera à répondre à vos demandes (au rappel par exemple).
Exprimer au chien ce que vous attendez de lui : “tu rentres”, “je t’attache”,…

Exemple important : un rappel qui ne serait pas seulement un rappel mais une façon de contraindre votre chien (par l’enfermement , l’attache, …), n’aura plus aucune valeur car le chien ne reviendra plus! Un rappel ne doit être qu’un rappel, et montrez combien vous êtes contents du cadeau que vous fait votre chien. Ensuite expliquez à votre chien ce qui se passe…
Autre exemple : si vous voulez que votre chien soit calme et vous laisse tranquille, ne lui dites pas « au panier » (ce qui va le bloquer à un endroit donné qu’il n’apprécie pas forcément sur le coup et a pour effet de le calmer encore moins…), mais dites-lui « sois calme » ou « laisse-moi tranquille » !

Prérequis à l’apprentissage : les besoins

Pour qu’un chien apprenne, ses BESOINS doivent être comblés :

  • besoins exploratoires : se servir de sa truffe dans différents environnements
  • besoins masticatoires : mordiller et mordre des objets ou des os est un besoin toute la vie durant du chien
  • besoins sociaux : faites lui rencontrer des chiens et humains avec lesquels votre chien veut interagir. Et donnez lui le choix de ne pas aimer le contact avec CE chien ou CET humain. Votre chien n’est pas censé aimer tout le monde !
  • avoir le choix : choix des rencontres, des terrains à explorer, des activités, des jouets, des os, de la nourriture, … Ne choisissez pas tout pour votre chien, écoutez-le, et écoutez ses choix ! Vous pouvez bien entendu parfois « négocier » un choix, ce qui nécessite déjà que vous connaissiez le vôtre et le sien… (par exemple, « on rentre ou on continue la promenade ? »)

Période d’apprentissage

Préconisations pour la période d’apprentissage (donc à ne pas faire toute votre vie!) :
Travailler la confiance à l’approche de votre main et de vous :

  • ne jamais enlever de force ce qu’un chiot a en gueule, toujours échanger contre un jeu ou de la nourriture.
    Sinon le chiot va apprendre à protéger ce qu’il a en gueule, à vous fuir ou à ne pas revenir vers vous, et surtout va apprendre à avaler vite ce qu’il a en gueule pour qu’il ne le perde pas.
  • quand votre main s’approche, par exemple quand le chien mange dans sa gamelle ou ronge un os : donnez un truc sympa (jambon, caresse, jeu,….). La main qui s’approche doit TOUJOURS être une bonne nouvelle!

Idée reçue :

 » J’ai de jeunes enfants et je ne veux pas que mon chien soit possessif avec sa gamelle ! Je vais donc mettre les mains dans sa gamelle quand il mange et lui retirer sa gamelle pour lui apprendre. »

Erreur ! Avec cette attitude, vous allez apprendre à votre chien que chaque fois qu’un humain s’approche de sa gamelle, il doit être vigilant car on va lui retirer ou la toucher. Loin de lui apprendre à tolérer, vous allez lui apprendre à déclencher de l’agression et de la possessivité à la ressource alimentaire.
Votre chien devrait pouvoir manger tranquillement! Toutefois, vous pouvez lui apprendre à ne pas craindre l’approche de l’humain en rajoutant, pendant qu’il mange, des super récompenses, gras de jambon, morceaux de fromages ou croquettes en plus.Pour sa gamelle, la règle est que toute main qui s’approche doit arriver pleine et repartir vide. Cet apprentissage, réalisé dès le plus jeune âge, fait que vous aurez un chien qui ne craindra jamais votre présence car il saura que quand vous êtes là, vous ne lui retirez jamais rien, au contraire si vous approchez de la gamelle, c’est juste pour y ajouter quelque chose de bien agréable. Quand cet apprentissage est consolidé, vous ne serez plus obligé de rajouter dans la gamelle pour l’approcher…mais vous pourrez toujours le faire si cela vous fait plaisir, cela renforce le lien entre vous et votre chien !

Autres apprentissages

Propreté

Les chiots ont un contrôle limité de leur vessie et de leurs intestins. Un très jeune chiot ne pourra se retenir plus de quelques dizaines de minutes. Ce n’est qu’à partir de l’âge de 4 ou 5 mois qu’il aura plus de contrôle sur les muscles de son sphincter. On compte en général que votre chiot peut se retenir pendant autant d’heures qu’il a de mois : 2 mois => 2 heures, 3 mois => 3 heures …
De manière générale, la propreté du chiot est chose acquise vers l’âge de 6 mois. Ceci étant, ne vous inquiétez pas si votre chien met un peu plus de temps et n’est pas propre avant l’âge de 7 ou 8 mois. La rapidité d’apprentissage dépend des individus.
Il est inutile de punir votre chien parce qu’il a fait ses besoins chez vous. Cela peut même être complètement contre-productif. En effet, votre chien ne comprendra pas que vous êtes énervé à cause de quelque chose qui s’est produit dans le passé – même si c’était il y a seulement une ou deux minutes… En revanche il va comprendre qu’il doit avoir peur quand vous arrivez, et en faire un pipi d’émotion !

Inhibition à la morsure

La mâchoire est le seul moyen de préhension du chien. Elle remplace nos mains.
Contraindre un chiot à ne pas mordiller ne lui permettra pas de pouvoir de lui-même modifier l’intensité de ce comportement et d’acquérir naturellement une phase d’arrêt.
Si le chiot n’a pas été retiré trop tôt à sa mère et à sa fratrie, il aura normalement appris le contrôle et l’inhibition de la morsure… mais avec les chiens ! Le chiot ne peut pas deviner tout seul que la peau humaine est bien plus sensible que la peau d’un chien. De plus, de par son jeune âge, il peut toujours se laisser facilement déborder par son excitation et avoir du mal à abandonner son mordillement.
Si à un moment ou un autre le chiot se met à mordiller une main qui « traîne », il va falloir en profiter. Dès qu’il commence et sans retirer la main, pousser un « aïe » bien sonore et aigu ; inutile de hurler pour autant. Normalement, le chiot doit s’arrêter. Il se peut même dans certains cas que le chiot se mette à lécher la main qu’il avait commencé à mordiller. S’il s’arrête de lui-même alors l’interaction peut reprendre son cours.
Il peut donc arriver, ne serait-ce que pour capter l’attention, que le chiot se mette encore à mordiller.
Malgré cela, surtout ne jamais s’énerver. Ce serait complètement contre-productif.
Il suffit alors de cesser immédiatement toute interaction avec le chiot, de se détourner de lui et de l’ignorer complètement. Pas un regard, pas un mot, pas un geste dans sa direction, rien. Le chiot doit comprendre de lui-même qu’en mordillant, il n’obtient rien. Pire, vous vous éloignez de lui : il vous perd ! Il devrait rapidement changer de stratégie.
Entre-temps, il aura appris à auto-réguler son comportement.
Il faut vraiment d’abord laisser mordiller le chiot. Il sera impossible de lui apprendre à contrôler sa morsure autrement.
Toute méthode qui ne ferait qu’éviter le mordillement (sans le contrôle de la pression de la mâchoire) chez un chiot est de ce fait incomplète et dangereuse.
Malheureusement, certains professionnels, peu ou pas formés, semblent encore convaincus que le mordillement est une tentative du chiot pour « dominer » son propriétaire. C’est entièrement faux et même absurde ! Pour en savoir plus : la dominance .
D’autres professionnels ont tendance à suggérer au propriétaire de faire cesser les mordillement du chiot le plus vite possible. Coincer la mâchoire du chiot, l’obliger à se coucher sur le dos en le maintenant, lui mettre une tape sur le museau, lui dire un non ferme…
Aucune de ces méthodes ne va permettre au chiot d’expérimenter pour apprendre à contrôler sa morsure.

Autres apprentissages

  • marche en laisse sans tirer (harnais+laisse 3 mètres)
  • balade en longe
  • Rappel
  • Confiance en la voiture
  • etc….

Tous les apprentissages seront proposés dans le but d’autonomiser au maximum le chien, de le faire réfléchir, afin qu’il puisse durant tout sa vie s’ajuster aux différents environnements.
La relation de confiance que vous nouerez ensemble est à la base de tous ces apprentissages.
Tout conflit, peur ou souffrance que vous générerez avec votre chien entacheront cette confiance, et rendront plus compliqués les apprentissages.

Pour aller plus loin

LE livre à avoir lu au moins une fois : « Comment éduquer son chien dans le sens du poil » par Nicolas Cornier.
http://www.lechienassis.net/livre.php

L’AUTRE livre à lire absolument :« Accueillir un chien ». Par Sandrine Otsmane. https://www.amazon.fr/Accueillir-chien-Sandrine-Otsmane/dp/2035898498/

Le rappel

Vous venez de pratiquer une séance sur le rappel de votre chien. Voici quelques éléments-clés à garder en tête et à mettre en pratique !

 

Marche en laisse & communication non-verbale

Communication non-verbale

Que nous le voulions ou pas, nous communiquons en permanence avec notre chien, car il/elle nous observe en permanence ! Alors autant prendre conscience de ce que nous lui disons !

Votre chien est attentif à tout moment :

  • à la direction indiquée par vos pieds : c’est  » la direction intéressante »
  • à l’énergie que vous insufflez dans votre déplacement

Vos déplacements doivent avoir une direction franche, les deux pieds parallèles dans la direction “intéressante”. Vos pieds disent à votre chien « c’est par-là que ça se passe » !

Votre chien réagit en miroir à vos attitudes : si vous restez connectés par le regard, même indirect, par la position du haut du corps qui doit “ouvrir un couloir” pour inviter votre chien à s’engager dans la direction de vos pieds, alors votre chien « suit » la direction indiquée.

ATTENTION : ce n’est pas une marche au pied, ni un suivi, c’est une marche ensemble, qui laisse à votre chien le loisir de choisir ses déplacements en fonction des vôtres.
Un chien de berger aura tendance à décrire des cercles autour de vous orientés dans la  » direction intéressante « . Un chien de chasse aura tendance à décrire des aller-retour devant puis derrière vous, orientés dans la « direction intéressante ». Tous les chiens auront naturellement la capacité de s’éloigner temporairement de vous, de revenir plus près, bref : de choisir leur trajectoire.

L’énergie que vous mettez dans votre déplacement se retrouve dans l’attitude de votre chien, qui la traduit selon son caractère et son envie du moment ! Par exemple, plus d’énergie implique plus de vitesse et donc des trajectoires plus éloignées de vous. Ou encore, moins d’énergie implique moins de connexion, et votre chien flâne tranquillement autour de vous.

Utilisez cette énergie en la faisant varier pour « raccrocher » votre chien : cela vous évite de le rappeler. Triple intérêt : d’abord c’est moins fatiguant pour vous, il suffit de varier votre déplacement et vous pourrez bientôt le faire en même temps qu’autre chose (même si nous préférons vous rappeler que votre chien vous donne de son attention et qu’il mérite bien quelques miettes de la vôtre…) . Ensuite, cela évite de lui donner le signal de rappel alors qu’en fait, vous ne voulez pas qu’il termine dans vos pieds mais seulement qu’il vienne dans votre direction. Enfin, cela évite de polluer votre signal de rappel en multipliant les échecs : plutôt que de lui signaler de revenir et qu’il ne revienne pas, « raccrochez-le » avec votre déplacement !

A garder en mémoire :

  • Faites des virages en angles plutôt que des courbes, les courbes sont très difficiles à lire pour un chien !
  • Ne pas se déplacer met une pression énorme sur le chien : c’est normal qu’il vous le signale, en s’éloignant, en mordant sa laisse, en vous sautant dessus, en gémissant… n’hésitez pas à bouger même légèrement pour alléger la situation
  • Pour éviter quelque chose (un obstacle, un chien, un humain…) TOURNEZ vos pieds dans une autre direction !

Tous ces éléments de communication sont toujours présents entre vous, même en présence d’une laisse…

Marche en laisse

La marche en laisse est l’expression de la relation qui existe entre vous et votre chien. C’est un dialogue !

Voici quelques éléments clés à garder en tête et à pratiquer :

La marche en laisse doit être un moment de partage entre le chien et vous. Ne tirez pas sur votre chien, et il apprendra à ne pas tirer de son côté !
Pour cela :

  • tenir fermement (pour l’instant) la poignée de la laisse
  • porter de l’autre main la laisse afin que la laisse ne traîne pas au sol
  • conserver corps, jambes et pieds solides
  • toujours bras détendus, jamais pliés, jamais en force
  • quand votre chien tire en laisse : marcher plus lentement, mais ne jamais s’arrêter.
  • ne pas suivre le chien quand il tire : s’il gagne même 20cm, il recommencera puisque « ça marche »

NE JAMAIS TIRER AVEC LE BRAS sur la laisse, c’est extrêmement désagréable pour le chien. De plus, tirer sur la laisse apprend au chien à tirer en laisse (réflexe d’opposition), et la conséquence est une marche en laisse conflictuelle (chacun tire de son côté) et stressante pour tout le monde…

Si la laisse se tend, c’est votre chien qui la tend. Cela le responsabilise : si la laisse tendue est désagréable (et elle l’est!), c’est aussi lui qui la détend. Votre chien agira si vous lui laissez le soin de le faire ; si vous tirez, il apprend que la tension sur la laisse vient de vous et pas de lui : il arrêtera d’y réfléchir !
Peut-être qu’au début de l’apprentissage, il faudra un peu de temps à votre chien pour comprendre qu’il est invité à détendre la laisse et à vous suivre en explorant le périmètre autour de lui.

Si le chien se braque, s’arrête, met son corps en opposition, c’est qu’il est mal à l’aise, il a été tiré, ou bien il anticipe un tirage en laisse. A ce moment là, détendez la laisse et rassurez votre chien.
Pour lui indiquer avec la laisse ce vers quoi il ne peut pas aller, mettre la laisse en légère tension (ou laisser le chien créer la tension) sans soulever le harnais.

N’hésitez pas à changer de direction, à en jouer, et à jouer avec les changements de rythme dans votre marche. Le chien y sera très sensible : il sera plus enclin à explorer calmement quand vous marchez doucement. Il sera davantage complice et attentif à vous quand vous mettez de l’énergie dans la marche (pas forcément de la vitesse).

Anticipation d’un obstacle (objet, humain ou chien) que vous ne voulez pas que votre chien approche :

  • sans raccourcir la laisse dévier sa trajectoire et prendre de la distance par rapport à l’obstacle
    ou raccourcir la laisse sans tirer (« remonter la laisse »)
  • bien indiquer avec vos pieds la direction souhaitée, et mettre de l’énergie dans votre marche pour vous éloigner ensemble, vite et joyeusement.

Il y a toujours un moyen de faire, SANS TIRER sur la laisse et donc sur votre chien, pour le rapprocher de vous.

Il vous faudra vous adapter à la vitesse de votre chien pour l’apprentissage, gardez calme et patience.
Evitez de lui demander quoi que ce soit verbalement. Communiquez avec la laisse uniquement. ( Et apprenez à comprendre ce que votre chien vous dit à travers la laisse…).

La laisse ne doit pas être un outil de contrôle ou pour diriger le chien, c’est un outil de dialogue.

Proposer à votre chien de réfléchir lui permet d’être moins dans ses émotions, ou dans son excitation.
Entraînez d’abord vous dans un environnement spacieux, avec une longueur de laisse importante (idéalement 3m), changez de direction, posez des contraintes gentiment avec la laisse. Puis vous pouvez vous entraîner sur un trottoir pas trop étroit, ou dans un chemin.

N’oubliez pas de donner la possibilité à votre chien de se relaxer et d’avoir des moments où il peut se servir de sa truffe pendant la balade d’entraînement.
Des balades calmes et olfactives aident le système physiologique de votre chien à être apte à recevoir vos apprentissages, et à votre chien à écouter, se calmer, réfléchir.

Vos balades en laisse doivent être un moment ENSEMBLE, et non pas un moment pendant lequel chacun fait sa balade avec une laisse entre vous.
La balade en laisse ou en longe est une base de création et de renforcement de votre lien d’écoute, de communication, de complicité, qui va bien au-delà de la balade !
Si en laisse votre relation est altérée, votre chien apprendra à se comporter en s’opposant à vous, ou encore sans tenir compte de vos propositions ou de vos demandes.
Si en laisse votre relation est complice et équilibrée, votre chien apprendra à se comporter en coopérant avec vous, en tenant compte de vos propositions ou de vos demandes.

Marcher ensemble peut être difficile

Au-delà de la technique, votre chien peut avoir de réelles difficultés à s’ajuster :

  • excitation trop importante
  • comportements de prédation
  • mauvaise gestion de la frustration
  • difficultés d’auto-contrôle
  • automatismes (conditionnements) à désapprendre (contre-conditionner)
  • réactivité (agression de distancement, peur, panique…)

Si votre marche en laisse continue à être pénible, c’est peut-être aussi parce que les mauvais signaux sont insensiblement mis en place au quotidien entre vous – sans qu’il y ait faute d’un côté comme de l’autre. En cas de difficultés à améliorer la situation, prenez contact avec nous : la marche en laisse est une discipline simple mais les détails sont nombreux, et le diable se cache toujours dans les détails…

Jeu de balle

Comme nous l’avons vu dans la page sur le stress, un stress continu sur de longues périodes (quelques dizaines de minutes suffisent), s’il ne correspond pas à une gamme de comportements susceptibles d’utiliser les effets hormonaux, entraîne inévitablement des réactions physiologiques et des comportements inadaptés. (cf. Le Stress par Ethique et chiens)

Laissons la parole à Pilar Saenz-Beucher (Mon Chien Bleu) au sujet des jeux de balle :

Le jeu de balle

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Chiens de travail : Border Collie, Berger Australien …

Ce qui suit est applicable aux races de chiens hyper-sélectionnées pour le travail, et essentiellement aux chiens de berger. Dans ces races, ceux que l’on rencontre aujourd’hui le plus souvent, du fait d’une notoriété due autant aux effets de mode qu’aux idées préconçues ( ce chien de « travail » doit sûrement apprendre très vite et être facile à « dresser », il va « bien obéir »…) sont :

  • le Border Collie
  • le Berger Australien
  • le Malinois

Dans la suite, nous nous concentrons sur l’objectif « garder le troupeau organisé » des chiens de berger.
Toutefois, les mêmes concepts sont applicables à tous les chiens « de travail » :

  • un lévrier, un setter ont pour travail de « traquer la proie jusqu’à son arrêt »
  • un malinois a pour travail de « serrer et immobiliser » un intrus
  • un berger d’Anatolie, un « patou » ont pour travail de « garder le troupeau contre les menaces »

un chien de travail

Un chien de travail a besoin d’un « job ». Il a besoin d’une tâche qui interpelle, mais cela ne signifie pas pour autant que le chien nécessite une attention permanente!
Un berger utilise son chien quand il en a besoin. En hiver, quand les moutons sont dans la grange ou au printemps, quand naissent les agneaux, le berger ne mettra certainement pas en place un parcours d’agility afin de garder le chien occupé. Le chien doit travailler quand c’est nécessaire, et quand il n’y a pas de travail à faire, il mène une joyeuse vie de « chômeur » pendant des semaines.
En termes d’activité, le chien de berger doit être soumis à des tâches difficiles, et entre ces tâches, à beaucoup de repos.

Le chien de berger chasse!

Le comportement de rassemblement n’est rien d’autre qu’un comportement de chasse.
L’instinct « attaquer et tuer » a été éliminé par la reproduction sélective alors que les séquences de chasse restantes ont été amplifiées. En conséquence, le chien de berger traque et poursuit. Il n’hésite pas à harceler sa proie si elle ne réagit pas « comme il faut » : il va pincer les mollets de la vache pour qu’elle avance dans la bonne direction, exactement comme s’il la chassait pour l’épuiser au fond d’une forêt.

Les chiens de berger sont très sensibles aux stimuli visuels et acoustiques

Le chien de berger a besoin de voir les plus petits changements dans les brebis du troupeau et de réagir immédiatement. En conséquence, il réagit beaucoup plus vite aux stimuli visuels (mouvements) et auditifs que les autres chiens.
Cela peut rapidement se transformer en un problème dans la vie quotidienne. Bien sûr, un chien de berger ne sait pas si c’est réellement un mouton qui se déplace dans le lointain. Il réagit au mouvement à distance. S’il arrive un jogger à l’horizon, le chien réagit au coureur. Le soir du réveillon du Nouvel An avec tous les bruits, le chien de berger va probablement devenir fou parce qu’il est très sensible à ces stimuli.
De telles situations peuvent être difficiles à gérer pour le propriétaire de chien « normal » Avant même de réaliser qu’il y a un bruit quelque part ou que quelque chose est en mouvement à proximité, comme un joggeur, par exemple, « une proie parfaite », le chien a déjà disparu … ce qui nous amène au point suivant :

Le chien de berger est très excitable

Le chien de berger doit être en mesure de réagir très rapidement.
Dans la vie quotidienne, cela pose problème parce que le chien répond également à tous les stimuli.
Au travail, le Border Collie, surtout, va souvent au-delà de ses propres limites et il doit se reposer seulement quand le travail est fait.
Dans la vie quotidienne, cela signifie que le chien de travail ne montre guère de signes quand les choses deviennent un peu trop dures pour lui. Peu importe la fatigue, il continuera. Les chiens de travail ne disposent pas d’un bouton d’arrêt d’urgence, c’est ainsi qu’ils ont été sélectionnés. Et il peut donc arriver que, après des heures de jeux de ballon, votre chien ne semble toujours pas se lasser et qu’il tombe plutôt mort que d’arrêter de lui-même. Par conséquent, c’est le propriétaire qui doit prendre les décisions appropriées. Le chien ne peut pas se le permettre.
Le calme est quelque chose que ces chiens doivent apprendre.

Le chien de berger est sensible, et méfiant face aux inconnus

Le troupeau et le berger sont les éléments « normaux » de l’environnement du chien de berger. En revanche, il doit « garder » le troupeau face aux éléments nouveaux, qui peuvent être annonciateurs de problèmes.

Le chien de berger est sujet aux TOCs (Troubles Obsessionnels Compulsifs)

Il a une telle excitabilité que sans possibilité de mettre à profit l’énorme énergie accumulée au cours d’épisodes de stress répétés, il va mettre en place des comportements de substitution ayant pour but de l’apaiser dans l’immédiat, même si ces comportements ont des conséquences indésirables.

Les jeux de rapport

Les jeux de rapport passionnés
Même les plus jeunes chiens sont déjà fous de la « proie ». Par conséquent, il est encore plus important de contre-agir à cette « balle-addiction » très tôt dans la vie d’un chien.
Rien ne remplace le troupeau, nous ne pouvons pas offrir au chien de berger un substitut aux moutons. Une activité équivalente au troupeau est tout simplement inexistante, les balles ne réagissent pas de la même façon qu’un mouton le ferait. C’est la même chose pour un chien de chasse : aucun lièvre, aucun faisan ne s’est jamais relevé après avoir été attrapé !
En raison de son instinct de chasse, le chien adore courir après la proie. Les jeux de rapport déclenchent son instinct de prédateur qui libère des hormones de stress.

Donc, si vous continuez de lancer la balle, encore et encore, le chien reçoit de plus en plus de stress. En conséquence, vous obtenez un « balle-addict » qui ne peut penser qu’à obtenir le prochain « shot ». Étant donné que ces chiens ont appris à s’adonner à cette sensation sans retenue, ils réagissent à tous les autres stimuli qui déclenchent cette même sensation avec leur comportement de chasse.
Un stress continu a des répercussions sur le psychisme et la santé du chien à long terme. Les jeux de rapport peuvent être autorisés avec des chiens adultes capables, dans une certaine mesure, de s’auto-réguler, mais cela doit être fait d’une manière très contrôlée.
Si le chien se transforme en un « balle-addict » quelque chose a mal tourné et l’utilisation de ce jouet doit être reconsidérée.

Dominance

Soyons clairs : la « dominance » au sens où elle est utilisée dans le langage courant du milieu canin est une absurdité, elle sert essentiellement à masquer des pratiques violentes, basées sur la peur, la violence, la force, la compulsion, la confrontation. Étiqueter un chien « dominant » c’est un raccourci utile pour justifier de « casser » ce chien. Or, on sait depuis longtemps que cette voie n’est pas nécessaire ; on peut obtenir les mêmes résultats d’éducation ou de dressage, même meilleurs, en abordant la relation avec son chien avec respect et empathie. Éthiquement donc, rien ne justifie la violence, l’autoritarisme, envers un chien à titre éducatif.

Une vétérinaire vous l’explique en vidéo ci-dessous :

 

Essentiellement, il y a deux choses à comprendre.

  1. La dominance n’est pas un trait de caractère. La dominance est une caractéristique potentielle d’une relation, pas d’un individu. Encore faut-il que cette relation soit établie, stable, et agonistique (c’est-à-dire confrontationnelle)… heureusement, toutes les relations entre êtres sociaux ne sont pas agonistiques, c’est même rare dans un milieu naturel !
  2. Les relations stables dans un groupe de chiens peuvent être extrêmement variables, et l’établissement d’une hiérarchie pyramidale est en pratique assez rare.Il existe par exemple des relations « cycliques » : pour l’accès à un os plein de chair, Alice a priorité sur Bob, Bob a priorité sur Clara, et Clara a priorité sur Alice. On vous le répète : « dominant » n’est pas un trait de caractère !
    La plupart des relations asymétriques impliquent l’accès à une ressource. En fonction de la ressource, les priorités peuvent être complètement chamboulées ! Par exemple : pour une peluche, Mara a priorité sur Watt ; pour une place sur le lit, Watt a priorité sur Mara.

 

Une autre approche, historique celle-ci, pour mieux comprendre à quel point on a évolué depuis… les années 1940 !

Publiée par ECC sur Mercredi 30 septembre 2015