Bases

Bases de connaissances, ou connaissances de base…nous avons rassemblé ici les informations que nous pensons essentielles pour appuyer une éducation harmonieuse et respectueuse de tous.


Solitude

Le chien est un animal social et la solitude n’est pas pour lui un état inné et agréable. La solitude fait donc partie d’un apprentissage à part entière qui se travaille avec calme, pédagogie en plusieurs étapes.

(bonus : vidéo en fin de page !)

La première étape est d’habituer le chien à l’absence de son maître. Cette absence doit idéalement se prolonger progressivement. Vous commencez par vous absenter quelques secondes d’une pièce de votre maison les premières séances, puis quelques secondes de plus les séances prochaines, jusqu’à quelques minutes les séances d’après. Il ne faut jamais que votre chien exprime de l’inconfort, couine, gratte la porte, aboie, pleure durant cette absence. Cela serait contre productif, votre chien n’apprendrait pas que quand vous disparaissez « ce n’est pas grave ».

Mettez en place un rituel verbal ou gestuel, lorsque que vous quittez la pièce où se trouve votre chien, faites lui savoir que vous partez, sans émotion particulière, ou alors avec une émotion plutôt joyeuse. Puis lorsque vous revenez dans la pièce où se trouve votre chien, n’ignorez pas votre chien, faites lui un petit signe en guise de « bonjour » ou « je suis là ».

La solitude s’apprend également lorsque vous êtes présent dans la même pièce que votre chien. Il ne faut en effet pas hésiter à créer des périodes d’ « ignorance » même quand vous êtes à la maison et qu’il réclame le contact. Ne répondez pas systématiquement à toutes ces demandes d’interactions. Initiez le contact lorsque le chien ne le réclame plus.

Avant un départ complet de la maison, prenez toutes les dispositions pour éviter que la solitude soit synonyme de silence intense et d’ennui pour votre chien :

  • Dites lui « au revoir, à tout à l’heure »
  • Laissez lui éventuellement la radio en marche
  • Faites en sorte qu’il associe votre départ à l’ouverture d’une caverne d’Ali baba pour chiens.
    Laissez lui des jouets qui pourraient l’occuper les 20% de la journée où il ne dormira pas. Ces jouets doivent être bien spécifiques, renouvelés fréquemment, et ne présentant pas de danger.

Vous pouvez par exemple lui laisser des jouets à mâcher, des os à mâcher, des peluches, des friandises cachées…Vous pouvez aussi lui donner sa ration d’alimentation juste avant votre départ.
L’essentiel est que votre chien associe votre départ à un Jackpot!
Votre chien préfèrera toujours être en votre compagnie, mais alors il sera capable de rester seul sans être affecté par la solitude.

ATTENTION : En cas de constatation de destruction à votre retour, il faut ignorer le mauvais comportement et ranger les jouets donnés au départ. Chez le chien, la vengeance n’existe pas. S’il y a des dégâts c’est que le chiot/chien s’est libéré d’une tension émotionnelle.

Considérons par exemple un chien qui a fait ses besoins dans le lit de son maître en son absence. Il y est probablement allé pour se rassurer, le lit étant l’emplacement où l’odeur du maître est la plus présente. Une fois installé, le chiot (ou chien) est cependant toujours soumis au stress. Le chiot se détend grâce à l’odeur… et l’accident arrive. Pauvre chien !

La clé est de se mettre à la place du chien. En cas de réprimande, le chien associera l’arrivée du maître à la réprimande. Le chien va donc essayer d’apaiser son humain par un enchaînement de signes distinctifs pour éviter de se faire gronder. Il n’a pas associé la “leçon de morale” à son action précédente mais au retour de son humain. Il essaie simplement de calmer l’irritation “d’origine non identifiée” de son humain.

En vidéo

De l’importance d’un rituel, même un simple geste de la main, au moment de partir.

Des chercheurs ont posé un capteur de rythme cardiaque sur des chiens et ont observé les variations du rythme, très bon indicateur du stress ressenti par le chien à ce moment-là.

Observez bien les variations de pouls des chiens : sans geste de la main avant de partir, puis avec geste.

  • Le pouls augmente : l’organisme est en stress, très sollicité.
  • Le rythme baisse : l’organisme est plus calme, moins sollicité.

TOC – Trouble obsessionnel compulsif ou stéréotypie

Le comportement compulsif, connu comme stéréotypie, consiste en des mouvement répétés sans but apparents, bien qu’en fait le chien les réalise dans le but de se relaxer.

Stéréotypies, activités de substitution et tocs peuvent trouver leur origine dans de nombreuses causes : une hyperactivité (qu’elle soit génétique ou liée à de mauvaises conditions d’élevage), un déficit dans l’acquisition des autocontrôles, un milieu de vie inadapté, qui ne correspond pas au seuil homéostatique du chien – trop de bruit et d’agitation ou, au contraire, un manque de stimulations, tout ceci en fonction de l’individualité du chien -, mais aussi de l’ennui, dont on ne répétera jamais assez combien il est délétère pour nos compagnons à quatre pattes.

Chaque race, chaque chien, a par ailleurs ses propres besoins d’activités et de dépense énergétique. Un chien de chasse enfermé toute la journée dans une cuisine, promené une demi-heure le matin et une demi-heure le soir, jamais mis au contact de congénères, jamais défoulé et jamais occupé, risque fort de développer des troubles comportementaux substitutifs. La frustration, ô combien difficile pour certains chiens, peut aussi conduire un animal à adopter des comportements « inappropriés » : dans ce cas, l’on entreprendra un travail sur la gestion de la frustration avec les propriétaires, en thérapie comportementale.

Un élément très important à comprendre est que les stéréotypies et les TOCs, chez les humains comme chez les animaux, ont un effet bénéfique. Des études portant sur des animaux de zoo ont démontré que le niveau de stress diminue dès que l’animal stéréotype.

Dans tous les cas ne l’oublions pas : un chien qui tourne sur lui-même, qui se lèche les pattes avant, mange ou boit compulsivement, fait des aller-retour devant son portail, etc… est un chien qui va mal.

Stress

Le stress est une réponse de l’organisme aux facteurs d’agression physiologiques
et psychologiques. Il est aussi une réponse de l’organisme à une sollicitation d’origine interne telle qu’une pulsion de prédation, une envie, une émotion fortes.
Le stress est nécessaire quand un individu doit réagir et s’adapter rapidement à une situation. Il prépare l’organisme à une réponse rapide et efficace à la sollicitation, interne ou externe.

Un stress intense ou chronique génère aussi nombre de problèmes physiques et comportementaux, c’est pourquoi nous devons reconnaître les signaux qui nous informent que notre chien est sous stress, ce qui nous permettra de réagir en fonction.

Le stress chez le chien peut être dû à de multiples facteurs. Un maître trop autoritaire, des relations conflictuelles au sein de la famille, des situations d’échec à répétition, des situations d’excitation incontrôlées ou trop longues…

Signes physiques observables

Halètement rapide ou profond

Le chien respire rapidement, gueule ouverte.

Manque d’attention

Votre chien ne répond pas à votre signal. Ce n’est pas de la désobéissance, il n’est simplement pas en état de vous entendre et de faire attention à ce que vous lui demandez.

Transpiration des pattes

De même que chez les humains, les chiens transpirent lorsqu’ils sont stressés.
Cela peut se déceler lorsque le chien laisse des traces humides sur le sol.

Hyperactivité

Un chien très stressé peut s’activer intensément. Il peut avoir l’air paniqué ou tout simplement très excité et vous pourriez interpréter ce comportement comme si votre chien faisait le fou ou était tout simplement en train de jouer.

Diarrhée et vomissement

Le stress a des effets immédiats sur l’organisme et le système digestif est souvent le premier à réagir. Il peut y avoir de nombreuses raisons pour lesquelles le chien vomit ou a la diarrhée, et celles-ci peuvent être liées à des problèmes médicaux, mais dans certains cas, ils sont le signe d’un stress intense du chien.

Se secouer

Les chiens stressés feront des tentatives de se débarrasser du stress en se secouant.

Automutilation & Léchage excessif

Cette conduite peut inclure le mordillement : de la queue, des pattes, des flancs.
Il peut y avoir de nombreuses raisons pour lesquelles un chien s’automutile, y compris une prédisposition génétique ou un problème médical (ex : allergie).

Un chien qui se lèche de façon excessive le fera la plupart du temps en une zone particulière. Les zones les plus fréquentes sont : les pattes, les flancs, les parties génitales.
Il peut se lécher au point de provoquer des lésions.

Soif excessive

Un chien qui boit plus que la normale peut souffrir d’un problème médical ou bien tenter de diminuer son stress. Il se peut qu’il s’agisse de frustration redirigée ou d’un comportement obsessionnel.

Comportements obsessionnels compulsifs

Un chien qui passe beaucoup de temps à reproduire un même comportement
peut souffrir de stress.

Réactivité

Si votre chien ne peut rester couché alors que vous vous levez du canapé
ou qu’il recherche perpétuellement de l’attention, il y a de fortes chances
pour qu’il soit stressé.

Lorsque vous demandez à un chien stressé de produire un comportement,
il se peut qu’il en produise d’autres, et cela, dans le cas où il aura pu maintenir
une attention suffisante sur vous pour vous avoir entendu.
C’est une des expressions de la confusion.

Effets physiques du stress

Le stress est affaire d’hormones. En réaction à une sollicitation, l’organisme sécrète des hormones qui lui permettent de répondre à cette sollicitation. Concentrons-nous sur les principales : l’adrénaline et le cortisol.

L’adrénaline

L’adrénaline prépare l’organisme à une réponse rapide : elle produit

  • une accélération du rythme cardiaque
  • une augmentation de la vitesse des contractions du cœur (rythme cardiaque ou pouls)
  • une hausse de la pression artérielle
  • une dilatation des bronches
  • une dilatation des pupilles

L’adrénaline a un effet immédiat et assez court.

Le cortisol

Le cortisol prépare l’organisme à réaliser une grande dépense d’énergie. Il concentre l’énergie sur les organes qui vont en avoir besoin. C’est un stéroide ! Ses effets sont :

  • une augmentation du taux de sucre dans le sang
  • un abaissement de l’activité du système immunitaire
  • une augmentation de la métabolisation des graisses, protéines et glucides
  • une diminution de la formation des os
  • un ralentissement de la cicatrisation des plaies

Conséquences

La sécrétion des hormones de stress répond à un besoin fonctionnel important, par exemple se sortir d’une situation dangereuse ou encore chasser une proie. Dans ces cas-là, les effets sur le corps sont immédiatement utilisés, et le chien peut courir plus vite, réagir plus vite, mordre plus fort, ignorer la douleur…

Lorsque la stimulation originelle ne permet pas une réponse comportementale adaptée, ces hormones de stress vont rester dans l’organisme, et leurs effets aussi.

Dès lors il s’agit de maîtriser les sollicitations au stress !
Chasser une balle, une fois, est un comportement de prédation tronqué qui induit un fort stress immédiat (pour réaliser les séquences de chasse et de saisie de la “proie”), donc une forte sécrétion d’hormones et un fort effet sur l’organisme, avec pour conséquence que le chien attrape la balle (la “proie”) avec succès et est en condition pour la manger. Une phase de repos qui suit permet aux hormones de stress de disparaître et l’organisme retrouve son état normal (homéostatique).
Chasser une balle, plusieurs fois de suite, est une répétition de ce stress intense, de plus sans intervalle de repos qui permettrait à l’organisme d’évacuer les hormones. De fait, comme l’organisme n’a pas le temps de les évacuer et que la sollicitation à les produire continue, les niveaux d’hormones de stress continue d’augmenter, augmenter… ainsi que leurs effets, désirables et indésirables.

Un individu soumis à de trop grandes quantités d’hormones de stress va rapidement tomber dans un état d’agitation, de confusion et d’angoisse. De plus, les effets indésirables de ces hormones vont être amplifiés !

Récapitulatif

Le stress est un élément indispensable à la vie ! Les hormones associées ont des effets souhaitables pour faire face aux situations quotidienne.

Un stress continu sur de longues périodes (quelques dizaines de minutes suffisent), s’il ne correspond pas à une gamme de comportements susceptibles d’utiliser les effets hormonaux, entraîne inévitablement des réactions physiologiques et des comportements inadaptés.


Brève lecture sur “le chien adrénalisé” :
https://belgiandogblog.wordpress.com/2018/03/18/adrenalise

Fugue

Pourquoi votre chien est-il fugueur ?

Tout d’abord, il est important de bien faire la différence entre un chien qui ne revient pas quand vous l’appelez en balade et un chien qui fugue intentionnellement. Lorsque l’on parle de chien fugueur, on est bien là en présence d’un problème de comportement et non d’un « simple » problème d’éducation comme le rappel au pied ou le suivi naturel de votre chien.
Un chien qui fugue est un chien qui va intentionnellement creuser un trou sous la clôture ou carrément sauter par-dessus, ouvrir les portes ou passer le portail pour aller vaquer à ses occupations.

Vos clôtures sont inexistantes, trop basses ou perméables

Le chien ne connaît pas la limite cadastrale de votre propriété, et ne connaît pas le concept de propriété domainiale. S’il peut aller explorer sur un grand terrain non borné physiquement par une clôture étanche, alors il ne s’en privera pas.
Renforcez vos clôtures ! Parfois il suffit de la rehausser si le chien saute par-dessus ou de l’enterrer s’il creuse pour s’enfuir.
Rappelez-vous qu’avoir un chien nécessite de lui offrir un environnement sécurisé et adapté.

Votre chien n’est pas suffisamment promené

Sachez que 9 fois sur 10, un chien qui fugue est un chien qui n’est pas suffisamment sorti, ou qui a une promenade qui ne comble pas ses besoins.
Si votre chien est sorti dans le jardin, cela ne comblera pas non plus ses besoins exploratoires.
N’oubliez pas, votre chien a besoin de sortir quotidiennement minimum 30 minutes par jour. C’est un besoin social qui lui permet de se dépenser, de sentir toutes les odeurs laissées par les copains et parfois même d’y répondre. Que vous ayez un immense jardin ou un appartement, votre chien en aura bien vite fait le tour et finira par s’ennuyer et donc décidera, seul, d’aller se promener pour répondre à son besoin de découverte. Dites-vous que votre chien préfèrera grandement découvrir le monde à vos côtés que seul. Alors profitez-en et faites-lui plaisir, pour son bien.
« Oui, d’accord j’entends bien mais quand je promène mon chien il est insupportable, il tire sur sa laisse et je n’en peux plus »

Travaillez la marche en laisse et l’auto-contrôle (le calme)

Voici comment éviter un problème et en créer un autre ! Travaillez avec votre chien la marche en laisse, ne lâchez rien et surtout ne baissez pas les bras. C’est un cercle vicieux dans lequel il ne faut pas rentrer : votre chien tire, donc vous le promenez moins, donc les rares fois où vous le reprenez en laisse il est trop excité, donc il tire de plus belle, donc vous ne le sortez plus du tout, donc il fugue.
Prenez du temps dans votre quotidien pour récompenser les comportements calmes et travailler la marche en laisse. Votre relation n’en sera que plus harmonieuse.

Votre chien est excité sexuellement

Si vous retrouvez systématiquement votre chien chez les voisins qui, oh malheur, ont une belle petite chienne en chaleurs, pensez à la castration, cela pourrait permettre de limiter son instinct sexuel.

Votre chien ne rencontre pas suffisamment de congénères

Si c’est chez un copain de même sexe qu’il se retrouve systématiquement : pensez à toujours proposer des rencontres régulières avec ses congénères, c’est un besoin très important pour votre chien et cela a pour autre bénéfice de lui permettre d’apprendre à ajuster ses comportements. Cela évite une éventuelle dé-socialisation future.

Votre chien s’ennuie

Soit votre chien n’a pas d’activités durant sa journée, pas ou peu d’interactions avec vous, reste une journée entière dans le jardin seul, et est en quête d’activités…
Soit votre chien a des interactions et des activités de qualité, mais n’a pas appris à s’ennuyer sans être frustré, et alors il faudra l’accompagner dans cet apprentissage « ne rien faire ».
Un chien peut ne rien faire, ou dormir, 80% de son temps dans une journée, sans que cela soit dommageable pour son bien-être.

Votre chien fugue par faim ou par envie de « nourriture » appétente

Si votre chien fugue pour aller fouiller dans les poubelles ou finir les gamelles des copains voisins, en bref, s’il décide d’aller se servir tout seul chez les autres : n’hésitez pas à fractionner sa ration quotidienne en plusieurs repas, à varier son alimentation, et si possible à des horaires complètement variables.
Vous pouvez lui fournir des activités alimentaires et masticatoires : kong fourré et congelé, os de boucher, stick de boeuf, friandises cachées….

Le cas des chiens de chasse ou des chiens avec un très fort instinct prédateur : besoin d’exploration

Si vous avez un chien de chasse ou un chien avec un très fort instinct prédateur, il y a plusieurs petites techniques qui pourront vous aider à limiter cet instinct, mais l’oubliez pas qu’il sera impossible de l’éliminer complètement. « Chassez le naturel, il revient au galop » dit-on n’est-ce pas ?
Tout d’abord, proscrivez tous les jeux de lancés (balles, bâtons, frisbee) car cela renforce l’instinct de poursuite de votre chien. Il est davantage conseillé de travailler avec votre chien le pistage, ou toute autre activité de flair (recherche d’objets, de friandises, mantrailing…), afin de l’habituer à utiliser cet instinct mais de manière contrôlée. Attention, il faut le faire régulièrement, être assidu et cohérent.
Faites-lui aimer votre jardin. Renforcez le plaisir d’être dans le jardin. Ne le laissez pas systématiquement dehors quand il a fait une bêtise ou que vous partez travailler. Jouez avec lui régulièrement, cachez des friandises, des jouets, des os à mâcher, etc. dans votre jardin lorsque vous partez. Imaginez bien que s’il ne se sent pas bien dans cet espace, il voudra en partir à tout prix.

En clair

En clair, vous l’aurez compris, dans la majorité des cas : les chiens fuguent par manque d’activité, ou par frustration.
Donc n’hésitez plus, lâchez-vous sur les balades, les séances de jeux et les temps de complicité avec votre toutou !

Votre attitude face à la fugue

Très important : ne grondez pas votre chien lorsqu’il revient de son petit tour en solitaire ! Sachez qu’il avait, et qu’il aura toujours, le choix entre rester tout seul tranquille à sentir toutes ces odeurs, à faire toutes ces activités qu’il s’est trouvé, ou revenir chez lui… S’il sait qu’il se fera punir en arrivant, pourquoi se presserait-il de revenir – ou pire, pourquoi revenir tout court ?
Malgré le fait qu’il soit parti plusieurs heures ou plusieurs jours, malgré le fait que vous soyez agacé de ses multiples fugues et malgré le fait qu’il vous fasse une énorme frayeur à chaque fois : lorsqu’il revient c’est la super fête, la plus belle qu’il ait jamais connue ! N’oubliez jamais que les chiens vivent dans l’instant présent, si vous, vous pensez le gronder d’être parti, lui, de son point de vue de chien, il comprendra que son humain le gronde d’être rentré : mauvaise stratégie !

Clefs de l’éducation du chien

Compétences fondamentales du chien de famille

Les comportements insistants sont normaux : le chiot est né avec la compétence “persévérer” (indispensable pour survivre seul), mais il doit apprendre les compétences “autocontrôle” et “gestion de la frustration” !

Ces compétences seront les 2 piliers FONDAMENTAUX qu’il va devoir acquérir pour évoluer en harmonie dans une cellule familiale. Lorsque ces compétences sont acquises, la suite des apprentissages devient plus facile. Tant qu’elles ne sont pas maîtrisées, tout autre apprentissage devient difficile dès lors qu’il implique de mettre en jeu ces compétences.
Par exemple, le rappel : pour revenir vers vous lorsque vous l’appelez, votre chien doit :

  1. se contrôler suffisamment pour être capable d’entendre et écouter votre appel
  2. gérer sa frustration pour être capable d’abandonner ce qu’il est en train de faire et revenir vers vous

Les bases de l’apprentissage

Un chien qui a peur ou est excité, qui a une émotion assez vive, n’est pas en mesure d’apprendre. Il s’agit d’abord de calmer l’émotion.

Pour que le chien apprenne à reproduire un comportement, et/ou à ne pas en reproduire un autre, il est nécessaire que le comportement amène soit une récompense soit une punition. Le chien apprend en permanence, même quand vous n’y faites pas attention.

Pour intervenir correctement dans l’éducation de votre chien, il est nécessaire d’utiliser :
La PUNITION :
c’est ne pas donner au chien ce qu’il veut, ou le lui enlever (cela peut être votre compagnie, un jeu, une balade, un câlin, l’accès à une pièce…..)
La RÉCOMPENSE :
doit toujours équilibrer la punition. Il s’agit de donner au chien ce qu’il veut, ce qui lui fait plaisir. De cette façon, il va reproduire le comportement qui donne accès à ce qu’il souhaite obtenir.
PIÈGE :
la récompense est quelque chose qui fait plaisir au chien, pas nécessairement à vous, et ce qui vous fait plaisir ne lui fait pas nécessairement plaisir à lui!
Si vous pensez qu’une caresse est une récompense et que le chien déteste se faire toucher, alors quand vous le caressez vous êtes en train de le “punir” et alors il apprendra à ne pas reproduire le comportement que vous, vous souhaitez que votre chien mette en place.
Si un comportement que vous pensez punir se reproduit, il est fort probable que, du point de vue de votre chien, vous le récompensiez. Changez de stratégie !

TIMING :

Votre chien apprend, en étant récompensé ou puni, que ce soit par vous ou pas, dans un maximum de 2 secondes après son comportement !

SCÉNARISEZ :

Ne pas hésiter à mettre en scène des situations dans lesquelles le chien va apprendre un comportement en RÉUSSISSANT ! C’est en réussissant que le chien apprend !
PENSEZ RÉUSSITE, ET NON PAS PERFORMANCE !

Pour aller plus loin, lisez ceci : Comment punir son chien ?

Compétences à acquérir

Un chien de famille doit acquérir quelques compétences, de façon autonome :

  • savoir contrôler ses comportements et être calme (autocontrôle) : le chien obtient ce qu’il veut seulement quand il a un comportement calme
  • savoir gérer sa frustration : le chien n’obtient pas ce qu’il veut, mais, surtout en période d’apprentissage, obtient autre chose.
    En bref : “être frustré, c’est pas cool, mais à la fin, c’est ok!”.
  • savoir gérer la séparation : en action éducative, proposer des absences très courtes, quelques secondes au début, en changeant de pièce dans la maison, et en fermant la porte derrière vous. Introduire un rituel verbal ou gestuel, très simple et sans émotion particulière : un signe de la main, une parole…
    Il est intéressant de mettre en place un rituel en deux temps : quand vous dites “je reviens”, c’est toujours suivi, plus tard, de “je suis là”.
  • savoir rester seul/s’ennuyer : ne répondez pas à toutes les demandes d’attention du chien quand vous êtes avec lui. Il ne s’agit pas d’être “dur” avec lui : s’il a besoin d’aide ne lui refusez pas. Il s’agit de lui permettre de savoir s’occuper sans vous, de façon à ce que vos absences ne soient pas catastrophiques pour lui.
    Lorsque vous ne répondez pas à ses sollicitations, laissez à disposition des occupations à réaliser seul sans danger, d’abondantes occupations ! Mieux vaut trop que pas assez ! (Laissez à disposition 40 peluches plutôt que 2 !)

Ces compétences s’acquièrent en proposant au chien de réfléchir et de s’ajuster. Il n’est pas question ici d’obéissance. L’obéissance (assis, couché, marche au pied, etc…) est une suite de techniques, apprentissage par conditionnement, qui n’a rien à voir avec la base de l’éducation d’un chien de famille.

Apprentissages spécifiques au chiot

Nous avons évoqué les apprentissages sociaux à privilégier tout de suite : avant 16 semaines, le chiot est curieux et a envie d’explorer le monde !
Proposer des rencontres avec des chiens différents, des personnes différentes, des espèces différentes (chat, poule, mouton, vache,…) en laissant le chien observer et s’ajuster au maximum…
Toujours privilégier la qualité en rencontres (il faut que ce soit une expérience positive pour le chiot, même très brève) à la quantité de rencontres.
Proposer la familiarisation avec des environnement différents, des bruits différents, …
Introduire les manipulations douces et sur les différents endroits du corps du chien
Mettre en place la familiarisation avec le cabinet vétérinaire, le vétérinaire, les assistants : vous pouvez organiser des visites sans consultation, “pour le plaisir”, où le chiot obtiendra sur place toutes sortes de choses agréables (friandises, caresses s’il aime ça…) !

Tout cela sans jamais forcer le chien. Si le chiot a peur, alors on doit l’aider à prendre de la distance pour le mettre dans une situation plus confortable. Toujours respecter le rythme du chiot, vouloir aller trop vite serait dommageable : aller lentement permet de progresser plus vite.

Attention, pièges !

“Non!”

Les “non, non, non” n’ont pas de signification pour le chien. Parfois vos “non!” sont en fait une récompense car vous donnez à votre chien votre attention en lui parlant et c’est ce qu’il cherche.
“Non” n’est pas une action. Vos “non!” n’apprennent pas au chien comment se comporter. Au mieux, votre “non” sert d’interrupteur (ou bien votre chien croit qu’il s’appelle “Non”),  mais comme il est très facile de dire “non” pour nous humains sans y mettre de sens, remplacer le “non” par une demande en montrant au chien ce qu’on attend de lui (sans force, ni émotion), par exemple “Descend” au lieu de “non, ne monte pas”. Laisser le choix de l’exécution précise à votre chien lui permettra d’apprendre plus efficacement : “sois calme” est plus efficace que “couché”.

N’oubliez pas que le cerveau du chien, comme le nôtre, ne sait pas penser en négatif : “Ne pense pas à une girafe rose” provoque immanquablement l’apparition d’une girafe dans votre esprit…

Cage

Enfermer votre chiot en cage ne lui apprend rien, si ce n’est de s’inhiber entièrement en prenant son mal en patience. Un chien dans une cage qui ne dit rien n’est pas forcément un chien qui vit l’instant de façon confortable, c’est peut-être un chien en grand mal-être mais on lui a “appris” à ne pas le dire.
Si vous pensez devoir couper l’accès de certains lieux à votre chiot en votre absence, pourquoi pas aujourd’hui proposer une pièce fermée avec de très nombreuses occupations pour que votre chiot passe ces moments (par exemple ses nuits) plus confortablement et donc sans destructions ou vocalisations? N’oubliez pas de laisser de quoi boire à disposition et liberté de ses mouvement, donc la liberté de choix de ses occupations (y compris “ne rien faire”!)

Lancer pour jouer

Le lancer de balles ou autres jouets excite le chien et “allume” son instinct de prédation. Il faut plusieurs jours au chien pour retrouver un calme physiologique, les hormones de stress s’évacuant lentement. Les lancers contribuent à l’excitabilité, la réactivité, l’anxiété du chien.
Lire :

Grognement et autres menaces

NE JAMAIS PUNIR un grognement! Le grognement n’est que la communication d’un inconfort “en langage chien”.
Apprenez les “signaux d’apaisement” que votre chien envoie pour communiquer dans son langage (Livre : https://www.amazon.fr/signaux-dapaisement-bases-communication-canine/dp/2952809534 )
L’agression de distancement : lorsque un individu (humain, chien, autre…) s’approche “trop” de votre chien, votre chien va montrer progressivement des signaux de plus en plus “clairs” afin que l’intrus s’éloigne, et ce tant que l’intrus ne comprend pas le message ! Très schématiquement, tant que l’intrus persiste, votre chien va regarder de côté, puis se figer, puis lever une babine pour découvrir un croc, puis grogner, puis gronder, puis “lancer les dents” dans le vide, puis pincer, puis saisir, puis mordre… l’escalade s’arrête dès que l’intrus s’éloigne. Il est important de ne jamais punir une de ces étapes de communication, car tout ce qu’on obtient c’est le passage direct à l’étape suivante ! Ainsi un chien puni parce qu’il gronde va comprendre qu’il doit directement passer à l’étape “lancer les dents” sans gronder. C’est comme cela qu’on fabrique des chiens dangereux alors qu’ils étaient seulement de bon communiquants en situation désagréable…

Franchise et mensonges habituels

Ne jamais entourlouper ou mentir à votre chien : vous perdrez une bonne partie de sa confiance, et le chien hésitera à répondre à vos demandes (au rappel par exemple).
Exprimer au chien ce que vous attendez de lui : “tu rentres”, “je t’attache”,…

Exemple important : un rappel qui ne serait pas seulement un rappel mais une façon de contraindre votre chien (par l’enfermement , l’attache, …), n’aura plus aucune valeur car le chien ne reviendra plus! Un rappel ne doit être qu’un rappel, et montrez combien vous êtes contents du cadeau que vous fait votre chien. Ensuite expliquez à votre chien ce qui se passe…
Autre exemple : si vous voulez que votre chien soit calme et vous laisse tranquille, ne lui dites pas “au panier” (ce qui va le bloquer à un endroit donné qu’il n’apprécie pas forcément sur le coup et a pour effet de le calmer encore moins…), mais dites-lui “sois calme” ou “laisse-moi tranquille” !

Prérequis à l’apprentissage : les besoins

Pour qu’un chien apprenne, ses BESOINS doivent être comblés :

  • besoins exploratoires : se servir de sa truffe dans différents environnements
  • besoins masticatoires : mordiller et mordre des objets ou des os est un besoin toute la vie durant du chien
  • besoins sociaux : faites lui rencontrer des chiens et humains avec lesquels votre chien veut interagir. Et donnez lui le choix de ne pas aimer le contact avec CE chien ou CET humain. Votre chien n’est pas censé aimer tout le monde !
  • avoir le choix : choix des rencontres, des terrains à explorer, des activités, des jouets, des os, de la nourriture, … Ne choisissez pas tout pour votre chien, écoutez-le, et écoutez ses choix ! Vous pouvez bien entendu parfois “négocier” un choix, ce qui nécessite déjà que vous connaissiez le vôtre et le sien… (par exemple, “on rentre ou on continue la promenade ?”)

Période d’apprentissage

Préconisations pour la période d’apprentissage (donc à ne pas faire toute votre vie!) :
Travailler la confiance à l’approche de votre main et de vous :

  • ne jamais enlever de force ce qu’un chiot a en gueule, toujours échanger contre un jeu ou de la nourriture.
    Sinon le chiot va apprendre à protéger ce qu’il a en gueule, à vous fuir ou à ne pas revenir vers vous, et surtout va apprendre à avaler vite ce qu’il a en gueule pour qu’il ne le perde pas.
  • quand votre main s’approche, par exemple quand le chien mange dans sa gamelle ou ronge un os : donnez un truc sympa (jambon, caresse, jeu,….). La main qui s’approche doit TOUJOURS être une bonne nouvelle!

Idée reçue :

” J’ai de jeunes enfants et je ne veux pas que mon chien soit possessif avec sa gamelle ! Je vais donc mettre les mains dans sa gamelle quand il mange et lui retirer sa gamelle pour lui apprendre.”

Erreur ! Avec cette attitude, vous allez apprendre à votre chien que chaque fois qu’un humain s’approche de sa gamelle, il doit être vigilant car on va lui retirer ou la toucher. Loin de lui apprendre à tolérer, vous allez lui apprendre à déclencher de l’agression et de la possessivité à la ressource alimentaire.
Votre chien devrait pouvoir manger tranquillement! Toutefois, vous pouvez lui apprendre à ne pas craindre l’approche de l’humain en rajoutant, pendant qu’il mange, des super récompenses, gras de jambon, morceaux de fromages ou croquettes en plus.Pour sa gamelle, la règle est que toute main qui s’approche doit arriver pleine et repartir vide. Cet apprentissage, réalisé dès le plus jeune âge, fait que vous aurez un chien qui ne craindra jamais votre présence car il saura que quand vous êtes là, vous ne lui retirez jamais rien, au contraire si vous approchez de la gamelle, c’est juste pour y ajouter quelque chose de bien agréable. Quand cet apprentissage est consolidé, vous ne serez plus obligé de rajouter dans la gamelle pour l’approcher…mais vous pourrez toujours le faire si cela vous fait plaisir, cela renforce le lien entre vous et votre chien !

Autres apprentissages

Propreté

Les chiots ont un contrôle limité de leur vessie et de leurs intestins. Un très jeune chiot ne pourra se retenir plus de quelques dizaines de minutes. Ce n’est qu’à partir de l’âge de 4 ou 5 mois qu’il aura plus de contrôle sur les muscles de son sphincter. On compte en général que votre chiot peut se retenir pendant autant d’heures qu’il a de mois : 2 mois => 2 heures, 3 mois => 3 heures …
De manière générale, la propreté du chiot est chose acquise vers l’âge de 6 mois. Ceci étant, ne vous inquiétez pas si votre chien met un peu plus de temps et n’est pas propre avant l’âge de 7 ou 8 mois. La rapidité d’apprentissage dépend des individus.
Il est inutile de punir votre chien parce qu’il a fait ses besoins chez vous. Cela peut même être complètement contre-productif. En effet, votre chien ne comprendra pas que vous êtes énervé à cause de quelque chose qui s’est produit dans le passé – même si c’était il y a seulement une ou deux minutes… En revanche il va comprendre qu’il doit avoir peur quand vous arrivez, et en faire un pipi d’émotion !

Inhibition à la morsure

La mâchoire est le seul moyen de préhension du chien. Elle remplace nos mains.
Contraindre un chiot à ne pas mordiller ne lui permettra pas de pouvoir de lui-même modifier l’intensité de ce comportement et d’acquérir naturellement une phase d’arrêt.
Si le chiot n’a pas été retiré trop tôt à sa mère et à sa fratrie, il aura normalement appris le contrôle et l’inhibition de la morsure… mais avec les chiens ! Le chiot ne peut pas deviner tout seul que la peau humaine est bien plus sensible que la peau d’un chien. De plus, de par son jeune âge, il peut toujours se laisser facilement déborder par son excitation et avoir du mal à abandonner son mordillement.
Si à un moment ou un autre le chiot se met à mordiller une main qui “traîne”, il va falloir en profiter. Dès qu’il commence et sans retirer la main, pousser un “aïe” bien sonore et aigu ; inutile de hurler pour autant. Normalement, le chiot doit s’arrêter. Il se peut même dans certains cas que le chiot se mette à lécher la main qu’il avait commencé à mordiller. S’il s’arrête de lui-même alors l’interaction peut reprendre son cours.
Il peut donc arriver, ne serait-ce que pour capter l’attention, que le chiot se mette encore à mordiller.
Malgré cela, surtout ne jamais s’énerver. Ce serait complètement contre-productif.
Il suffit alors de cesser immédiatement toute interaction avec le chiot, de se détourner de lui et de l’ignorer complètement. Pas un regard, pas un mot, pas un geste dans sa direction, rien. Le chiot doit comprendre de lui-même qu’en mordillant, il n’obtient rien. Pire, vous vous éloignez de lui : il vous perd ! Il devrait rapidement changer de stratégie.
Entre-temps, il aura appris à auto-réguler son comportement.
Il faut vraiment d’abord laisser mordiller le chiot. Il sera impossible de lui apprendre à contrôler sa morsure autrement.
Toute méthode qui ne ferait qu’éviter le mordillement (sans le contrôle de la pression de la mâchoire) chez un chiot est de ce fait incomplète et dangereuse.
Malheureusement, certains professionnels, peu ou pas formés, semblent encore convaincus que le mordillement est une tentative du chiot pour “dominer” son propriétaire. C’est entièrement faux et même absurde ! Pour en savoir plus : la dominance .
D’autres professionnels ont tendance à suggérer au propriétaire de faire cesser les mordillement du chiot le plus vite possible. Coincer la mâchoire du chiot, l’obliger à se coucher sur le dos en le maintenant, lui mettre une tape sur le museau, lui dire un non ferme…
Aucune de ces méthodes ne va permettre au chiot d’expérimenter pour apprendre à contrôler sa morsure.

Autres apprentissages

  • marche en laisse sans tirer (harnais+laisse 3 mètres)
  • balade en longe
  • Rappel
  • Confiance en la voiture
  • etc….

Tous les apprentissages seront proposés dans le but d’autonomiser au maximum le chien, de le faire réfléchir, afin qu’il puisse durant tout sa vie s’ajuster aux différents environnements.
La relation de confiance que vous nouerez ensemble est à la base de tous ces apprentissages.
Tout conflit, peur ou souffrance que vous générerez avec votre chien entacheront cette confiance, et rendront plus compliqués les apprentissages.

Pour aller plus loin

LE livre à avoir lu au moins une fois : « Comment éduquer son chien dans le sens du poil » par Nicolas Cornier.
http://www.lechienassis.net/livre.php

L’AUTRE livre à lire absolument :« Accueillir un chien ». Par Sandrine Otsmane. https://www.amazon.fr/Accueillir-chien-Sandrine-Otsmane/dp/2035898498/

Le rappel

Vous venez de pratiquer une séance sur le rappel de votre chien. Voici quelques éléments-clés à garder en tête et à mettre en pratique !

Fondamentaux

Si vous n’avez qu’une chose à retenir :

Le rappel est toujours une rencontre !
Lorsque votre chien décide d’abandonner ce qu’il est en train de faire, probablement très intéressant (une odeur, une herbe, un papillon, une crotte, une friandise, un copain…), pour venir jusqu’à vous, réjouissez-vous à chaque fois de ce merveilleux cadeau, et montrez-lui votre joie pour la partager avec lui !

Même si cela fait 20 min que vous l’attendez, quand il revient, soyez contents. Si vous le grondez quand il arrive “enfin” , tout ce que vous lui apprenez, c’est qu’en revenant il va se faire gronder ; logiquement, la prochaine fois, il reviendra encore plus lentement puisqu’il anticipe l’expérience désagréable que vous lui faites vivre à son retour. S’il revient quand même dans ces conditions, réjouissez-vous encore plus de l’attachement qu’il montre pour vous !

Le rappel nécessite que votre chien ait acquis des compétences fort importantes mais absolument pas évidente pour un chien (a fortiori un chiot!). Pour revenir jusqu’à vous, votre chien doit :

  • avoir suffisamment d’auto-contrôle et d’attention pour vous entendre ou pour vous voir, alors qu’il peut être absorbé dans une activité extrêmement intéressante
  • savoir gérer sa frustration car il doit abandonner cette activité sur le champ !
  • avoir suffisamment d’auto-contrôle pour revenir jusqu’à vous sans se laisser distraire sur le chemin (un papillon qui vole, une odeur, un autre chien, un autre humain…)

Pour plus de compréhension sur ces compétences à acquérir, lire :

Philosophie et sécurité

Le rappel fiable à 100% n’existe pas. Vous ne serez jamais compétitifs avec un écureuil qui déboule sous la truffe de votre chien. Si vous voulez une assurance à 100% que votre chien ne s’éloigne pas, prenez une longe. Ce n’est pas grave, vous ne privez pas votre chien d’une liberté absolue dont il aurait “besoin” ; c’est un chien, pas un loup ni un renard. Son espèce a décidé de vivre avec les humains et leurs contraintes. C’est souvent nous, humains, qui projetons notre envie de liberté, d’absence de contraintes, sur notre chien.

Un chien en longe est un chien libre, à l’intérieur d’un périmètre de sécurité. Si vous déménagez en Mongolie centrale, et que vous acceptez que votre chien revienne au bout de quelques heures ou quelques jours, alors laissez-le libre, il ne risquera pas grand’chose. Mais nous ne pouvons pas vous encourager à laisser votre chien libre de toute contrainte dans un environnement plus urbain où les dangers abondent pour un animal dont l’espèce n’a pas eu le temps de s’adapter : les voitures, les poisons, les chasseurs, les voleurs…

Note : le collier électrique n'est pas un instrument de rappel garanti. Si votre chien part en prédation, son organisme le prépare à ignorer la douleur causée par l'environnement de chasse ou l'animal chassé (ronces, coups de sabots…). 
Il n'est pas rare de voir des chiens dont le cou est entièrement brûlé par les impulsions de courant électrique qui reviennent d'une partie de chasse. Autant leur éviter cette souffrance totalement inutile.

Technique

Le rappel est un comportement de collaboration qui évolue dans le temps.

Soit votre chien revient de mieux en mieux (de plus loin, en présence de distractions plus fortes, toujours dans vos pieds…) , alors continuez comme ça ! Soit votre chien revient de moins en moins bien et vous devez vous interroger sur ce que vous devez changer.

Le rappel, c’est votre chien qui revient jusqu’à vous, tout près de vous, usuellement à l’arrêt. Ne confondez pas avec les très nombreux “viens” que vous utilisez probablement pour indiquer à votre chien d’aller dans la même direction que vous, mais pas nécessairement tout contre vous : utiliser la même commande/signal pour les deux cas ne ferait qu’affaiblir l’efficacité du rappel.

Voici quelques points techniques pour que votre rappel fonctionne de mieux en mieux :

  • un rappel est SEULEMENT un rappel.
    Si vous voulez qu’il vous suive, dites-lui de vous suivre. Si vous voulez qu’il arrête ce qu’il fait, dites-lui d’arrêter. Si vous voulez qu’il laisse quelque chose, dites-lui de laisser.  Mais ne le rappelez pas à la place !
    Dans tous les cas, ne mentez pas sur un rappel (même inconsciemment) car votre chien va associer le rappel à une demande désagréable.
  • si vous voulez que votre chien ne fasse pas quelque chose, ou arrête ce qu’il est en train de faire, dites-lui d’abord (“laisse, arrête, laisse tomber…”) puis rappelez-le.
  • en conséquence, quand vous voulez faire suivre votre rappel d’autre chose, dites-le et séparez bien les deux.
    La séquence à suivre est :
    rappel
    -> le chien revient dans les pieds
    -> on fait la fête ( avec ce que votre chien trouve plaisant à ce moment-là)
    -> vous lui dites ce qui va se passer à présent [ dites à voix haute “et maintenant…” ]
    -> va jouer, reste près de moi, je te rattache, on va vers la voiture, on rentre…

Pièges

La répétition

Ne répétez pas votre commande/demande/signal. Vous disposez d’1 joker : si votre chien n’a pas entendu la première fois, donnez-lui une chance d’entendre. S’il a entendu et ne revient pas…ne répétez pas !

Votre chien apprend ce qu’il fait, ce qu’il est en train de faire. Si vous répétez “cacahuète” 9 fois quand il est loin de vous, et qu’à la 10ème fois il revient dans vos pieds, pensez-vous qu’ “il a enfin compris” ? Faux ! Il a appris que “cacahuète” signifie “reste loin de moi” puisque vous lui avez répété ce mot quand il faisait cela 90% du temps. (on peut légitimement s’interroger sur la fois où il est revenu: a-t-il décidé d’ignorer votre demande de rester loin de lui ? )

Mais s’il ne revient toujours pas ? Remettons les choses en perpective : vous êtes en phase d’apprentissage ! Le rappel n’est pas encore compris par votre chien comme un comportement qu’il “doit” réaliser ! Vous ne pouvez donc pas compter sur le rappel comme s’il était déjà appris !

Quelles solutions vous reste-t-il ? Rapprochez-vous de votre chien avant de réessayer. Ou rapprochez-vous jusqu’à lui sans réessayer si les conditions ne s’y prêtent pas (laissez vous le temps de réessayer dans de meilleures conditions), par exemple s’il est en train de jouer avec un copain. Utilisez votre communication non-verbale pour entraîner votre chien dans la bonne direction afin de, peut-être, le mettre dans une situation ou le rappel sera réussi. Ou… vous avez bien votre chien en longe ?

Augmentez la difficulté graduellement & les 3D

Votre rappel s’améliore seulement quand il est réussi. 

Commencez dans un couloir, portes fermées, votre chien à 2m de vous : vous êtes le seul truc intéressant dans son environnement, il va forcément réussir à revenir dans vos pieds à un moment ! Félicitez-le !

Utilisez tous les rappels réussis “gratuits” que votre chien vous offre ! Il revient vers vous alors que vous ne l’avez pas appelé, vous voyez qu’il a l’intention de revenir dans vos pieds ? Alors appelez-le à ce moment-là, et félicitez-le !

Les 3D : Distance, Distractions, Durée

N’augmentez la difficulté que d’un “D” à la fois.

Par exemple, si vous êtes dans un couloir vide ( Distractions = 0 ) , vous pouvez vous mettre à 10m de votre chien et le rappeler. Mais si vous êtes dans un pré avec des papillons et des potes ( Distractions = 10 ), mettez-vous à 1m de votre chien, pas plus !

Gardez en tête qu’un rappel réussi compte toujours, même s’il vous paraît “facile” : il y a des situations dans lesquelles vous devrez rappeler votre chien quand il s’est éloigné de vous de 50cm pendant 1 seconde.

Ne cherchez pas la “performance”, cela vous met, vous et votre chien, en situation d’échec. Et quand le rappel est un échec, son efficacité diminue la prochaine fois que vous l’utiliserez.

Le moment viendra où vous pourrez rappeler votre chien à 100m à travers un troupeau de moutons et des humains qui jouent au frisbee alors qu’il est loin de vous depuis 30min ! Mais ce moment n’arrivera que si vous progressez de réussites en réussites 🙂

Note : la "performance" du rappel dépend de la situation bien sûr, mais aussi de votre chien et de vous !
Si votre comportement est inquiétant, stressant, apeurant, peut-être que votre chien reviendra moins bien. 
Si votre chien est dans une émotion forte, peut-être reviendra-t-il plus difficilement. 
Enfin, sa race et son âge jouent un rôle non négligeable ! N'attendez pas la performance d'un Border Collie adulte avec un Akita Inu de 8 mois !

Coercition

COERCITION : action de contraindre quelqu’un à faire, ou à s’abstenir de faire, quelque chose, par la force physique ou psychologique

Cette définition n’est donc pas propre à l’usage de la peur ou la souffrance comme contrainte, mais la coercition c’est aussi le fait de contraindre autrui par une manipulation mentale (par l’addiction, ou l’accès à l’eau ou la nourriture).

Chaque propriétaire de chien met le curseur là où il le souhaite sur l’échelle de la coercition…en fonction de ses valeurs, son éthique, ses sensibilités, et ses croyances. Tout ceci étant susceptible de varier à mesure des rencontres, des découvertes, du savoir et de la maturité !

La coercition implique que l’individu n’a pas le choix : il doit faire, ou ne pas faire, ce que autrui a décidé. Cet acte peut avoir – par hasard – du sens pour celui qui est contraint, mais souvent celui-ci aurait agi différemment dans la situation s’il avait été libre de choisir.

Le coercitif : c’est contraindre l’autre par un moyen.
Pour nous un harnais qui a une sangle devant les épaules et une attache sur le poitrail est coercitif. C’est une contrainte physique, qui n’apprend rien au chien, si ce n’est que ce qu’il porte est un peu ou très désagréable, et l’oblige à compenser par des mouvements articulaires ou musculaires pour être moins gêné.

Il y a des tas de façon d’apprendre à son chien à bien se comporter sans coercition : grâce à la collaboration, l’explication, l’accompagnement éducatif, la complicité, la négociation,…en s’appuyant sur l’intelligence du chien, qui est tellement plus qu’une machine à obéir et à contenter l’humain.

Oui bien sûr il y a de la coercition dans la vie du chien, au quotidien :

  • dans la marche en laisse, le chien ne peut pas aller où il veut…
  • dans la maison : le chien ne peut pas sortir quand il veut
  • pour manger ou faire ses besoins : le chien ne choisit pas quand ni quoi manger
  • quand on lui crie dessus pour l’apeurer et l’empêcher de faire quelque chose qui ne nous plaît pas
  • etc…

Donc, n’en rajoutons pas. Nous demandons au chien de s’adapter à notre monde humain constamment, que de contraintes déjà!

Serions-nous, nous humains, capables de nous adapter dans un univers fait par et pour le chien? Serions nous capables de supporter autant de contraintes que nos chiens?

Marche en laisse & communication non-verbale

Communication non-verbale

Que nous le voulions ou pas, nous communiquons en permanence avec notre chien, car il/elle nous observe en permanence ! Alors autant prendre conscience de ce que nous lui disons !

Votre chien est attentif à tout moment :

  • à la direction indiquée par vos pieds : c’est “la direction intéressante”
  • à l’énergie que vous insufflez dans votre déplacement

Vos déplacements doivent avoir une direction franche, les deux pieds parallèles dans la direction “intéressante”. Vos pieds disent à votre chien “c’est par-là que ça se passe” !

Votre chien réagit en miroir à vos attitudes : si vous restez connectés par le regard, même indirect, par la position du haut du corps qui doit “ouvrir un couloir” pour inviter votre chien à s’engager dans la direction de vos pieds, alors votre chien “suit” la direction indiquée.

ATTENTION : ce n’est pas une marche au pied, ni un suivi, c’est une marche ensemble, qui laisse à votre chien le loisir de choisir ses déplacements en fonction des vôtres.
Un chien de berger aura tendance à décrire des cercles autour de vous orientés dans la ” direction intéressante “. Un chien de chasse aura tendance à décrire des aller-retour devant puis derrière vous, orientés dans la “direction intéressante”. Tous les chiens auront naturellement la capacité de s’éloigner temporairement de vous, de revenir plus près, bref : de choisir leur trajectoire.

L’énergie que vous mettez dans votre déplacement se retrouve dans l’attitude de votre chien, qui la traduit selon son caractère et son envie du moment ! Par exemple, plus d’énergie implique plus de vitesse et donc des trajectoires plus éloignées de vous. Ou encore, moins d’énergie implique moins de connexion, et votre chien flâne tranquillement autour de vous.

Utilisez cette énergie en la faisant varier pour “raccrocher” votre chien : cela vous évite de le rappeler. Triple intérêt : d’abord c’est moins fatiguant pour vous, il suffit de varier votre déplacement et vous pourrez bientôt le faire en même temps qu’autre chose (même si nous préférons vous rappeler que votre chien vous donne de son attention et qu’il mérite bien quelques miettes de la vôtre…) . Ensuite, cela évite de lui donner le signal de rappel alors qu’en fait, vous ne voulez pas qu’il termine dans vos pieds mais seulement qu’il vienne dans votre direction. Enfin, cela évite de polluer votre signal de rappel en multipliant les échecs : plutôt que de lui signaler de revenir et qu’il ne revienne pas, “raccrochez-le” avec votre déplacement !

A garder en mémoire :

  • Faites des virages en angles plutôt que des courbes, les courbes sont très difficiles à lire pour un chien !
  • Ne pas se déplacer met une pression énorme sur le chien : c’est normal qu’il vous le signale, en s’éloignant, en mordant sa laisse, en vous sautant dessus, en gémissant… n’hésitez pas à bouger même légèrement pour alléger la situation
  • Pour éviter quelque chose (un obstacle, un chien, un humain…) TOURNEZ vos pieds dans une autre direction !

Tous ces éléments de communication sont toujours présents entre vous, même en présence d’une laisse…

Marche en laisse

La marche en laisse est l’expression de la relation qui existe entre vous et votre chien. C’est un dialogue !

Voici quelques éléments clés à garder en tête et à pratiquer :

La marche en laisse doit être un moment de partage entre le chien et vous. Ne tirez pas sur votre chien, et il apprendra à ne pas tirer de son côté !
Pour cela :

  • tenir fermement (pour l’instant) la poignée de la laisse
  • porter de l’autre main la laisse afin que la laisse ne traîne pas au sol
  • conserver corps, jambes et pieds solides
  • toujours bras détendus, jamais pliés, jamais en force
  • quand votre chien tire en laisse : marcher plus lentement, mais ne jamais s’arrêter.
  • ne pas suivre le chien quand il tire : s’il gagne même 20cm, il recommencera puisque “ça marche”

NE JAMAIS TIRER AVEC LE BRAS sur la laisse, c’est extrêmement désagréable pour le chien. De plus, tirer sur la laisse apprend au chien à tirer en laisse (réflexe d’opposition), et la conséquence est une marche en laisse conflictuelle (chacun tire de son côté) et stressante pour tout le monde…

Si la laisse se tend, c’est votre chien qui la tend. Cela le responsabilise : si la laisse tendue est désagréable (et elle l’est!), c’est aussi lui qui la détend. Votre chien agira si vous lui laissez le soin de le faire ; si vous tirez, il apprend que la tension sur la laisse vient de vous et pas de lui : il arrêtera d’y réfléchir !
Peut-être qu’au début de l’apprentissage, il faudra un peu de temps à votre chien pour comprendre qu’il est invité à détendre la laisse et à vous suivre en explorant le périmètre autour de lui.

Si le chien se braque, s’arrête, met son corps en opposition, c’est qu’il est mal à l’aise, il a été tiré, ou bien il anticipe un tirage en laisse. A ce moment là, détendez la laisse et rassurez votre chien.
Pour lui indiquer avec la laisse ce vers quoi il ne peut pas aller, mettre la laisse en légère tension (ou laisser le chien créer la tension) sans soulever le harnais.

N’hésitez pas à changer de direction, à en jouer, et à jouer avec les changements de rythme dans votre marche. Le chien y sera très sensible : il sera plus enclin à explorer calmement quand vous marchez doucement. Il sera davantage complice et attentif à vous quand vous mettez de l’énergie dans la marche (pas forcément de la vitesse).

Anticipation d’un obstacle (objet, humain ou chien) que vous ne voulez pas que votre chien approche :

  • sans raccourcir la laisse dévier sa trajectoire et prendre de la distance par rapport à l’obstacle
    ou raccourcir la laisse sans tirer (« remonter la laisse »)
  • bien indiquer avec vos pieds la direction souhaitée, et mettre de l’énergie dans votre marche pour vous éloigner ensemble, vite et joyeusement.

Il y a toujours un moyen de faire, SANS TIRER sur la laisse et donc sur votre chien, pour le rapprocher de vous.

Il vous faudra vous adapter à la vitesse de votre chien pour l’apprentissage, gardez calme et patience.
Evitez de lui demander quoi que ce soit verbalement. Communiquez avec la laisse uniquement. ( Et apprenez à comprendre ce que votre chien vous dit à travers la laisse…).

La laisse ne doit pas être un outil de contrôle ou pour diriger le chien, c’est un outil de dialogue.

Proposez à votre chien de réfléchir lui permet d’être moins dans ses émotions, ou dans son excitation.
Entraînez-vos d’abord dans un environnement spacieux, avec une longueur de laisse importante (idéalement 3m), changez de direction, posez des contraintes gentiment avec la laisse. Puis vous pouvez vous entraîner sur un trottoir pas trop étroit, ou dans un chemin.

N’oubliez pas de donner la possibilité à votre chien de se relaxer et d’avoir des moments où il peut se servir de sa truffe pendant la balade d’entraînement.
Des balades calmes et olfactives aident le système physiologique de votre chien à être apte à recevoir vos apprentissages, et à votre chien à écouter, se calmer, réfléchir.

Vos balades en laisse doivent être un moment ENSEMBLE, et non pas un moment pendant lequel chacun fait sa balade avec une laisse entre vous.
La balade en laisse ou en longe est une base de création et de renforcement de votre lien d’écoute, de communication, de complicité, qui va bien au-delà de la balade !
Si en laisse votre relation est altérée, votre chien apprendra à se comporter en s’opposant à vous, ou encore sans tenir compte de vos propositions ou de vos demandes.
Si en laisse votre relation est complice et équilibrée, votre chien apprendra à se comporter en coopérant avec vous, en tenant compte de vos propositions ou de vos demandes.

Marcher ensemble peut être difficile

Au-delà de la technique, votre chien peut avoir de réelles difficultés à s’ajuster :

  • excitation trop importante
  • comportements de prédation
  • mauvaise gestion de la frustration
  • difficultés d’auto-contrôle
  • automatismes (conditionnements) à désapprendre (contre-conditionner)
  • réactivité (agression de distancement, peur, panique…)

Si votre marche en laisse continue à être pénible, c’est peut-être aussi parce que les mauvais signaux sont insensiblement mis en place au quotidien entre vous – sans qu’il y ait faute d’un côté comme de l’autre. En cas de difficultés à améliorer la situation, prenez contact avec nous : la marche en laisse est une discipline simple mais les détails sont nombreux, et le diable se cache toujours dans les détails…

Jeu de balle

Comme nous l’avons vu dans la page sur le stress, un stress continu sur de longues périodes (quelques dizaines de minutes suffisent), s’il ne correspond pas à une gamme de comportements susceptibles d’utiliser les effets hormonaux, entraîne inévitablement des réactions physiologiques et des comportements inadaptés. (cf. Le Stress par Ethique et chiens)

Laissons la parole à Pilar Saenz-Beucher (Mon Chien Bleu) au sujet des jeux de balle :

–> Télécharger le document en cliquant ici <–

FR_LeJeuDeBalle

En vidéo

Des chercheurs ont posé un capteur de rythme cardiaque sur des chiens et ont observé les variations du rythme, très bon indicateur du stress ressenti par le chien à ce moment-là.

Observez bien les variations de pouls des chiens.
1) Lorsqu’on lance une balle, le pouls s’envole : l’organisme est en stress, très sollicité.

2) Lorsqu’on lance des croquettes pour que le chien flaire, le pouls diminue : l’organisme est plus calme, moins sollicité.

Chiens de travail : Border Collie, Berger Australien, Malinois …

Ce qui suit est applicable aux races de chiens hyper-sélectionnées pour le travail, et essentiellement aux chiens de berger. Dans ces races, ceux que l’on rencontre aujourd’hui le plus souvent, du fait d’une notoriété due autant aux effets de mode qu’aux idées préconçues ( ce chien de “travail” doit sûrement apprendre très vite et être facile à “dresser”, il va “bien obéir”…) sont :

  • le Border Collie
  • le Berger Australien
  • le Malinois

Dans la suite, nous nous concentrons sur l’objectif “garder le troupeau organisé” des chiens de berger.
Toutefois, les mêmes concepts sont applicables à tous les chiens “de travail” :

  • un lévrier, un setter ont pour travail de “traquer la proie jusqu’à son arrêt”
  • un malinois a pour travail de “serrer et immobiliser” un intrus
  • un berger d’Anatolie, un “patou” ont pour travail de “garder le troupeau contre les menaces”

Un chien de travail

Un chien de travail a besoin d’un “job”. Il a besoin d’une tâche qui interpelle, mais cela ne signifie pas pour autant que le chien nécessite une attention permanente!
Un berger utilise son chien quand il en a besoin. En hiver, quand les moutons sont dans la grange ou au printemps, quand naissent les agneaux, le berger ne mettra certainement pas en place un parcours d’agility afin de garder le chien occupé. Le chien doit travailler quand c’est nécessaire, et quand il n’y a pas de travail à faire, il mène une joyeuse vie de « chômeur » pendant des semaines.
En termes d’activité, le chien de berger doit être soumis à des tâches difficiles, et entre ces tâches, à beaucoup de repos.

Le chien de berger chasse!

Le comportement de rassemblement n’est rien d’autre qu’un comportement de chasse.
L’instinct “attaquer et tuer” a été éliminé par la reproduction sélective alors que les séquences de chasse restantes ont été amplifiées. En conséquence, le chien de berger traque et poursuit. Il n’hésite pas à harceler sa proie si elle ne réagit pas “comme il faut” : il va pincer les mollets de la vache pour qu’elle avance dans la bonne direction, exactement comme s’il la chassait pour l’épuiser au fond d’une forêt.

Les chiens de berger sont très sensibles aux stimuli visuels et acoustiques

Le chien de berger a besoin de voir les plus petits changements dans les brebis du troupeau et de réagir immédiatement. En conséquence, il réagit beaucoup plus vite aux stimuli visuels (mouvements) et auditifs que les autres chiens.
Cela peut rapidement se transformer en un problème dans la vie quotidienne. Bien sûr, un chien de berger ne sait pas si c’est réellement un mouton qui se déplace dans le lointain. Il réagit au mouvement à distance. S’il arrive un jogger à l’horizon, le chien réagit au coureur. Le soir du réveillon du Nouvel An avec tous les bruits, le chien de berger va probablement devenir fou parce qu’il est très sensible à ces stimuli.
De telles situations peuvent être difficiles à gérer pour le propriétaire de chien “normal” Avant même de réaliser qu’il y a un bruit quelque part ou que quelque chose est en mouvement à proximité, comme un joggeur, par exemple, « une proie parfaite », le chien a déjà disparu … ce qui nous amène au point suivant :

Le chien de berger est très excitable

Le chien de berger doit être en mesure de réagir très rapidement.
Dans la vie quotidienne, cela pose problème parce que le chien répond également à tous les stimuli.
Au travail, le Border Collie, surtout, va souvent au-delà de ses propres limites et il doit se reposer seulement quand le travail est fait.
Dans la vie quotidienne, cela signifie que le chien de travail ne montre guère de signes quand les choses deviennent un peu trop dures pour lui. Peu importe la fatigue, il continuera. Les chiens de travail ne disposent pas d’un bouton d’arrêt d’urgence, c’est ainsi qu’ils ont été sélectionnés. Et il peut donc arriver que, après des heures de jeux de ballon, votre chien ne semble toujours pas se lasser et qu’il tombe plutôt mort que d’arrêter de lui-même. Par conséquent, c’est le propriétaire qui doit prendre les décisions appropriées. Le chien ne peut pas se le permettre.
Le calme est quelque chose que ces chiens doivent apprendre.

Le chien de berger est sensible, et méfiant face aux inconnus

Le troupeau et le berger sont les éléments “normaux” de l’environnement du chien de berger. En revanche, il doit “garder” le troupeau face aux éléments nouveaux, qui peuvent être annonciateurs de problèmes.

Le chien de berger est sujet aux TOCs (Troubles Obsessionnels Compulsifs)

Il a une telle excitabilité que sans possibilité de mettre à profit l’énorme énergie accumulée au cours d’épisodes de stress répétés, il va mettre en place des comportements de substitution ayant pour but de l’apaiser dans l’immédiat, même si ces comportements ont des conséquences indésirables.

Les jeux de rapport

Même les plus jeunes chiens sont déjà fous de la « proie ». Par conséquent, il est encore plus important de contre-agir à cette « balle-addiction » très tôt dans la vie d’un chien.
Rien ne remplace le troupeau, nous ne pouvons pas offrir au chien de berger un substitut aux moutons. Une activité équivalente au troupeau est tout simplement inexistante, les balles ne réagissent pas de la même façon qu’un mouton le ferait. C’est la même chose pour un chien de chasse : aucun lièvre, aucun faisan ne s’est jamais relevé après avoir été attrapé !
En raison de son instinct de chasse, le chien adore courir après la proie. Les jeux de rapport déclenchent son instinct de prédateur qui libère des hormones de stress.

Donc, si vous continuez de lancer la balle, encore et encore, le chien reçoit de plus en plus de stress. En conséquence, vous obtenez un « balle-addict » qui ne peut penser qu’à obtenir le prochain « shot ». Étant donné que ces chiens ont appris à s’adonner à cette sensation sans retenue, ils réagissent à tous les autres stimuli qui déclenchent cette même sensation avec leur comportement de chasse.
Un stress continu a des répercussions sur le psychisme et la santé du chien à long terme. Les jeux de rapport peuvent être autorisés avec des chiens adultes capables, dans une certaine mesure, de s’auto-réguler, mais cela doit être fait d’une manière très contrôlée.
Si le chien se transforme en un « balle-addict » quelque chose a mal tourné et l’utilisation de ce jouet doit être reconsidérée.

Dominance

Soyons clairs : la “dominance” au sens où elle est utilisée dans le langage courant du milieu canin est une absurdité, elle sert essentiellement à masquer des pratiques violentes, basées sur la peur, la violence, la force, la compulsion, la confrontation. Étiqueter un chien “dominant” c’est un raccourci utile pour justifier de “casser” ce chien. Or, on sait depuis longtemps que cette voie n’est pas nécessaire ; on peut obtenir les mêmes résultats d’éducation ou de dressage, même meilleurs, en abordant la relation avec son chien avec respect et empathie. Éthiquement donc, rien ne justifie la violence, l’autoritarisme, envers un chien à titre éducatif.

Une vétérinaire vous l’explique en vidéo ci-dessous :

 

Essentiellement, il y a deux choses à comprendre.

  1. La dominance n’est pas un trait de caractère. La dominance est une caractéristique potentielle d’une relation, pas d’un individu. Encore faut-il que cette relation soit établie, stable, et agonistique (c’est-à-dire confrontationnelle)… heureusement, toutes les relations entre êtres sociaux ne sont pas agonistiques, c’est même rare dans un milieu naturel !
  2. Les relations stables dans un groupe de chiens peuvent être extrêmement variables, et l’établissement d’une hiérarchie pyramidale est en pratique assez rare.Il existe par exemple des relations “cycliques” : pour l’accès à un os plein de chair, Alice a priorité sur Bob, Bob a priorité sur Clara, et Clara a priorité sur Alice. On vous le répète : “dominant” n’est pas un trait de caractère !
    La plupart des relations asymétriques impliquent l’accès à une ressource. En fonction de la ressource, les priorités peuvent être complètement chamboulées ! Par exemple : pour une peluche, Mara a priorité sur Watt ; pour une place sur le lit, Watt a priorité sur Mara.

 

Une autre approche, historique celle-ci, pour mieux comprendre à quel point on a évolué depuis… les années 1940 !

Publiée par ECC sur Mercredi 30 septembre 2015

 

Zones de confort & politesse canine

Un individu s’approche de nous. La distance à laquelle il se trouve… impacte directement notre bien-être :

  • loin de nous, tout va bien : il est dans la zone “verte”
  • plus proche de nous, cela commence à être gênant : il est dans la zone “orange”
  • trop proche de nous, cela énerve, ou fait peur, en tout cas nos réactions commencent à être potentiellement plus violentes : il est dans la zone “rouge” !

Pour le chien, c’est la même chose. A tout moment, autour de notre chien, se déplacent des zones de confort comme sur le dessin ci-dessous :

Autour du chien, trois zones de confort
3 zones concentriques autour du chien, de la moins confortable à la plus confortable

Evidemment, la taille de chaque zone à tout instant varie en fonction de l’individu, du contexte, de la situation.
Par exemple, un chien qui a mal ou qui a peur aura probablement à ce moment-là une zone “d’inconfort” assez étendue, il faudra rester suffisamment loin pour ne pas le déranger.
Un chien qui voit arriver un copain bien connu voit sa zone rouge rétrécir énormément afin de laisser venir l’autre et potentiellement engager des comportements très proches : flairage, jeux…

Croisements

Pour croiser un individu (humain, chien…) ou un objet (en mouvement ou immobile) il est essentiel de prendre en compte les zones de confort de notre chien.
Passer trop près, proche de la zone rouge, va déclencher des émotions négatives et des comportements ayant pour but d’éloigner l’individu ou l’objet jusqu’à une distance confortable, dans la zone verte. Le chien en inconfort peut chercher à s’éloigner, s’il le peut, ou à éloigner l’intrus en le menaçant.

On voit que la politesse canine implique par exemple de se croiser “en courbe” pour éviter de rentrer de plein fouet dans les zones orange/rouge de l’autre.

Politesse

Les comportements polis visent à agrandir la zone verte du partenaire ; les comportements impolis ont tendance à agrandir la zone rouge !
Par exemple, regarder de face, fixement, sans bouger, et de haut, sont des comportements très impolis pour un chien. Or, c’est souvent l’attitude que nous adoptons pour appeler un chien à venir vers nous !

Pourquoi faire ?

Respecter les zones de confort de notre chien, tout comme celles des chiens des autres, a pour conséquences :

  • d’améliorer l’harmonie entre tous et de rendre la vie plus facile
  • d’éviter les comportements “indésirables” pour nous humains : aboiements, grondements, jeter de dents, fuite…qui ont en commun qu’ils cherchent à sortir l’autre de la zone d’inconfort pour le ramener dans la zone acceptable.

Apprentissages et rééducation

Lorsque le chien est dans sa zone verte, tout va bien, émotionnellement il est disponible pour réaliser un nouvel apprentissage.

Lorsque le chien est dans sa zone rouge, il est en mode réactif : ” Combattre, Faire le mort, Fuir “. Ce n’est pas possible pour lui de réaliser des apprentissages constructifs à ce moment-là. En revanche l’apprentissage associatif fonctionne à plein régime : tout ce qui est perçu par le chien pendant cette période est potentiellement associé à l’émotion ressentie : peur, colère…

Et lorsque on souhaite aider son chien à “désapprendre” les comportements qu’il a associé à ces émotions de zone rouge, il faut pratiquer une désensibilisation progressive. Il s’agit de déplacer légèrement le chien depuis sa zone verte vers une zone orange où il doit réfléchir pour s’adapter : on le fait passer de “tout va bien sans effort” à “ça va aller, je gère”, en le guidant quant à la façon dont il “gère” !

Apprentissages et zones de confort

Respectez l’espace vital des chiens

Votre chien est amical, sociable, gentil, fantastique… mais les autres chiens ont peut-être des problèmes différents !
Ils ont peur, sont malades, ou vieux, ont eu des expériences désagréables ou traumatisantes avec d’autres chiens ou humains, ne sont pas particulièrement sociables même s’ils sont d’une espèce sociale…

Pour vivre en harmonie tous ensemble, réduire les frictions et les situations tendues voire dangereuses, il est indispensable de respecter l’espace dont ont besoin les autres chiens !
Les chiens CRABES ont le droit de vivre sur l’espace public au même titre que tous les autres, et chacun doit s’adapter aux besoins des autres.

Ci-dessous une situation malheureusement courante et qui aurait pu – et dû – être évitée avec juste ce qu’il faut d’écoute et de respect… à lire et à méditer.

Respectez l'espace vital des chiens
Respectez l’espace vital des chiens…et de tous

Activités olfactives : flairer pour chercher

Les activités olfactives, où le chien se sert de sa truffe, sont les activités les plus intéressantes d’un point de vue comportemental.

L’exploration et le flairage sont des besoins fondamentaux du chien. Nous savons que lorsque des besoins ne sont pas couverts, des comportements indésirables apparaissent ou augmentent. Il est donc essentiel de fournir à nos chiens les activités quotidiennes en ce sens.

Flairer pour chercher est une activité amusante 1, et calmante. Organiser une session de recherche peut être très simple : il suffit de prendre des croquettes, ou des friandises 2 de petite taille et de les … disperser dans le jardin, sur le balcon, dans la cuisine…et laisser le chien chercher.

Voici une courte vidéo explicative, commentée, montrant une chienne en pleine activité :

Activité de flairage et effets sur le chien

D’un point de vue scientifique, on peut se référer à des expériences menées à l’aide de capteurs de pulsations cardiaques.

On voit clairement dans la vidéo 3 ci-dessous que l’activité de flairage, même dans une situation extrêmement simple, amène une baisse du rythme cardiaque, correspondant physiologiquement à un état moins stressé.
Note: La vidéo commence par montrer les effets inverses d’une activité de “lancer”, même à très basse intensité, sur le stress physiologique.

© Dog Pulse Project Comparaison des effets d’une activité de lancer et activité de flairage sur l’état de stress physiologique du chien, mesuré par son rythme cardiaque.

  1. en tout cas pour nos chiens[]
  2. enlever une quantité correspondante si nécessaire de la ration quotidienne pour éviter une prise de poids[]
  3. © Dog Pulse Project[]

Compétences indispensables

Pour vivre en harmonie dans l’environnement social qui est le sien — et le chien est en contact avec toutes sortes d’humains et d’animaux — on observe qu’il doit acquérir certaines compétences indispensables.

Un chien au naturel

Le chien est un prédateur et un éboueur : il chasse pour se nourrir, et il se nourrit depuis au moins 10 000 ans des déchets humains. Il lui est donc naturel (c’est-à-dire qu’il naît avec) de posséder une grande faculté de persévérance et un tempérament opportuniste.
Par exemple: quand il a faim dans la rue et qu’une carcasse de poulet semble atteignable dans la poubelle, il n’est pas question de se dire “oh tant pis, cette poubelle a l’air trop haute, je mangerai demain…”

Or, pour vivre avec nous, nous demandons au chien de famille de savoir :

  • se contrôler
  • laisser tomber

et ce dans un nombre incalculable de situations, que ce soit à la maison, en balade, chez le vétérinaire, avec des invités, au marché ou au restaurant…en bref, dans tous les compartiments de vie du chien.
Pour y arriver, le chien va devoir acquérir des compétences auxquelles sa génétique ne l’a pas prédisposé :

  • l’auto-contrôle
  • la gestion de la frustration

L’auto-contrôle

L’auto-contrôle, c’est : savoir adopter un comportement calme pour obtenir ce que l’on veut. L’auto-contrôle est une compétence opposée à la qualité naturelle du chien d’être opportuniste !

Par exemple :

  • Avoir un contact avec les invités qui rentrent : ne pas leur sauter dessus
  • Pouvoir manger la friandise : ne pas l’arracher des mains
  • Pouvoir marcher librement : ne pas tirer sur la laisse
  • Pouvoir interagir avec un autre chien : rester poli
  • etc…

L’auto-contrôle se travaille, toujours sur le même thème : si tu montres un comportement acceptable, tu auras ce que tu souhaites.

Des recherches très récentes ont montré que l’auto-contrôle (appelé encore “contrôle de l’impulsivité”) met en jeu systématiquement la même zone de neurones dans le cerveau (cortex) du chien. La neuroplasticité du cerveau va donc nous aider (et notre chien aussi), car toute activité qui implique le déclenchement de ces mêmes neurones de contrôle de l’impulsivité va renforcer la compétence d’auto-contrôle, et ce quelle que soit la situation ; on dit aussi que le chien “généralise” la compétence apprise.
(ref : https://www.psychologytoday.com/us/blog/plus2sd/201604/neurobiology-self-control-in-dogs)

En conséquence, pour que votre chien sache se contrôler dans toutes les situations de la vie… travaillez son auto-contrôle dans toutes les situations que votre quotidien vous offre !

Bien sûr il y aura toujours des évènements tellement forts pour votre chien que son instinct (ces compétences dictées par son ADN) prendra le dessus ; par exemple un chien de chasse sera toujours attiré par un gibier qui fuit devant lui…ou pas.

La gestion de la frustration

Savoir gérer la frustration, ce n’est pas éviter d’être frustré. Même avec des humains extrêmement bienveillants qui se mettent en quatre pour faciliter la vie de leur chien, il y aura toujours quantité de situations quotidiennes qui impliquent une frustration pour le chien : il vit dans un monde d’humains qui n’a pas été construit pour lui.

La gestion de la frustration, c’est arriver à laisser tomber quelque chose en faveur d’autre chose. La gestion de la frustration est une compétence opposée à la qualité naturelle du chien d’être persévérant !

C’est l’expression de la pensée :

“laisser ça, ce n’est pas cool; mais c’est OK”

Pour travailler cette compétence, il est indispensable de bien la différencier de l’auto-contrôle. Avec l’auto-contrôle, le chien obtient ce qu’il veut ; avec la gestion de la frustration, le chien n’obtient pas ce qu’il veut !

Comment faire ? Simplement en apprenant, par la répétition, au chien que quand il laisse quelque chose, il obtient autre chose.

Pas nécessairement de la même valeur, mais autre chose quand même.
Bien sûr, au début, on va scénariser les apprentissages et on sera en mesure de lui proposer des alternatives grosso modo de même valeur : “si tu laisses la poubelle, tu reçois des croûtes de fromage.” Très rapidement la valeur de l’alternative pourra être inférieure (ou parfois supérieure!) à la chose ou l’action que le chien abandonne.

Quelques exemples de frustration gérée :

  • en balade, ne va pas renifler cette grosse bouse.…tu pourras passer du temps à sentir ce poteau
  • ne court pas après le chat…tu auras du fromage
  • ne saute pas sur les gens…tu auras une peluche qui fait pouic
  • laisse passer les promeneurs…et je te montrerai que je suis très content·e

Au quotidien

Ces deux compétences sont à la base de la quasi-totalité des apprentissages qu’un chien fera nécessaires à la vie de famille. Il faut donc les apprendre et les travailler. Comme vu plus haut, plus une de ces compétence est travaillée, même dans des situations apparemment très simples, plus elle sera disponible dans les situations compliquées.

Il est donc utile et recommandé de saisir toutes les opportunités qui se présentent à nous pour travailler ces compétences tout au long de la vie du chien.

Ce qui fait de nous, les humains, des êtres opportunistes et persévérants…ça vous rappelle un autre animal ?

Ayons toujours en tête qu’une partie de l’ADN du chien est en opposition avec ce que nous lui demandons pour vivre en famille. Que cela lui demande des efforts, et qu’il y met toute la bonne volonté qu’il a de bien vivre avec nous. Et que, somme toute, nous ne sommes pas si différents…


Neurobiology-of-Self-Control-in-Dogs-Gregory-Berns-Psychology-Today

Comment demander quelque chose à son chien

Soyons efficaces !

  1. Appeler le chien par son nom
    ( s’il n’est pas déjà attentif )
  2. Demander clairement, en faisant une phrase, dire s’il-te-plaît !
    ( le formuler comme une question )
  3. Laisser le temps au chien de faire !
    ( Compter tranquillement jusqu’à 10… )
  4. Lorsque le chien fait, ou a fait, dire “Merci!” avec une voix plus aigüe sans excitation : cette voix est une récompense pour le chien1

Faire tout ça sans stress : moins il y a d’émotion, plus c’est efficace !

Ci-dessous une exemple avec une petite vidéo commentée.

Comment demander à Okya de descendre du mur

  1. on a vu en imagerie cérébrale IRMf que la voix “parler comme à un bébé” active les circuits de la récompense dans le cerveau[]

Les punitions sont dangereuses

20 problèmes potentiels avec les punitions 1

Effets sur le comportement indésirable

  1. Pas nécessaire la plupart du temps
    Le comportement peut être modifié par le renforcement seul. Souvent il n’y a aucune nécessité à punir.
  2. Ne fonctionne pas toujours
    Si le renforçateur qui maintient le comportement en place est suffisamment fort, le comportement ne changera pas
  3. Doit être sévère
    Les animaux s’habituent aux évènements aversifs (désagréables) de faible intensité : ils ne fonctionnent pas, ou cessent de fonctionner avec le temps
  4. Peut renforcer le comportement indésirable
    Punir les comportements d’évitement tend à les renforcer ; certaines intentions de punition peuvent au contraire augmenter la probabilité d’apparition du comportement
  5. Tourne facilement à la maltraitance
    Si le comportement ne change pas, alors exposer l’animal à des punitions constitue de la maltraitance

Effets sur l’animal

  1. Un champ de mines
    Si aucune autre information n’est donnée, c’est imprévisible pour l’animal
  2. Une double peine
    L’animal est en fait exposé à 2 aversifs : perdre un renforçateur et se faire punir
  3. Apprentissages superstitieux
    L’animal peut penser que la punition est déclenchée par autre chose que le comportement indésirable
  4. Apathie et impuissance acquise
    Dans un environnement aversif, ne rien faire c’est rester en sécurité ; ou encore, l’animal abandonne tous les comportements
  5. Renforcement négatif
    L’animal peut apprendre comment arrêter la punition, mais pas comment éviter de la déclencher
  6. Comportements d’évitement
    L’animal peut commencer à éviter les situations où la punition peut apparaître…y compris son propriétaire
  7. Amène à la peur
    La peur est une réaction courante aux stimuli douloureux
  8. Apprentissage réduit
    La peur et le stress causent la sur-stimulation qui interfère avec l’apprentissage
  9. Neuropathie ou Syndrome de Stress Post-Traumatique
    Des punitions incohérentes peuvent rendre l’animal confus
  10. L’agression apparaît en tant que comportement
    Les stimuli aversifs provoquent l’agression et la frustration
  11. Rendent impuissant
    La punition réduit le contrôle de l’animal sur son environnement, ce qui impacte négativement son bien-être et sa qualité de vie

Effets sur l’humain qui punit

  1. Croit que la punition fonctionne
    Pense qu’une brève pause du comportement indésirable signifie qu’il ne reviendra pas
  2. Croit que l’animal apprend
    Confond un changement de l’état émotionnel de l’animal avec un apprentissage
  3. Se sent bien
    Le comportement indésirable disparaît, la personne qui punit est exposée à un “renforcement négatif” ( techniquement : R- )
    De plus, la sensation de contrôle est un “renforcement positif” ( techniquement : R+ )
  4. Abîme la relation
    Utiliser la punition amène à l’évitement, l’agression, à un lien abîmé entre l’animal et l’humain

Plus en détails

Les punitions peuvent ruiner notre relation avec l’animal, causer de l’anxiété, des comportements agressifs, ou de l’apathie — et cela se transforme facilement en abus, en maltraitance.

Récemment il y a eu un article vidéo sur Facebook qui a attiré mon attention.

Typiquement, sur Facebook, je suis plutôt une observatrice. Je ne suis pas très active, et lorsque je regarde des vidéos, souvent je ne partage pas, ni like ni commente — même lorsque je devrais peut-être.

Cette fois-là, j’ai regardé, sentant ma bouche béer graduellement d’incrédulité, et finalement, bouche bée, j’ai laissé un commentaire : “Je suis sans voix”.

Je sais, c’était nul.

Mais je n’avais pas le temps d’écrire un article, et ensuite le flux FB m’a noyée, la vidéo est passée à l’arrière-plan de mes pensées…où elle a couvé.

Il y a quelques semaines, j’ai écrit que j’étais sans voix. Mais le temps a passé, et j’ai maintenant réalisé que je devais faire l’opposé.

Je dois m’exprimer.

Je me rends compte que, si les gens ne réalisent pas qu’il peut être problématique d’utiliser la punition dans l’éducation animale (le dressage), alors ils doivent être informés.

Je ne suis pas, de loin, la première à exprimer mes préoccupations, mais manifestement cela demande à être répété.

La vidéo que j’ai regardée proposait une fonction de “correction” automatique à l’aide d’un “dispositif, au collier, d’entraînement et de suivi” pour les chiens.
Apparemment, il s’agit d’un objet que l’on attache à un collier qui peut suivre l’activité de son chien et lui délivrer également une stimulation électrique (un euphémisme pour désigner des électrochocs), du bruit ou des vibrations.
J’appellerai ces corrections “zapping” ci-dessous, en ayant parfaitement conscience que les réglages les plus bas peuvent éventuellement être très faibles.

Ce qui a été suggéré dans la vidéo, c’est que lorsque le chien fait quelque chose que nous n’aimons pas, comme aboyer ou pénétrer dans des zones interdites, il peut être zappé, automatiquement, sans même que nous soyons présents. Ainsi, le chien cessera d’aboyer ou de pénétrer dans les zones interdites.

J’ai vu qu’il s’agirait du Nouveau Standard de Dressage des Chiens (New Standard of Dog Training).

Pour moi, il est Complètement Dépassé et Potentiellement Nuisible.

Le fait est que la punition fonctionne — les comportements indésirables sont éliminés. Du moins, parfois. Les gens continuent donc à utiliser la punition.

Mais, voilà le problème.
Il y a un prix à payer pour utiliser la punition. C’est peut-être un très petit prix, presque imperceptible. Ou il peut être très important.

C’est le risque de graves retombées qui m’inquiète.

L’utilisation de la punition dans le dressage des animaux équivaut à la prise de médicaments qui fonctionnent seulement parfois et ont des effets secondaires énormes et très répandus.

Franchement, je ne m’y risquerais pas, sauf s’il n’y a vraiment pas d’autre option.

Au minimum, les gens doivent être conscients des effets secondaires potentiellement graves, plutôt que de s’enfermer aveuglément dans un scénario de punition.

Les gens devraient également connaître les alternatives, afin de pouvoir faire un choix éclairé.

Et oui, d’une certaine manière, je vis dans un monde parallèle. Je ne suis pas propriétaire d’un chien, et de tels appareils ne sont pas autorisés en Suède. Je me rends compte que dans beaucoup d’autres endroits, ils sont la norme, et personne ne lève un sourcil, ni ne reste bouche bée.

Changement de perspective

Prenons le point de vue de l’animal pendant une minute.
Imaginez que vous êtes un chien.
Allons. Je sais que vous en avez envie.
De taille moyenne, brun, avec de longs poils. Oreilles décollées. Je ne connais pas les différentes races, mais le chien qui est dans mon esprit ressemble un peu à Lady dans ce vieux film de Disney. Vous la connaissez.

Imaginez que Lady se tient sur le seuil de la cuisine et qu’il y a un poulet sur le comptoir, comme le montre la vidéo qui m’a laissée bouche bée.
L’odeur est délicieuse.
Et c’est à portée de main, aussi.

D’accord Karolina, mais pourquoi faisons-nous cela ?
Suivez-moi.
Nous nous imaginons que nous sommes Lady pour pouvoir la comprendre :

  • Des motivations contradictoires
  • Un certain vécu de l’apprentissage au moment du zapping
Piéger l’animal en situation d’échec avec un poulet sur le plan de travail

Effets sur les comportements indésirables

La punition n’est souvent pas nécessaire

Certains dresseurs ou entraîneurs pensent à tort que pour obtenir le comportement souhaité, il faut recourir au renforcement, et pour se débarrasser des comportements indésirables, il faut recourir à la punition.
C’est un malentendu.

Lors du renforcement, un comportement est augmenté, au détriment d’un autre comportement.

L’animal ne peut pas exécuter plus qu’un certain nombre de comportements, de la même façon qu’il n’y a que 60 secondes dans une minute.
Si un comportement augmente, alors, un autre doit diminuer — qu’il s’agisse de se reposer, de courir, d’adopter un comportement indésirable — ou autre chose.

En fait, ce phénomène est souvent la solution aux comportements indésirables, comme nous le verrons dans la dernière section de ce texte.
La punition est souvent inutile – renforcez quelque chose d’autre et le comportement indésirable peut diminuer, surtout si ce que vous renforcez est incompatible avec le comportement indésirable.
Le choix du comportement à renforcer est important, car certains comportements sont susceptibles d’être affectés par certains autres – et d’autres non.

La punition ne fonctionne pas toujours

Les animaux ne produisent pas des comportement sortis de nulle part.Si Lady aboie, c’est qu’elle a une raison de le faire. Et si vous laissez un poulet sur le comptoir, vous cherchez les ennuis.

Les animaux produisent un comportement pour obtenir un effet. Par exemple, Lady peut aboyer pour que la personne effrayante s’en aille. Ou encore, Lady peut voler le poulet parce qu’il sentait bon et avait très bon goût.

Un choix facile : voler le poulet

Le fait est que les renforçateurs maintiennent le comportement. Ayant trouvé un poulet à une occasion, elle volera probablement le prochain poulet aussi s’il y a une opportunité. Lady se mettra à surfer sur le plan de travail, à la recherche de restes. Le plan de travail est devenu intéressant.

Ce qui signifie que lorsque vous introduisez la punition dans l’équation, elle entre en compétition avec les renforçateurs disponibles — quels qu’ils soient. Cela signifie qu’à moins que la punition ne soit suffisamment ennuyeuse, le délicieux poulet peut l’emporter sur le fait d’être zappé.

Et voilà. Lady peut choisir de voler malgré le fait d’être zappée. Qu’est-ce que cela signifie ?
Cela signifie que parfois, la punition ne fonctionne pas.

Scénarion de punition 1 :
Le renforçateur est plus important que la punition
Lady vole le poulet bien qu’elle soit zappée.

Qu’avons-nous accompli ici ? Nous avons causé un inconfort à Lady, mais nous n’avons rien enseigné qui nous soit utile. Elle a volé le poulet et s’est un peu habituée à ce que les choses ne se passent pas bien.

Quelles que soient les intentions, pour moi cela est considéré comme un abus — comme je le dis dans ce billet. Je définis la maltraitance comme tout ce qui cause de la souffrance à l’animal et n’apporte aucun avantage au dresseur. La maltraitance peut être légère ou grave selon le degré de désagrément du zapping.

À ce stade, beaucoup de gens augmentent le niveau de zapping.

À un certain niveau d’intensité, le zapping sera probablement assez ennuyeux ou douloureux pour décourager l’animal de se lancer dans la chasse au poulet.

Scénario de punition 2 : zapping suffisamment intense pour être plus important que le poulet

Voyez-vous pourquoi c’est un problème ?

Pour que la punition fonctionne, elle doit être suffisamment sévère.

Pour fonctionner, la punition doit être sévère

Qu’entend-on par “suffisamment sévère” ?

Niveau 3 sur une certaine échelle ? Ou le niveau 7 peut-être ? Le niveau 42 ?

Comment le savons-nous ?

L’un des problèmes majeurs de la punition est que nous ne pouvons jamais savoir ce qui est suffisant pour l’emporter sur les renforçateurs disponibles, et ce qui est trop.

Utiliser la punition, c’est comme marcher sur une corde raide. Rester en équilibre sur la corde est l’équivalent d’une punition efficace qui diminue le comportement cible.

Mais il y a deux façons de mal faire, et le chemin est très étroit.

Une intensité trop faible — et on est abusif : causer de la souffrance sans que l’animal ne modifie son comportement.
Une intensité trop élevée — et nous causons aussi des souffrances inutiles à Lady – elle aurait modifié son comportement à un niveau d’intensité plus faible.

Utiliser une punition est comme marcher sur une corde raide – quel que soit le côté où l’on tombe, l’animal souffre car le niveau d’intensité de l’élément aversif est soit trop élevé, soit trop faible.

Pour rendre les choses encore plus difficiles, cet équilibre entre les renforçateurs disponibles et l’intensité des punisseurs sera différent pour chaque scénario. Le poulet peut être très appétissant et justifier un grand zap, alors que le sandwich au fromage d’hier n’en nécessite qu’un petit.

Lady affamée peut prendre une autre décision que si elle est rassasiée. Elle peut prendre une autre décision dans la cuisine que dans le salon. Ou selon que quelqu’un est présent ou non.
Quand le chat n’est pas là, les souris dansent.

Ce qui nous ramène à “la punition ne fonctionne pas toujours”.

La punition considérée peut être une renforçateur positif

Disons que Lady vocalise par peur et se fait zapper. Le zapping augmente la peur, donc les comportements liés à la peur augmentent.
Ainsi, Lady vocalise plus et non moins.

Autre exemple : Lady s’exprime et se fait gronder. Cette attention négative est destinée à punir, mais il se trouve que recevoir de l’attention est un renforcement pour Lady, de sorte que les vocalises augmentent.

Souvent, nous ne réalisons pas ce qui renforce les animaux – ou les enfants d’ailleurs.

Je le vois si souvent chez les enfants qui se comportent mal. Ils sont prêts à tout pour attirer l’attention de leurs parents, même quand on leur crie dessus. “Non, arrête ça, ne fais pas ça, je te l’ai dit mille fois… !!!”.

Ce qui nous amène au troisième exemple.

Ne pensez pas à une voiture jaune.
Non, je vous ai dit de ne pas le faire ! !!


Vous n’avez pas pensé à une voiture jaune, n’est-ce pas ? Je vous ai dit de ne pas le faire ! !! OK. Vous avez une seconde chance. Ne pensez pas à une voiture rouge.
Quoi ! !! Encore une fois ! !! Je pensais avoir été très claire… ?

Ce phénomène est appelé l’effet rebond et il suggère que lorsque nous concentrons notre attention sur des comportements non désirés, nous avons tendance à les exécuter.

Un exemple pratique pourrait être “Je ne vais pas faire de courses aujourd’hui” – et vous finissez par acheter beaucoup de choses dont vous n’avez pas besoin.

Cet exemple n’est peut-être pas si utile pour parler du dressage des animaux, mais certainement pour élever des enfants.
“Arrête de frapper ton frère !!!” pourrait être reformulé en “essaie plutôt de lui parler” pour éviter le risque de renforcer accidentellement le comportement indésirable.

L’abus est souvent partie intégrante des méthodes punitives.

Retour aux chiens qui surfent sur le plan de travail.

On règle le niveau de zapping une fois et c’est bon ? La plupart du temps, non.

Souvent, nous ne pouvons pas calibrer l’intensité du stimulus aversif pour un contexte particulier en “une fois et c’est bon”.
Il existe un phénomène appelé “insensibilité à la punition” : Lady peut opposer une résistance aux éléments punisseurs ; elle peut s’habituer ou se désensibiliser aux aversions.

Au bout d’un certain temps, il se peut que ça ne fonctionne plus, alors le dresseur augmente le niveau de zapping.
Et puis le niveau supérieur cesse de fonctionner aussi.
On en revient donc aux abus, sauf qu’on cause maintenant beaucoup plus de gêne ou de douleur qu’à l’origine.

La punition devient facilement un cercle vicieux, allant de trop, à efficace, puis abusive, alors que le dresseur frustré essaie de trouver le niveau de zapping qui “fonctionne” – et tout cela en augmentant l’intensité du zapping.

Les abus deviennent souvent partie intégrante du régime de punition — et le zapping augmente

Je me rends compte que tous les scénarios de punition ne ressemblent pas à cela, mais il est plausible que certains y ressemblent. Et puisque je parle de techniques qui pourraient potentiellement nuire aux animaux, nous devons discuter des scénarios les plus pessimistes plutôt que de punitions efficaces avec une exposition minimale aux éléments aversifs.

Je m’inquiète des dommages que ces techniques et outils pourraient causer dans les mains de dresseurs et de propriétaires d’animaux inexpérimentés.

Cela ressemble-t-il à “la nouvelle norme de dressage des chiens” ?

Laisser un poulet sur le comptoir. Glisser dans le cercle vicieux du zapping qui augmente.

Pour moi, c’est faire échouer Lady, et ensuite abuser de la violence pour l’avoir fait.

On peut punir sans risquer de tomber dans le cercle vicieux de la maltraitance. Mais je ne vais pas discuter de la façon dont on procède dans ce texte.

Pourquoi ? Parce que j’ai un peu la nausée rien qu’à y penser, je ne l’utiliserais qu’en dernier recours, et je ne pense pas que quiconque devrait recourir à la punition sans être conscient de toutes les façons dont les choses pourraient mal tourner.

De plus, la personne qui inflige la punition tomberait très probablement de l’autre côté de la corde raide.

Passons maintenant à la façon dont le fait d’être exposé à une punition pourrait potentiellement avoir un impact sur Lady.

Effets de la punition sur l’animal

Etre exposé à la punition c’est comme marcher dans un champ de mines

Revenons-en à Lady.
Imaginez-vous en train de courir dans la cuisine, en suivant un délicieux parfum. Et soudain, à l’improviste – zap !
Vous sursautez et prenez du recul. Vous vous déplacez sur le côté. Zap !
Faites un pas vers la gauche. Zap !
Faites un pas vers la droite. C’était sans danger. Un pas de plus. Un pas de plus. Zap !
Zap !
Zap !
Zap !
Vous voyez où je veux en venir ?

Quand la punition est introduite, Lady n’a aucune idée de ce qui se passe. Pour elle, c’est comme traverser un champ de mines. Parfois on est zappé, d’autres fois non.

Cela soulève des questions intéressantes.

Quelle est la densité des “mines” ? Combien y a-t-il de façons de mal faire ? Y a-t-il des “zones” sûres ? Y a-t-il des signaux d’avertissement ?

Comment va-t-elle apprendre ?

La répartition et l’intensité du zapping auront de profonds effets sur le comportement, comme nous le verrons plus loin.

2 scénarios de punition, différents en fréquence et en distribution

La punition ne dit pas à l’animal ce qu’il doit faire. Sans autre information, l’animal ne peut qu’essayer d’éviter les mines.

Si les mines semblent complètement aléatoires pour Lady, l’apprentissage ne se fera pas – et elle sera stressée.

La punition est une double peine

Hier, Lady volait des poulets – le surf sur plan de travail a été renforcé. Maintenant, elle est zappée à la place – et elle n’a plus de renforcement.

Ce n’est pas une expérience d’aversion, c’en est deux.

La punition amène des comportement superstitieux

Disons que Lady faisait plusieurs choses lorsque le zap s’est produit.

Comme, par exemple, mettre la patte sur le tapis de cuisine en même temps qu’elle entre dans la zone interdite de la cuisine.

Donc, Lady a été zappée pour avoir pénétré dans la zone, mais ce qui était le plus évident pour elle, c’était le changement de texture sous la patte. Elle a pu commencer à associer le zapping au fait de marcher sur le tapis. Elle a donc pu commencer à éviter le tapis – qui peut avoir des dimensions complètement différentes de celles de la zone interdite.

Elle pourrait penser qu’elle a résolu le problème. Éviter le tapis, éviter d’être zappée !

Nous avons donc involontairement puni Lady pour autre chose que son comportement indésirable. Elle n’a peut-être rien appris au sujet du périmètre de la zone interdite, mais elle évite maintenant le tapis.

L’animal essaie de comprendre ce qu’il se passe, et peut arriver à des conclusions erronnées

La punition peut amener à l’apathie et à l’impuissance acquise

Une autre solution, pour beaucoup d’animaux, est de ne rien faire. Si le fait de se déplacer entraîne un zapping apparemment aléatoire, il est alors plus sûr de rester immobile.

Les animaux qui sont régulièrement punis n’auront pas beaucoup de comportements volontaires ; ils risquent de devenir apathiques.

Lady pourrait apprendre qu’aucun comportement ne fonctionne et glisser dans un syndrome de stress grave appelé impuissance acquise, comparable à une dépression clinique. Elle pourrait même cesser d’essayer d’éviter d’être zappée.

L’animal peut apprendre comment arrêter la punition, mais pas comment éviter de la déclencher

Considérez ceci :

Tout va bien.
Lady se promène dans la cuisine.
Le zapping apparaît. Lady sursaute, jappe et recule de quelques pas.
Le zapping s’arrête.

Le zapping a lieu après le comportement A, mais avant le comportement B. Donc, c’est à la fois une conséquence et un antécédent, mais pour des comportements différents.

Lequel de ces deux comportements Lady va-t-elle apprendre ?
Va-t-elle apprendre que marcher vers l’avant déclenche les séries de zapping ? Ou que reculer les arrête ?

Est-ce que nous punissons la marche en avant ? Ou renforçons-nous négativement le recul ?

Sommes-nous en train de créer une conséquence ? Ou sommes-nous en train de préparer l’environnement, d’arranger un antécédent?

Ce pourrait être la dernière solution. Lady pourrait apprendre que le fait de reculer met fin à l’élément aversif. Le recul est renforcé négativement, et la conséquence prévue (C) devient un antécédent (A).

D’abord, elle effectue une réaction de fuite : elle n’a pas appris les signaux d’avertissement et se fait zapper. Au bout d’un certain temps, elle apprendra probablement à associer le zapping à d’autres stimuli dans le contexte, et effectuera une réaction d’évitement – et pourra ainsi éviter complètement le zapping.

Ainsi, Lady peut toujours choisir d’attraper le poulet sur le comptoir en l’absence de signaux d’avertissement — après tout, la principale chose qu’elle a apprise est que lorsque le zapping commence, elle doit reculer.

La punition peut créer des comportements d’évitement

Grâce au renforcement négatif et au conditionnement classique, Lady apprend à éviter les scénarios où le zapping se produit.

Elle peut apprendre à associer au zapping tout ce qui faisait partie de l’ensemble des stimuli lorsque le zapping s’est produit — et commencer à montrer un comportement d’évitement ou à se tenir très immobile, même dans un contexte apparemment différent — à condition que le nouveau contexte partage une caractéristique déterminante avec le scénario de punition.

L’odeur du poulet.

Le tapis dans la salle de bain, s’il est similaire au tapis dans la cuisine.

Le moment de la journée.

Un bruit particulier, par exemple celui du lave-vaisselle.

Le fait de porter un collier.

La présence du propriétaire.

Tous ces stimuli peuvent devenir des punisseurs conditionnés, par association.

Le scénario de la commande empoisonnée est étroitement lié à cela : les commandes (ou disons les ordres) enseignées avec la menace d’une punition ont tendance à être évitées par l’animal.

Ce conditionnement aversif comporte également une composante émotionnelle. Si le fait de grogner sur un ami est puni, Lady aimera encore moins cet ami.

En parlant d’émotions…

La punition peut conduire à la peur

Au-delà d’un certain niveau, la douleur entraîne une réaction de peur. C’est ainsi que le conditionnement de la peur est réalisé dans de nombreuses expériences sur les animaux : en utilisant par exemple des chocs aux pattes.

Et comme la punition doit être suffisamment sévère pour fonctionner, la peur est très probablement un effet secondaire de l’utilisation de ces forts éléments aversifs.

Cela pourrait avoir quelques conséquences indésirables :

  • La peur pourrait se transformer en agression défensive, comme nous le verrons plus loin.
  • La peur pourrait sensibiliser – ainsi, Lady deviendrait de plus en plus craintive et réagirait à un zapping faible.
  • La peur pourrait conduire à un conditionnement aversif et à l’évitement, comme décrit ci-dessus.

De nombreuses personnes ne reconnaissent pas la peur chez les animaux – elle semble différente selon les espèces, mais un thème commun est le fait de se déplacer lentement, de s’immobiliser ou de fuir.

De plus, la peur peut affecter l’apprentissage de manière indésirable.

La punition peut réduire l’apprentissage

Avec l’augmentation de l’intensité du zapping, à un moment donné la capacité des humains et des animaux à penser rationnellement à ce qui se passe diminue.

Savez-vous pourquoi la plupart des portes des établissements publics tels que les théâtres, les bibliothèques et les écoles s’ouvrent vers l’extérieur ?

Parce qu’en cas d’urgence, comme lors d’un incendie, il est trop difficile de résoudre le problème de l’ouverture d’une porte en tirant.

À un certain niveau de stress, beaucoup de gens ne se souviennent plus que l’on peut ouvrir une porte en la tirant vers soi. Ils peuvent toujours pousser et griffer la poignée, mais prendre du recul et tirer la porte vers eux devient très difficile pour beaucoup de gens lorsqu’ils sont suffisamment stressés. De plus, il se peut qu’une foule paniquée appuie sur la porte, de sorte qu’il n’y a tout simplement plus de place pour l’ouvrir vers l’intérieur.

Ce phénomène de diminution des performances en cas de forte stimulation est contenu dans la loi de Yerkes-Dodson et est bien documenté chez l’homme comme chez l’animal.

L’une des préoccupations concernant le zapping des chiens est que certains individus pourraient avoir un seuil si bas pour cet effet qu’ils ne comprendront tout simplement pas quoi faire pour arrêter d’être zappés, et peut-être même qu’ils ne pourront pas se sortir de cette situation.

La punition peut causer neuropathies ou Syndrome de Stress Post-Traumatique

L’un des problèmes potentiels liés à l’idée de recourir à la punition lorsque le propriétaire n’est même pas chez lui est le risque de dysfonctionnement de l’équipement.

Le zapping se produit alors dans des zones supposées sûres. Ou bien aucun zapping n’a lieu dans des zones interdites.

Dans le même ordre d’idée, parfois le collier est porté, parfois non.

Toute incohérence dans les critères de sanction va semer la confusion chez l’animal. Pour aggraver les choses, une punition intermittente peut engendrer un comportement indésirable très persistant si elle est maintenue par un agent de renforcement suffisamment puissant.

“OK…. Donc je peux être dans la cuisine quand maman est là et qu’il n’y a pas de poulet sur le comptoir ? Mais pas si elle n’est pas là… ou attends, et s’il n’y a pas de poulet ? Hé – maintenant ils ont déplacé le tapis, ça veut dire que c’est sûr ?”

Que se passe-t-il lorsque l’apprenant n’a aucun contrôle sur le moment où la punition est donnée ? J’ai mentionné l’impuissance acquise ci-dessus – un autre résultat possible est l’apparition de symptômes de type névrotique ou de Trouble de Stress Post-Traumatique (SSPT).

La punition peut mener à l’agression

Je vois trois mécanismes par lesquels la punition pourrait conduire à l’agression :

  • La punition n’a pas besoin d’être douloureuse pour avoir cet effet — si elle signale l’indisponibilité de renforçateurs, elle peut être frustrante et conduire à l’agression ( extinction / punition négative )
  • La peur se transforme très facilement en agressivité, surtout si l’animal est acculé d’une manière ou d’une autre et qu’il n’y a nulle part où aller.
  • La possibilité d’attaquer est un facteur de renforcement positif. Comme le dit l’adage, la meilleure défense est l’attaque.
    L’animal peut attaquer tout ce qui bouge, ce qui est logique puisque toute chose à proximité est susceptible d’être la source du stimulus aversif.

Même s’ils peuvent s’échapper, de nombreux animaux passent en mode agressif lorsqu’ils sont punis.

Lady peut s’en prendre à tout ce qui se trouve à sa portée, y compris aux enfants et aux autres chiens.

Si un comportement agressif est puni, les signaux d’avertissement ont tendance à disparaître : par exemple, si Lady a été punie pour avoir grogné, elle peut maintenant mordre à la place.

Je suis sûre que certaines races sont plus sujettes à ce type de réaction que d’autres, mais quand même.

En fait, une étude, portant sur un grand nombre de races différentes, a montré que les chiens qui étaient régulièrement punis présentaient un comportement plus problématique, y compris l’agressivité, et se comportaient moins bien que les chiens entraînés à l’aide du renforcement positif.

La punition décourage l’apprenant

Le choix et le contrôle renforcent le pouvoir des animaux et favorisent leur bien-être.
Le choix et le contrôle sont réduits dans les scénarios de punition, ce qui suggère que les techniques de punition dépouillent les animaux de leur capacité à influer sur les choses et risquent de réduire leur bien-être.

Effets sur l’humain qui punit

La personne croit que la punition fonctionne, alors qu’en fait, non.

Revenons à Lady. Disons que quelqu’un vous appelle.

Hé, Lady !

Vous vous arrêtez, vous retournez. Qu’est-ce que c’était ?

Ah, rien. Vous retournez faire ce que vous faisiez. Vous avez été interrompue, et maintenant vous recommencez votre comportement.

C’est souvent ce qui se passe lorsque la punition est infligée, quel que soit son niveau d’intensité.

Le zapping interrompt un comportement en cours. Pendant au moins un bref instant.

Ensuite, selon l’intensité de la punition, deux choses peuvent se produire :

  • Lady retourne directement à ce qu’elle faisait, comme voler un poulet.
  • Lady abandonne tout projet de vol de poulet

Le problème est que beaucoup de gens pensent qu’une courte pause dans le flux de comportement signifie que la punition fonctionne.

Ce n’est pas le cas.

Une punition efficace met fin au comportement actuel et futur. Le comportement ne devrait pas se produire à nouveau.

Si le comportement se reproduit, nous ne punissons pas. Nous maltraitons.

Mais le mal est fait — parce que la brève interruption du comportement a un effet immédiat sur le cerveau de la personne qui punit.
Et cela tend à stopper la recherche d’autres solutions.

La peur peut être confondue avec de l’apprentissage

Cela mérite sa propre section. J’ai déjà mentionné que la peur est un effet courant de la punition, et que l’apprentissage pourrait être affecté négativement par la peur.

Le problème est que les gens peuvent interpréter tout changement de comportement comme un apprentissage.

En pensant que puisque Lady n’essaie plus d’obtenir le poulet, elle doit avoir appris qu’elle n’est pas censée voler de la nourriture.

Une autre explication pourrait être que Lady a été zappée et qu’elle est maintenant dans un état de peur. Donc, plutôt que d’apprendre quoi que ce soit, elle a juste changé d’état émotionnel et se comporte maintenant différemment.

Pour la personne non initiée, il semble qu’elle ait appris quelque chose.

Délivrer la punition renforce la personne qui punit

Tout comme les animaux, les gens produisent des comportements pour obtenir un effet.

Les gens ont une raison de punir. Lady fait quelque chose de gênant, et nous essayons de l’en empêcher.

Et c’est ce qu’elle fait. Même si ce n’est que pour un court moment.

Malheureusement, c’est suffisant.

Quelque chose de gênant s’est arrêté quand la personne a délivré la punition.

C’est un piège pour le renforcement négatif, mes amis.

Et peu importe que Lady recommence à faire la chose ennuyeuse 20 secondes plus tard, parce que le cerveau de la personne est maintenant rempli des neurotransmetteurs impliqués dans ce type d’apprentissage. La dopamine, peut-être — on la voit dans certains apprentissages de renforcement négatif.

Tous les effets secondaires viennent plus tard également – mais l’effet instantané sur le cerveau du punisseur a déjà prédisposé cette personne à recourir à nouveau à la punition. Et l’ “efficacité” de la punition est généralement variable, ce qui la rend très résistante à l’extinction.

Le châtiment est glorifié dans notre société. De même, il est facile, ne nécessite aucune formation et est copié par d’autres.

Le châtiment est glorifié dans notre société.

La punition peut abîmer la relation entre l’humain et l’animal

Les relations se construisent à travers des interactions répétées.

Ces interactions peuvent être punitives, c’est-à-dire qu’elles peuvent être aversives pour l’animal.

Ou bien elles peuvent être renforçantes, c’est-à-dire agréables pour l’animal.

Avec le temps, ces interactions construisent la relation — et l’animal apprend à quoi s’attendre.

Arrive-t-il souvent que des choses intéressantes se produisent en présence de la personne ?

À quelle fréquence des choses désagréables se produisent-elles lorsque la personne est présente ?

À quel point le comportement de l’humain est-il prédictible ?

À quel point cette personne est-elle est digne de confiance, en quelque sorte.

La qualité de la relation entre l’humain et l’animal peut être bonne, mauvaise, ou entre les deux.

Les mauvaises relations n’impliquent pas nécessairement que l’animal évite la personne.

Par exemple, les chiens s’attachent à leurs propriétaires, tout comme les enfants s’attachent à leurs parents. Même avec une mauvaise qualité de relation, les chiens peuvent rechercher la présence de leurs propriétaires.

Mais la qualité de la relation aura toujours une influence sur leur bien-être.

Et dans le cas de Lady qui vole des poulets sur le comptoir de la cuisine : si le propriétaire est présent au moment du zapping, ou si Lady perçoit que la punition vient de son humain, elle associera cette personne au zapping.

Et ainsi, la relation sera salie. Lady peut même éviter son propriétaire , ou même exercer des représailles.

Ou elle ne volera simplement que quand le propriétaire n’est pas là.


Alors, que faire ?

C’est facile de lister joyeusement toutes les conséquences négatives potentielles de la punition, mais comment résout-on le problème du vol de poulet ?

Résoudre le problème du surf sur plan de travail

Préparer pour l’échec, ou pour le succès ?

Quelles sont les options de Lady ?

Actuellement, le comptoir de la cuisine est intéressant, et le sol est ennuyeux.

C’est cette configuration qui motive Lady à explorer hors-limites.

Un moyen extrêmement efficace de modifier cet équilibre est de rendre le comptoir de la cuisine ennuyeux et le sol intéressant.

Il est très probable que Lady changera aussi de comportement — vous la préparez à réussir.

Elle n’aura aucune raison d’aller dans les zones interdites, car elles seraient de toute façon ennuyeuses.

Modifier l’équilibre des renforçateurs. À ne pas prendre au pied de la lettre.

Pour modifier l’équilibre du renforcement, il faut deux (2 !) choses :

  1. Supprimer ou réduire la source de renforcement dans les zones interdites.
    Ne laissez pas le poulet sur le comptoir.
    En fait : ne laissez même pas une miette de quelque chose ressemblant de près ou de loin à quelque chose de comestible ou d’intéressant.
    Les zones interdites doivent être ennuyeuses.
  2. Rendre les zones autorisées intéressantes.
    Même si cela ne dérangerait probablement pas Lady, il est en fait déconseillé de mettre trois poulets par terre.
    Plutôt des jouets, des puzzles, des labyrinthes de nourriture et autres — tout ce qu’elle aime faire et qui l’occupera.

Apprendre l’auto-contrôle ou contrôle de l’impulsivité

Vous pouvez également suivre une formation sur le contrôle de l’impulsivité avec Lady, afin qu’elle apprenne qu’en s’abstenant de prendre quelque chose qu’elle veut, quelque chose de fabuleux se produira.

Voici quelques conseils clés sur la manière dont j’enseignerais un “laisse ça” :

  • Présenter la nourriture inaccessible (cachée dans la main) – dès que Lady détourne le regard ou se détourne, elle reçoit une friandise
  • Modifiez progressivement le critère pour que Lady vous regarde dans les yeux plutôt que de fixer la nourriture dans votre main.
  • N’utilisez pas de signal pour indiquer à Lady qu’elle fait quelque chose de mal, comme un vol ( de nombreux entraîneurs diraient “mal” ou “eh-eh” ou autre) — laissez-la se rendre compte par elle-même que le vol ne la mène nulle part et que le contact visuel lui apporte quelque chose de fabuleux.
  • Changez plusieurs fois de décor (direction, lieu, type de nourriture, etc.) afin qu’elle puisse apprendre à généraliser.
  • Généralisez le concept en mettant une laisse et en jetant la nourriture hors de portée sur le sol — utilisez un harnais plutôt qu’un collier (cela réduit la tension sur le cou de Lady si elle se met à plonger vers la nourriture). Lorsqu’elle détourne le regard de la nourriture, donnez-lui une friandise.
  • Modifiez progressivement le critère de manière à ce que Lady vous regarde plutôt que la nourriture sur le sol.
  • Une fois qu’on est raisonnablement sûr d’éviter le vol, introduisez le signal “Laisse ça”.
  • Travaillez sur la durée.
  • Rendez la tâche encore plus difficile en faisant réagir Lady au signal même lorsque vous n’êtes pas dans la pièce.
  • Emily Larham (aka kikopup) illustre magnifiquement cette séquence d’entraînement dans cette vidéo, et l’explique plus en détail.

Le “Nouveau Standard en Dressage Animalier”

Pour moi, un système de punition à distance n’est pas un nouveau standard de dressage des animaux. Cette approche a trop d’effets secondaires potentiellement graves — elle ne serait jamais mon premier choix pour traiter les problèmes de comportement.

En ce qui concerne le surf sur plan de travail, j’organiserais l’environnement de manière à ce que le comportement indésirable ne se produise pas et à ce que Lady ait de nombreuses autres options, acceptables celles-là.

Je l’orienterais vers le succès — plutôt que vers l’échec.

Je lui apprendrai que cela vaut la peine d’ignorer la tentation, et la récompenserai pour avoir fait autre chose, comme s’orienter vers moi et me regarder dans les yeux, ou pour s’être allongée de façon détendue dans un endroit précis, par exemple sur un tapis bien placé.

L’établissement de relations basées sur la confiance et sur un historique de renforcement positif plutôt que de punition permettra à Lady d’être plus confiante et plus heureuse.

Je sais que vous brûlez de poser cette question.

Mais que se passera-t-il si les approches non punitives ne fonctionnent pas ? Ou si le scénario est très différent ?

Qu’en est-il des situations de vie ou de mort ?

Ne devez-vous jamais, jamais utiliser la punition ?

Quand utiliser la punition

Malgré la liste des inconvénients, il y a une place pour la punition.

Si Lady était sur le point de se faire écraser par une voiture, je ferais tout pour éviter que cela n’arrive. Cela va sans dire. Il y a des situations dangereuses où il faut immédiatement cesser le comportement, pour sauver des vies ou éviter le danger.

De plus, il est normal d’avoir une poussée d’adrénaline dans une telle situation, ce qui peut entraîner un ton de voix dur et un comportement violent. Cela peut être une punition pour l’animal, quelles que soient vos intentions.

Néanmoins, si cela se produisait, j’envisagerais deux choses par la suite :

  • A quel point ai-je fait une erreur ?
    Quels effets secondaires puis-je m’attendre à voir apparaître? Puis-je en réduire l’impact ?
  • Je n’étais pas préparé à cela — que puis-je faire pour éviter ce scénario à l’avenir ?

Je pense que de nombreux propriétaires d’animaux se retrouvent dans ces situations extrêmes où il faut agir rapidement et résolument d’une façon qui se révèle aversive envers l’animal et constitue donc une punition.

Les animaux se remettent bien d’une punission occasionnelle, cela ne m’inquiéterait pas trop. Après tout, c’est la vie. On se cogne l’orteil. On rate le bus. Il nous pleut dessus.

La punition défensive occasionnelle est susceptible d’être traitée moins comme un choc que comme un signal qu’une limite raisonnable a été dépassée


Murray Sidman

Je peux comprendre cela.

Mais c’est une autre histoire. C’est la situation d’urgence.

L’entraînement à distance avec des colliers à électrochocs n’est pas une situation d’urgence.

Même si j’avais un chien, ou si les colliers à électrochocs étaient autorisés ici, j’hésiterais beaucoup à les utiliser. D’une part, j’aurais peur de ne pas le faire correctement. J’essaierais de résoudre mes problèmes de dressage par d’autres moyens ; après tout, le renforcement positif est indulgent.

La punition ne l’est pas – une erreur peut prendre une éternité à se corriger.

Mais parfois, vous pouvez vous heurter à un problème de comportement qui ne peut être résolu par d’autres moyens,
et cela ne peut pas être ignoré.

Dans ce cas, la punition peut être une solution.

Pour moi et pour beaucoup d’autres, la punition est un dernier recours, à envisager lorsque rien d’autre ne fonctionne — ce n’est pas la première chose à essayer, ni même la cinquième.

En fait, selon le concept de la hiérarchie des procédures de modification de comportement (également connue sous le nom de LIMA ou LIEBI), il s’agit d’environ la huitième, selon que l’on parle de punition négative (enlever quelque chose d’attractif) ou de punition positive (ajouter quelque chose d’aversif).

Avertissement : les termes suivants sont des termes que potentiellement seuls les dresseurs d’animaux expérimentés connaissent. Je le mentionne parce que je pense que les débutants ont besoin de voir cette pensée hiérarchique même si les détails peuvent être un peu compliqués.

La hiérarchie des procédures ou LIEBI / LIMA (apportée au monde du dressage des animaux par Susan Friedman). La résolution des problèmes de comportement est analogue au choix de la sortie à prendre en conduisant. Essayez chaque sortie avant de passer à la suivante. Les derniers choix impliquent des dos d’âne, des céder le passage, de s’arrêter complètement et de consulter la carte — c’est-à-dire d’y réfléchir et de consulter les autres avant d’emprunter ces routes.
  • Vous devez d’abord vérifier si des problèmes de santé ou de nutrition peuvent être à l’origine du problème.
  • Ensuite, vous voyez si vous pouvez résoudre le problème en apportant des modifications à l’environnement qui déclenche la réponse (terme technique : arrangement des antécédents)
  • Si cela ne fonctionne pas, essayez de renforcer un autre comportement — en ne faisant toujours rien contre le comportement indésirable
  • Si c’est toujours inutile, retirez les éléments qui renforcent le comportement indésirable tout en en renforçant un autre
  • Si le problème persiste, essayez l’extinction, la punition négative ou le renforcement négatif — tous
    potentiellement aversifs pour l’animal et certains des effets secondaires énumérés ci-dessus peuvent en résulter.
  • Enfin, si tous ces efforts échouent et que la consultation d’autres personnes n’a pas donné de nouvelles idées, essayez de recourir à des punitions positives en dernier recours. Essayez d’atténuer les effets secondaires potentiels — un animal capable devrait se rétablir rapidement s’il s’agit d’un évènement rare.

Cette approche suppose que vous maîtrisiez les différentes techniques à chaque étape et que vous procédiez à une évaluation fonctionnelle pour vous assurer que vous avez compris ce qui maintient le comportement indésirable. Il n’est pas dans le cadre de ce billet d’entrer dans les détails de cette approche, mais je vais en parler dans l’un de mes prochains cours en ligne.

Lorsque vous choisissez une approche de dressage, n’oubliez pas : le renforcement positif fonctionne, et la punition est dangereuse.
Le chemin de la punition ne doit pas être emprunté à la légère.

En fait, je n’utiliserais pas la punition seule, sans donner d’autres informations à l’animal. Je suppose que c’est l’une des raisons pour lesquelles j’étais effectivement sans voix lorsque j’ai vu pour la première fois la vidéo de punition à distance : elle a vraiment mis l’animal en échec et n’a en aucune façon atténué les effets négatifs potentiels de la punition.


Remerciements

Merci, Tricia Dunlop, Julie Hughes, Marijan Janssen and Hetty Koenraads pour vos réflexions et contributions à ce texte !


Bibliographie

Azrin et al, 1968. Biting attacks by rats in response to aversive shock. Friedman, 2008. What’s wrong with this picture: effectiveness is not enough.

Koob, 2013. Negative reinforcement in drug addiction: the darkness within. Current opinion in neurobiology.

Sidman, 1989. Coercion and its fallout.

Schale et al., 2005: Stress symptoms caused by the use of electric training collars on dogs in everyday life situations

Schilder & van der Borg, 2004. Training dogs with help of the shock collar: short and long term behavioural effects.


Ce texte est une traduction inspirée par le document original “Punishment considered harmful” de Karolina Westlund, ILLIS ABC.

  1. Ici on parle des punitions au sens commun du terme.
    Les techniciens du comportement canin reconnaîtront qu’on parle ici de “P+” , à savoir : ajouter un élément aversif dans les perceptions du chien.[]

Comment punir son chien

Préambule : ne punissez pas !

Il est toujours préférable, pour des raisons d’éthique et d’efficacité, de ne pas laisser votre chien faire quelque chose, plutôt que de le laisser faire et le punir en conséquence. 1

Dans ce qui suit, on dira aussi bien “faire quelque chose” que “produire un comportement”, c’est la même chose.

Si votre chien ne produit pas un comportement, il n’a pas de raison de l’apprendre, et toutes les raisons de l’oublier. De même, pour que votre chien apprenne à ne plus faire, il doit commencer par…ne pas faire !

Si vous faites en sorte que votre chien ne fasse pas ce comportement que vous ne voulez pas, alors vous vous mettez, tous, en situation de réussite ! C’est plus agréable pour tout le monde, et quand on réussit, on apprend mieux…

Si vous choisissez délibérément de laisser votre chien faire quelque chose pour le punir ensuite, cela relève d’une “pédagogie” plutôt malveillante, même si elle est répandue dans notre société. Heureusement, il est toujours possible de procéder autrement…

Punir, c’est quoi ?

La punition, en termes éducatifs, n’a qu’un objectif : que le chien apprenne à ne plus faire le comportement visé.

La punition peut aussi servir d’exutoire à nos propres émotions : colère, peur, frustration… mais soyons bien clairs : ce volet de la punition n’a aucune valeur éducative !
La seule chose que votre chien apprend alors, c’est à avoir peur de vous…vous êtes devenu effrayant pour des raisons qu’il ignore.

Comment punir alors ?

Quand punir, quand ne pas punir ?

D’abord, il y a un temps pour punir.
Le chien ne peut faire une association entre une action et sa conséquence que si cette conséquence arrive en moins de 2 secondes .
Voilà.
Si votre chien a fait une “bêtise” il y a 1 heure ou même 1 minute, il ne saura pas, il ne pourra pas, associer votre action/réaction à son comportement.

Voici en exemple une erreur courante :

  1. votre chien déchiquette les pieds de la table de salon en votre absence.
  2. Vous rentrez à la maison, quelques heures après.
  3. Là, vous vous mettez en colère contre votre chien.

Que s’est-il passé moins de 2s avant votre colère ?
Vous êtes rentré chez vous.
Donc, votre chien peut apprendre ( et c’est ce qui se passe en général ) que le fait d’être là quand vous rentrez vous met en colère.

Rien d’étonnant alors que les prochaines fois que vous rentrez chez vous, votre chien vous signifie qu’il a peur de vous…qu’il ait fait une “bêtise” ou pas !

De quelle façon punir ?

Il y a 2 façons de punir. Non, ne cherchez pas, il n’y en a pas d’autre! C’est mathématique !

Du point de vue du chien :

  • soit on rajoute quelque chose 2
  • soit on enlève quelque chose 3

Ce “quelque chose” peut être n’importe quoi qui soit perceptible au chien.

Soit on rajoute quelque chose

Pour que ce soit une punition, ce qu’on va rajouter sera aversif, c’est-à-dire que cela ne plaît pas au chien.

Exemples de “choses” qu’on rajoute :

  • du bruit : des cris, une boîte qu’on agite, un klaxon (Pet Corrector), un “pshhhht”
  • de grands gestes
  • des gros yeux, une attitude menaçante
  • des coups (de la chiquenaude sur la truffe au coup de bâton, c’est toujours un coup !)
  • plus généralement de la douleur et/ou de la peur

Maintenant, rappelez-vous : quand punissez-vous ?
Après le comportement de votre chien. Par définition : d’abord votre chien fait quelque chose, ensuite vous le punissez.
S’il voulait obtenir quelque chose avec son comportement, il l’a déjà obtenu ! Par exemple, si vous criez sur votre chien parce qu’il vient d’attraper un bout de poulet, eh bien, il l’a déjà attrapé.

Donc, si vous rajoutez quelque chose pour punir, votre chien a obtenu :

  • ce qu’il veut ( du poulet! )
  • ET en plus quelque chose de désagréable ( vos cris ).

Il vous reste à espérer que la chose désagréable le soit suffisamment pour contre-balancer ce que votre chien a obtenu.
Au cas où vous auriez un doute : il est malheureusement assez courant de voir des chiens le cou brûlé par leur collier électrique lorsqu’ils s’enfuient à travers la barrière de leur jardin pour aller chasser. Une observation qui prouve, très simplement, que le chien est capable de supporter de graves douleurs et blessures pourvu qu’il obtienne ce qu’il veut vraiment : ici, aller chasser le chat du voisin.

Il y a de nombreuses raisons pour ne pas utiliser ce type de punitions! 20 raisons sont développées ici : les punitions sont dangereuses.

Soit on enlève quelque chose

Quelle est donc cette autre option pour punir ?

De façon très simple : on va enlever au chien quelque chose qu’il aime, cette disparition deviendra la conséquence de ce qu’il vient de faire.
Rappelez-vous : vous punissez pour que le chien apprenne à ne plus faire…

Soyons efficaces : que pouvons-nous enlever de pire pour le chien à ce moment-là ? Ce qu’il souhaite obtenir !

Ainsi, s’il souhaite obtenir votre attention en faisant cela, enlevez-lui votre attention.
S’il souhaite obtenir un comportement de votre part, ne le faites pas.
S’il souhaite obtenir un objet, enlevez-le.

Attention à ne pas tout mélanger !
Ce que vous voulez enlever, c’est ce que veut le chien, à ce moment-là, pas “en général” !
S’il veut un objet, n’enlevez pas votre attention ! S’il veut vous toucher, ne restez pas immobile ! S’il veut manger quelque chose, ne lui enlevez pas le jouet qu’il avait 1 min avant !

Exemples :

Votre chien vous saute dessus. Vous voulez qu’il apprenne à ne plus sauter sur vous. Que veut-il ?
S’il veut votre attention : ne le regardez pas, ne lui parlez pas, ne le touchez pas !
S’il veut vous toucher ( parce qu’il aime votre contact! ) : écartez-vous avant qu’il vous atteigne. ( Rappel : cela ne sert à rien de l’ignorer, ce n’est pas ce qu’il recherche… )

Votre chien gratte à la porte. Vous voulez qu’il apprenne à ne plus gratter cette porte. Que veut-il ?
S’il veut que la porte s’ouvre : assurez-vous qu’elle est fermée, éventuellement à clef ! ( Eh oui, votre chien n’a pas forcément besoin de votre participation… )
S’il veut que vous ouvriez la porte : ne l’ouvrez pas tant qu’il gratte, et laissez passer un bon moment ( comptez au moins jusqu’à 5! ) avant de l’ouvrir.
S’il veut votre attention : ne réagissez pas ! C’est peut-être difficile de vous contenir, mais…s’il obtient ce qu’il veut, il recommencera puisque ça marche ! C’est trop difficile de ne pas réagir, peut-être parce que la porte est en bois précieux ? Alors protégez la porte…ainsi vous pouvez ne pas réagir, l’esprit tranquille.

Expérience de pensée

VOUS êtes le héros de cette expérience, que nous allons réaliser ensemble.

J’ai un billet de 100€ en main.
Vous le voulez.
Si, si, évidemment que vous le voulez !
D’ailleurs, je suis disposé à vous le donner…

Vous me bousculez pour avoir le billet.
Je n’aime pas ça : je vais vous apprendre à ne pas me bousculer.

2 possibilités s’offrent à moi :

  • soit :
    je vous crie dessus “Non mais ça va pas ? Arrête-ça ! Tiens, prends-le, va-t-en et ne recommence pas !“,
    et je vous pousse,
    et je vous donne rageusement le billet ( rappelez-vous, j’en avais l’intention! )
  • soit :
    je range le billet dans ma poche en silence
    et je le ressors seulement quand vous arrêtez de me pousser
    et je vous le donne 4

Dans le 1er cas, vous avez eu le fameux billet ! Vous êtes venu pour ça, alors bon, c’était très désagréable, mais vous l’avez eu. Donc, cette méthode ( me bousculer ) fonctionne : vous allez recommencer la prochaine fois…

Dans le 2nd cas, vous n’avez pas eu le billet en me bousculant ! Quoi de plus terrible ? Vous concluez que me bousculer vous fait perdre le billet. Donc, cette méthode ( me bousculer ) ne fonctionne pas : vous n’allez pas recommencer…

Pièges…

Ce qui compte c’est ce que le chien perçoit. Pas votre intention. Et parfois votre action est perçue très différemment de ce que vous imaginez!

Exemple 1

Votre chien vous saute dessus.

Vous pensez que c’est pour obtenir votre attention : vous lui enlevez quand il saute : ne pas le regarder, ne pas le toucher, ne pas lui parler…ça semble une bonne stratégie, d’ailleurs la moitié d’internet vous dit de faire ainsi…

Mais votre chien continue à vous sauter dessus ! Internet se trompe, ça ne fonctionne pas !
Avant de vous précipiter sur l’option “Rajouter des cris et pousser ou taper le chien s’il saute”, ( Rappelez-vous : les punitions sont dangereuses )…
dites-vous d’abord que c’est un indice assez fort qu’il continue, en fait, à obtenir ce qu’il veut en sautant…il est temps de réfléchir à ce que c’est !
( quelques pistes, liste non exhaustive : vous toucher, aller à un endroit précis, attraper quelque chose, vous faire bouger d’une certaine façon… )

Exemple 2

Votre chien tire en laisse.

Option a :
Quand il tire, vous vous faites lourd.
Votre chien ne ralentit pas, ou très peu.
Vous, vous pensez sincèrement que vous avez rajouté un élément aversif ( c’est plus difficile d’avancer ).
Mais peut-être que votre chien considère qu’avancer là où il veut, ou bien à une vitesse qui lui convient, même en devant faire un effort de traction, c’est acceptable. Donc il n’apprend pas à ne pas tirer.
Vous avez d’ailleurs intelligemment noté que votre action punitive a rajouté de la difficulté! (Et ça n’a pas marché…)

Option b :
Quand il tire, vous ralentissez. Beaucoup. Tant qu’il tire, vous ralentissez. Peut-être même que vous changez de direction.
Vous avez enlevé l’élément que votre chien désire : avancer, à la vitesse voulue, à l’endroit voulu.
Votre chien va apprendre à ne plus tirer.

Pour généraliser

La méthode proposée fonctionne parce qu’elle est basée sur les règles universelles 5 de l’apprentissage par association action-conséquence.

Quitte à choisir d’apprendre à votre chien à ne plus produire un comportement, choisissez le plus efficace, en même temps que le plus éthique : faites que la conséquence du comportement soit que le chien perd ce qu’il désire.

D’ailleurs, une fois qu’il produit un comportement qui vous convient, vous allez très probablement lui donner ce qu’il désire. 6 Cela s’appelle…le renforcement positif. L’autre face de la même pièce…mais c’est là une histoire dont nous parlerons une prochaine fois.

MAIS.

S’il-vous-plaît.
N’attendez pas que votre chien produise un comportement indésirable pour le punir.
Apprenez-lui à ne pas produire le comportement indésirable du tout. C’est plus efficace, et plus éthique.

Cela demande de la force et du courage d’être bienveillant et amical. Vous avez ça en vous. Faites-le.

  1. Techniquement, cela s’appelle “agir sur les antécédents”[]
  2. techniquement : P+[]
  3. techniquement : P-[]
  4. sauf si vous me poussez à nouveau bien sûr, là je range à nouveau le billet et on recommence…[]
  5. c’est scientifique. Comme la gravité : ce n’est pas parce que vous ne croyez pas en la force de gravité que vous n’allez pas tomber en sautant de l’échelle…[]
  6. Si c’est acceptable ! Le poulet rôti sur la table, probablement pas, mais une caresse, probablement oui…[]

Marche en longe & communication non-verbale

Communication non-verbale

Que nous le voulions ou pas, nous communiquons en permanence avec notre chien, car il/elle nous observe en permanence ! Alors autant prendre conscience de ce que nous lui disons !

Votre chien est attentif à tout moment :

  • à la direction indiquée par vos pieds : c’est “la direction intéressante”
  • à l’énergie que vous insufflez dans votre déplacement

Vos déplacements doivent avoir une direction franche, les deux pieds parallèles dans la direction “intéressante”. Vos pieds disent à votre chien “c’est par-là que ça se passe” !

Votre chien réagit en miroir à vos attitudes : si vous restez connectés par le regard, même indirect, par la position du haut du corps qui doit “ouvrir un couloir” pour inviter votre chien à s’engager dans la direction de vos pieds, alors votre chien “suit” la direction indiquée.

ATTENTION : ce n’est pas une marche au pied, ni un suivi, c’est une marche ensemble, qui laisse à votre chien le loisir de choisir ses déplacements en fonction des vôtres.
Un chien de berger aura tendance à décrire des cercles autour de vous orientés dans la ” direction intéressante “. Un chien de chasse aura tendance à décrire des aller-retour devant puis derrière vous, orientés dans la “direction intéressante”. Tous les chiens auront naturellement la capacité de s’éloigner temporairement de vous, de revenir plus près, bref : de choisir leur trajectoire.

L’énergie que vous mettez dans votre déplacement se retrouve dans l’attitude de votre chien, qui la traduit selon son caractère et son envie du moment ! Par exemple, plus d’énergie implique plus de vitesse et donc des trajectoires plus éloignées de vous. Ou encore, moins d’énergie implique moins de connexion, et votre chien flâne tranquillement autour de vous.

Utilisez cette énergie en la faisant varier pour “raccrocher” votre chien : cela vous évite de le rappeler. Triple intérêt : d’abord c’est moins fatiguant pour vous, il suffit de varier votre déplacement et vous pourrez bientôt le faire en même temps qu’autre chose (même si nous préférons vous rappeler que votre chien vous donne de son attention et qu’il mérite bien quelques miettes de la vôtre…) . Ensuite, cela évite de lui donner le signal de rappel alors qu’en fait, vous ne voulez pas qu’il termine dans vos pieds mais seulement qu’il vienne dans votre direction. Enfin, cela évite de polluer votre signal de rappel en multipliant les échecs : plutôt que de lui signaler de revenir et qu’il ne revienne pas, “raccrochez-le” avec votre déplacement !

A garder en mémoire :

  • Faites des virages en angles plutôt que des courbes, les courbes sont très difficiles à lire pour un chien !
  • Cesser de se déplacer met une pression énorme sur le chien : c’est normal qu’il vous le signale, en s’éloignant, en mordant sa laisse, en vous sautant dessus, en gémissant… n’hésitez pas à bouger même légèrement pour alléger la situation
  • Pour éviter quelque chose (un obstacle, un chien, un humain…) TOURNEZ vos pieds dans une autre direction !

Tous ces éléments de communication sont toujours présents entre vous, même en présence d’une longe…

Marche en longe

La marche en laisse est l’expression de la relation qui existe entre vous et votre chien. C’est un dialogue !

Voici quelques éléments clés à garder en tête et à pratiquer :
La longe vous permet 3 messages principaux :

  • ne rien faire, laisser filer : c’est “oui” . Votre chien comprend qu’il peut continuer à faire ce qu’il fait, ou changer d’activité, comme il le souhaite.
    Dans l’idéal, c’est la situation dans laquelle vous voulez être 99% du temps !
  • freiner, de plus en plus fort, sans bloquer : c’est “oui mais pas comme ça”. Par exemple, votre chien va dans la bonne direction, mais trop vite : freiner assez tôt… au lieu d’attendre d’être en bout de longe et de n’avoir d’autre choix que de lutter en tirant.
  • bloquer-relâcher : c’est “non“. Par exemple, “non ne va pas par là”. Bloquer-relâcher se fait avec le pouce et l’index et doit être bref. Ne pas relâcher est une erreur : votre chien et vous allez vous appuyer sur la longe pour tirer chacun de son côté, et cela devient un conflit où votre chien apprend à tirer au lieu de réfléchir! Si un seul bloquer-relâcher ne fonctionne pas, multipliez-les de façon très rapprochées jusqu’à ce que votre chien accepte ce “non” et fasse autre chose. Attention : vous lui dites “non” à ce qu’il fait, mais il conserve le choix de quoi faire d’autre ! (Sauf si ça aussi c’est “non” 😉 )

La longe doit toujours être en l’air entre vous et le chien. Essayez de pratiquer avec le plus de légèreté possible, votre chien est très sensible aux signaux que vous envoyez dans la longe. Essayez aussi de percevoir ce que votre chien vous dit à travers cette même longe…

La marche en longe doit être un moment de partage entre le chien et vous. Ne tirez pas sur votre chien, et il apprendra à ne pas tirer de son côté !

NE JAMAIS TIRER AVEC LE BRAS sur la longe, c’est extrêmement désagréable pour le chien. De plus, tirer sur la longe apprend au chien à tirer en retour (réflexe d’opposition), et la conséquence est une marche en longe conflictuelle (chacun tire de son côté) et stressante pour tout le monde…

Peut-être qu’au début de l’apprentissage, il faudra un peu de temps à votre chien pour comprendre ce que vous attendez de lui.
Il vous faudra aussi du temps pour maîtriser tous les petits éléments qui composent la marche en longe : gardez confiance et pratiquez !

N’hésitez pas à changer de direction, à en jouer, et à jouer avec les changements de rythme dans votre marche. Le chien y sera très sensible : il sera plus enclin à explorer calmement quand vous marchez doucement. Il sera davantage complice et attentif à vous quand vous mettez de l’énergie dans la marche (pas forcément de la vitesse).

Il vous faudra vous adapter à la vitesse de votre chien pour l’apprentissage, gardez calme et patience.
Evitez de lui demander quoi que ce soit verbalement. Communiquez avec la longe uniquement.

La longe ne doit pas être un outil de contrôle ou pour diriger le chien, c’est un outil de dialogue.

N’oubliez pas de donner la possibilité à votre chien de se relaxer et d’avoir des moments où il peut se servir de sa truffe pendant la balade d’entraînement.
Des balades calmes et olfactives aident le système physiologique de votre chien à être apte à recevoir vos apprentissages, et à votre chien à écouter, se calmer, réfléchir.

Vos balades en laisse doivent être un moment ENSEMBLE, et non pas un moment pendant lequel chacun fait sa balade avec une laisse entre vous.
La balade en longe est une base de création et de renforcement de votre lien d’écoute, de communication, de complicité, qui va bien au-delà de la balade !
Si en longe votre relation est altérée, votre chien apprendra à se comporter en s’opposant à vous, ou encore sans tenir compte de vos propositions ou de vos demandes.
Si en longe votre relation est complice et équilibrée, votre chien apprendra à se comporter en coopérant avec vous, en tenant compte de vos propositions ou de vos demandes.

Marcher ensemble peut être difficile

Au-delà de la technique, votre chien peut avoir de réelles difficultés à s’ajuster :

  • excitation trop importante
  • comportements de prédation
  • mauvaise gestion de la frustration
  • difficultés d’auto-contrôle
  • automatismes (conditionnements) à désapprendre (contre-conditionner)
  • réactivité (agression de distancement, peur, panique…)

Si votre marche en longe continue à être pénible, c’est peut-être aussi parce que les mauvais signaux sont insensiblement mis en place au quotidien entre vous – sans qu’il y ait faute d’un côté comme de l’autre. En cas de difficultés à améliorer la situation, prenez contact avec nous : la marche en longe est une discipline simple mais les détails sont nombreux, et le diable se cache toujours dans les détails…

Familiarisation : tout un programme

Votre chiot vient d’arriver à la maison : c’est le moment de lui montrer que le monde est vaste, varié … et globalement sans danger.

Ce processus est délicat : il faut idéalement que votre chiot découvre toutes les choses auxquelles il va être exposé, en sécurité et en confiance.
La sécurité, la confiance, pour votre chiot : c’est VOUS !

Ne vous sentez pas sous pression pour autant, car, croyant bien faire, vous pourriez noyer votre chiot sous une quantité d’expériences pas forcément bonnes ! Au contraire de le familiariser, le rendre plus apte à vivre ces expériences sereinement, vous risqueriez de le sensibiliser : ces expériences seront de plus en plus difficiles pour lui !

Un programme de progression peut être une aide précieuse pour vous, aussi en voici un que vous pouvez suivre et adapter à votre mode de vie.

planning-familiarisations-9-16-semaines

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Un grand merci à notre consœur Isabelle du Val de la Petite Creuse pour avoir rédigé ce précieux document.