Le chien est un animal social et la solitude n’est pas pour lui un état inné et agréable. La solitude fait donc partie d’un apprentissage à part entière qui se travaille avec calme, pédagogie en plusieurs étapes.

(bonus : vidéo en fin de page !)

La première étape est d’habituer le chien à l’absence de son maître. Cette absence doit idéalement se prolonger progressivement. Vous commencez par vous absenter quelques secondes d’une pièce de votre maison les premières séances, puis quelques secondes de plus les séances prochaines, jusqu’à quelques minutes les séances d’après. Il ne faut jamais que votre chien exprime de l’inconfort, couine, gratte la porte, aboie, pleure durant cette absence. Cela serait contre productif, votre chien n’apprendrait pas que quand vous disparaissez « ce n’est pas grave ».

Mettez en place un rituel verbal ou gestuel, lorsque que vous quittez la pièce où se trouve votre chien, faites lui savoir que vous partez, sans émotion particulière, ou alors avec une émotion plutôt joyeuse. Puis lorsque vous revenez dans la pièce où se trouve votre chien, n’ignorez pas votre chien, faites lui un petit signe en guise de « bonjour » ou « je suis là ».

La solitude s’apprend également lorsque vous êtes présent dans la même pièce que votre chien. Il ne faut en effet pas hésiter à créer des périodes d’ « ignorance » même quand vous êtes à la maison et qu’il réclame le contact. Ne répondez pas systématiquement à toutes ces demandes d’interactions. Initiez le contact lorsque le chien ne le réclame plus.

Avant un départ complet de la maison, prenez toutes les dispositions pour éviter que la solitude soit synonyme de silence intense et d’ennui pour votre chien :

  • Dites lui « au revoir, à tout à l’heure »
  • Laissez lui éventuellement la radio en marche
  • Faites en sorte qu’il associe votre départ à l’ouverture d’une caverne d’Ali baba pour chiens.
    Laissez lui des jouets qui pourraient l’occuper les 20% de la journée où il ne dormira pas. Ces jouets doivent être bien spécifiques, renouvelés fréquemment, et ne présentant pas de danger.

Vous pouvez par exemple lui laisser des jouets à mâcher, des os à mâcher, des peluches, des friandises cachées…Vous pouvez aussi lui donner sa ration d’alimentation juste avant votre départ.
L’essentiel est que votre chien associe votre départ à un Jackpot!
Votre chien préfèrera toujours être en votre compagnie, mais alors il sera capable de rester seul sans être affecté par la solitude.

ATTENTION : En cas de constatation de destruction à votre retour, il faut ignorer le mauvais comportement et ranger les jouets donnés au départ. Chez le chien, la vengeance n’existe pas. S’il y a des dégâts c’est que le chiot/chien s’est libéré d’une tension émotionnelle.

Considérons par exemple un chien qui a fait ses besoins dans le lit de son maître en son absence. Il y est probablement allé pour se rassurer, le lit étant l’emplacement où l’odeur du maître est la plus présente. Une fois installé, le chiot (ou chien) est cependant toujours soumis au stress. Le chiot se détend grâce à l’odeur… et l’accident arrive. Pauvre chien !

La clé est de se mettre à la place du chien. En cas de réprimande, le chien associera l’arrivée du maître à la réprimande. Le chien va donc essayer d’apaiser son humain par un enchaînement de signes distinctifs pour éviter de se faire gronder. Il n’a pas associé la “leçon de morale” à son action précédente mais au retour de son humain. Il essaie simplement de calmer l’irritation “d’origine non identifiée” de son humain.

En vidéo

De l’importance d’un rituel, même un simple geste de la main, au moment de partir.

Des chercheurs ont posé un capteur de rythme cardiaque sur des chiens et ont observé les variations du rythme, très bon indicateur du stress ressenti par le chien à ce moment-là.

Observez bien les variations de pouls des chiens : sans geste de la main avant de partir, puis avec geste.

  • Le pouls augmente : l’organisme est en stress, très sollicité.
  • Le rythme baisse : l’organisme est plus calme, moins sollicité.