What est arrivée il y a un an chez nous, au milieu de 2 autres chiennes. Elle boulottait du tissu. Elle avait une « réactivité » face aux congénères (je n’entrerai pas dans le détail). Elle a mordu deux fois chez nous. Nous avons continué à lui présenter des chiens (pas n’importe qui, pas n’importe comment). Elle ne connaissait pas les balades et avait peur de l’environnement et des humains. Nous avons fait de courtes balades (pas n’importe où).

Il y a eu des périodes d’apaisement pour elle et nous, puis subitement davantage de « réactivité ».

Nous avons douté, énormément, et essayé de la placer en famille sans autre chien (mais qui veut d’un chien compliqué?). Notre autre chienne, d’une sensibilité à fleur de peau, qui a peur des congénères, s’est faite mordre par What. Elle a vécu des moments de peur intense, déclenchant des crises d’épilepsie.

Séparation du jardin en deux, réorganisation à la maison, et du calme, de l’écoute et de l’amour… (accessoirement aussi de la bouffe en grande quantité, What avait eu « l’habitude » d’avoir faim dans sa famille précédente).

Hier, avec un croisé labrador/rott d’amis que nous avons en garde 10 jours (qui voit peu de chien et ne comprend pas tout bien 😉 What A eu un COMPORTEMENT DE JEU! Maladroit, et bourrin, ok. Mais du JEU!

Elle a aussi montré cette semaine qu’elle pouvait faire « la police » : le labrador essaie de chevaucher souvent une autre chienne, et What va engueuler le gros, puis s’en va.

Merci à Odin d’être venu en vacances chez nous et d’être un révélateur!

Pas de protocole, pas de cage, pas de médicament, pas d’obéissance, pas de « tricks », pas de clicker, pas de récompenses, aucune redirection comportementale apparente, et pourtant… Ce petit « miracle » est le fruit d’un « simple » ajustement de notre part et d’une volonté de sécuriser What, de lui redonner confiance, de l’apaiser. TEMPS, PATIENCE, DOUTES, remises en question au quotidien, encore aujourd’hui, et encore demain.

Le lien qui nous attache, elle et nous, est très fort, elle est attentive à nous et semble en pleine confiance.

Et je ne vous parlerai pas de nos deux autres chiennes avec d’autres imposantes problématiques, avec lesquelles il faut aussi tricoter des ajustements au quotidien 🙂

La « rééducation comportementale », ce peut être fait simplement …Seules comptent l’envie et les compétences d’un animal humain bienveillant à s’ouvrir à la rencontre et à l’authenticité d’un animal non-humain.

Certains protocoles de rééducation (testés autrefois!), quelquefois généraux, souvent pas assez généreux, procéduriers et dans l’urgence, ne sont-ils pas parfois des obstacles à cette rencontre interespèce et éventuellement des freins à la résilience?