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Les petites histoires de chiens

Balade canine N°1

Notre première balade canine avec Nappo, Modjo et Paupie!
3 chiens qui sont socialement à fleur de peau.

Nous avons respecté chacun d’entre eux : lorsqu’il ne souhaitait pas être approché de trop près par un chien, nous l’avons écouté.
Le maniement de la longe, la vitesse de marche, les directions données par l’humain…tout cela a permis d’aider chaque chien.

De jolies surprises étaient au rendez-vous! Merci à Thierry, Elsa, Nathalie, Théo, et Chloé!

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Compte-rendu d'activité Le mot des éducateurs

Ce qu’on a appris ce week-end

Ce week-end, la Dr Amber Batson nous a permis, pendant 16h, d’affiner encore notre compréhension du chien et des comportements canins, sous l’éclairage de la médecine vétérinaire moderne. De nombreuses sources citées sont très récentes puisque ce sont des publications (revues par des pairs) datant de 2019 voire 2020 !

Notre approche en ressort renforcée, plus pointue encore…et toujours dans la même direction : mieux comprendre, mieux agir, dans le respect du chien (et de ses humains), de la façon la moins intrusive possible et la plus efficace.

Quelques idées phares

Le calme

  • La plupart des comportements indésirables se produisent en état d’excitation
  • La plupart des comportements désirables se produisent en état de calme

Conclusion évidente : pour que notre chien propose des comportements qui nous plaisent, favorisons le calme !

Le calme n’est pas un comportement, c’est un mode de vie

Dr Amber Batson

La pratique rend permanent

En anglais : “Practice makes permanent”.
On parle ici, techniquement, de potentialisation à long terme (LTP : Long-Term Potentiation). C’est un phénomène naturel et inévitable qui se produit dans le système nerveux, plus particulièrement dans le cerveau.
Simplement, plus un chemin nerveux est activé, plus il y a de neurotransmetteurs générés sur ce chemin et plus il y a de récepteurs créés sur ce chemin.
Donc, plus un chemin nerveux est activé, plus il est facilement activé.

Autrement dit : plus un comportement est répété, plus il est facile à répéter !
Si nous ne voulons plus d’un certain type de comportement, nous devons faciliter les changements structurels correspondants dans le cerveau !
(exemple très technique : plus il y a d’excitation (=”arousal”), plus l’amygdale grossit. C’est un changement physiologique observable et majeur !)

Qu’en retirer pour notre pratique de rééducation ? Qu’il faut préparer le cerveau avant de lui demander de réapprendre de nouveaux comportements et d’oublier petit à petit les anciens.

Prepare the brain before you retrain !

Dr Amber Batson

Le stress

Petit point sur le cortisol, une des hormones emblématiques du stress — au sens physiologique du terme !

Le cortisol abîme les tissus, abîme l’hippocampe et donc empêche/ralentit la formation de nouvelles mémorisations.
Donc le stress implique des capacités d’apprentissage réduites, anatomiquement !
Les lésions tissulaires dues au cortisol peuvent durer des heures, jours, semaines, même si le cortisol lui-même a une vie d’environ 6h dans l’organisme.

Si on veut apprendre, si on veut que notre chien apprenne, nous avons intérêt, mécaniquement, à ce que son organisme soit calme. Et attention : l’épuisement physique n’est pas du calme. Un chien peut dormir, épuisé, alors que son organisme est littéralement brûlant de stress ! (Après avoir couru plusieurs fois après une balle par exemple).

Alors, répétons-le :

Le calme n’est pas un comportement appris, c’est un mode de vie !

Dr Amber Batson
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Balades canines

Nous avons entamé l’organisation de balades canines simples, mais éducatives, où chaque chien est respecté, écouté, par les autres chiens et pour cela nous aidons les chiens à éviter déplacements rapides et excitation.

Voici Glaskow et Nappo!

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Le mot des éducateurs

PLAIDOYER pour un chien de famille émancipé et apaisé

Oyez Oyez ! PLAIDOYER pour un chien de famille émancipé et apaisé

Il est d’usage et apprécié que notre chien obéisse. Un chien obéissant est gage de chien bien éduqué, qui ne dérange personne. Un chien obéissant est un chien qui s’assoit quand on lui demande, qui se couche sur ordre, ou revient dès qu’on le siffle. Mais aussi c’est un chien qui souvent ne doit prendre aucune initiative : choisir une direction de balade (mais il y a de la boue!), réclamer à manger parce qu’il a faim (mais c’est pas l’heure!), demander d’aller en balade (mais il fait froid!), demander de l’attention ou de l’affection (mais je suis fatiguée) , venir près de vous sur le canapé (flûte, des poils!), etc. Bien au-delà encore du chien qui doit obéir au doigt et à l’oeil de son « maître », qui ne doit prendre aucune initiative, il ne doit surtout pas faire des trucs de chiens. Flairer un excrément, creuser un trou dans de la terre, se rouler dans la boue ou un excrément, flairer tout au long d’une balade en s’arrêtant très souvent, aller poliment au contact d’un congénère, mastiquer un os puant et gluant, ce sont pourtant des activités essentielles pour les chiens.
Toute initiative de la part du canidé sera réprimandée, ou simplement refusée.

Deux mondes se heurtent : un monde humain aseptisé et socialement encadré, et un monde de chiens où odeurs et matières sont synonymes de plaisir et de communication canine.

Comme si obéir, ne prendre aucune initiative, et ne faire aucun « truc de chien » ne suffisaient pas, le « maître » régente ce que le chien mange, quand il mange, quand il se balade, où il se balade, sous la pluie ou sur un bitume à 40 degrés, le collier qui étrangle et fait mal, quand il fait ses besoins, où il fait ses besoins, les chiens rencontrés, les humains rencontrés, les lieux visités, par quel vétérinaire il est soigné, s’il est soigné, comment et quand il est soigné,…
Les choix faits par un chien sont inexistants. Le chien n’a même pas le choix des personnes avec qui il vit, et donc n’a pas le choix d’aimer qui il veut : ses colocataires s’imposent à lui.

Nous savons que le cerveau d’un chien, les émotions d’un chien, sont semblables à ceux d’un humain.
Alors imaginons nous une journée seulement, avec un « maître ». Celui-ci ne nous demanderait pas notre consentement ni notre avis sur quoi que ce soit, nous demanderait d’obéir à toutes ses demandes, instantanément sans négociation, nous interdirait de boire ou manger ou d’aller aux toilettes tant qu’il ne nous l’autoriserait pas. Nous ne pourrions ni téléphoner, ni surfer, ni lire, ni nous installer confortablement, ni faire de l’activité, ni nous occuper, ni voir nos amis, ni choisir nos amis, ni choisir notre menu, ni prendre un médicament contre la douleur, étant privé d’un accès à tout. Imaginez que quand le « maître » partirait, non seulement nous devrions attendre son retour pour espérer faire nos besoins, manger ou boire, nous habiller, nous laver, ou tout autre chose encore…mais en plus, sans assurance que le « maître » revienne, au mieux sans savoir quand il reviendra.
Imaginez vous dans ce contexte, et imaginez votre détresse psychique (ennui, ruminations, anxiété,…), votre estime personnelle cassée, votre détresse physique (douleur, faim, soif, envie pressante, froid, chaleur, manque d’activité, vêtements inconfortables, pas de canapé ni lit, …). Seriez-vous un compagnon de vie agréable, épanoui, confiant, et en pleine santé, auprès de votre « maître »? Assurément Non!
Comment dites-vous? Cela s’appelle de l’esclavagisme? C’est un abus de pouvoir?
Nous connaissons tant, et plus que jamais, la valeur de notre liberté.

Ce monde imaginaire cauchemardesque, c’est le monde du chien.
Comment pensez-vous que le chien survit dans ce monde? Personnellement je ne sais pas comment un chien peut survivre sans souffrir de dépression, privé de liberté.

Contrôler tous les aspects de la vie d’un chien, ne lui laisser aucun choix, et en même temps lui demander d’être sympa, d’agir correctement, d’être à votre écoute, collaboratif, serein, en pleine forme, pour que nous ne soyons pas dérangé…y a pas un truc qui cloche?
Des chiens qui ne choisissent pas assez pour leur propre vie sont stressés, et ont des comportements désagréables ou incontrôlables, apeurés, méfiants, agressifs, excités, impulsifs, impolis. Il ont des difficultés à apprendre ou à répondre à vos demandes. On tentera de mettre encore plus de contrôle sur ces chiens là, sans succès, qui finiront à l’euthanasie ou en refuge.

Et imaginez encore : si notre chien trouvait du plaisir à reprendre un peu le contrôle sur sa vie, et si du coup ce même chien était moins stressé, moins malade, plus coopératif?
Ca vaut vraiment le coup d’essayer, non?

Permettons à notre chien de famille :
De faire des trucs de chiens salissants et odorants
De ronger des os gluants et odorants
De sentir un excrément ou un objet rencontré
De choisir la direction de la balade
De choisir de rencontrer un copain
De choisir où se coucher
De choisir sa nourriture préférée
D’être soulagé quand il a de l’arthrose
D’être habillé l’hiver quand il fait froid
Et plein d’autres choses encore à votre guise. Lâchez-vous!

Evidemment, souvent nous devons faire des choix pour nos chiens, afin de préserver leur sécurité, ou parce que le chien est incapable d’aller au supermarché faire ses courses, et que renverser les poubelles des voisins n’est pas viable. Mais partout où c’est possible, si nous laissions notre meilleur ami choisir?

Et fuyez les dresseurs et éducateurs qui vous demandent de contrôler tout de la vie de votre chien, sous prétexte qu’un chien doit obéir, et connaître les ordres de base (militaires). Ce sont des persécuteurs, même armés de saucisses à la place de colliers étrangleurs.

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Compte-rendu d'activité Les petites histoires de chiens

Histoires d’Avent

Rubis et Laurence, Flash et Gaël, Naya et Anne-Marie, Rayna et Joseph, Modjo et Thierry, Holly et Léna, Vefa et Davut, Oasis et Luna et Maria, Onyx et Alexandre, Paco et Bujra, Purple et Claire nous ont accompagnés vers Noël.

De jolis moments!

Maria a découvert que promener ses deux chiennes ensemble, Oasis et Luna, était à nouveau possible, après plus d’une année sans avoir osé. Oasis est une berger allemand qui a des comportements répétitifs (stéréotypies) très invalidants : elle tourne, chasse les lumières, les ombres…et Luna.
Anne-Marie a observé Naya capable d’être calme en balade avec deux chiens.
Modjo le beauceron a fait une jolie rencontre avec une demoiselle Shi-Tzu à la coiffure impeccable.

Et tant d’autres histoires…

parfois compliquées, souvent fortes, entre un chien et sa famille. Parfois il faut du courage pour vivre ensemble, malgré l’attachement. Parfois il faut faire le deuil de ce chien que l’humain a rêvé sociable en toutes circonstances, et de cet humain dont le chien a rêvé qu’il se fiche des aboiements et des traces de boue.

Nous n’étions pas (toujours) seuls !

Sixtine et Assia, deux jeunes stagiaires de 14 et 18 ans, ont observé pendant une semaine ces histoires à nos côtés.

Nappo

Chloé, et Nappo quelquefois, nous ont apporté leur soutien, leurs compétences, leur humour, leur perspicacité.

Gâtés

Nous sommes gâtés d’avoir pu partager ces petits bouts de chemin avec ces chiens et leurs humains, de les voir évoluer et d’apporter un peu plus d’harmonie dans toutes ces histoires.

Et nous avons aussi été gâtés de vin, chocolat et savons artisanaux !


Nous vous revoyons en 2021 pour de nouvelles histoires.
Bonnes fêtes à tous!

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Contact !

Le texte qui suit est une traduction d’un article de Turid Rugaas.
On y parle de “contact visuel” pour désigner un regard direct “les yeux dans les yeux”.

L’entraînement au contact — et LA question.

Comme toutes les modes, ça aussi ça a été inventé par quelqu’un. Qui, quand et où n’a pas d’intérêt. POURQUOI est une question clé, et cela me donne un réel mal de tête d’essayer de trouver ce que l’intention peut bien avoir été.

Avez-vous jamais enseigné l’entraînement au contact entre personnes ? Et comment ce contact devrait-il être ? Maintenir un contact constant du regard ? cela provoquerait probablement une peur bleue chez certains. Toucher ? cela, définitivement, leur ferait peur. Et quelle en serait l’intention ?

Quand on parle d’un meilleur contact entre personnes, nous voulons dire se parler l’un l’autre. Parler et écouter. Peut-être cela devrait-il être la même chose entre vous et votre chien ?

Les chiens sont bien plus sensibles que nous au contact visuel, et le ressentent comme une menace quand ils sont fixés du regard. Les chiens avec des compétences sociales polies ne se fixeraient jamais du regard, ils regarderaient ailleurs, cligneraient des yeux, ou éviteraient la fixité du regard d’une quelconque façon.
Nous le savons. Nous savons aussi que nous ne devrions jamais regarder fixement un animal dans les yeux. C’est une provocation et ça augmente le pouls et la tension de l’animal, lui faisant ressentir qu’il pourrait avoir besoin de se préparer à se défendre. Et souvent, à la fin, il le fait.

L’entraînement au contact, tel qu’ils l’apprennent dans de si nombreuses classes, signifie apprendre au chien à conserver un regard fixe constant avec vous. Pourquoi ??? Pour le menacer ? pour le faire se sentir tendu et pas bien ? Le chien va essayer de regarder ailleurs, cligner des yeux, bouger ses yeux d’un côté à l’autre parce qu’il est en inconfort avec ce regard fixe, sachant que c’est menaçant, et il ne veut pas être menaçant.

Recevoir une friandise pour ça, ou une balle avec laquelle jouer, n’enlève pas la sensation désagréable.

Alors pourquoi le faisons-nous ? C’est la question à 1 million de dollars…

Lorsque je faisais des compétions d’obédience au plus haut niveau, loin dans les années 70 et 80, nous n’exigions pas de contact visuel. Ma chienne a gagné de nombreux prix pendant ces années sans me regarder fixement. En jetant un regard une paire de fois juste pour vérifier quelque chose, mais jamais de contact visuel. Cela signifiait aussi qu’elle pouvait marcher droit, sans avoir à tordre tout son corps pour regarder vers le haut, et tordre le cou dans une position douloureuse. Donc, elle n’a jamais eu de cou raide et douloureux, ou de douleur musculaire à cause du corps tordu pendant le travail de précision au pied. Elle pouvait se déplacer avec les mouvements fluides et beaux qu’un chien a lorsqu’il maîtrise un équilibre complet de son corps.

Ce contact visuel a commencé à apparaître en compétition, pour la seule raison que quelqu’un a pensé que ça apparaissait fabuleux, sans aucune pensée pour ce que cela faisait au corps, ni pour le fait que le chien se sentait mal.

Un des arguments était que les chiens aimaient ça car ils battent de la queue en le faisant. Faux. Parce qu’ils avaient à faire quelque chose dont le chien sait que c’est impoli et mal, ils avaient à utiliser un autre signal d’apaisement pour éloigner la menace : battre de la queue.

Les chiens utilisent leur queue de nombreuses autres façons que pour montrer leur joie. Ils essaient d’amadouer un propriétaire fâché et le faire se calmer. Et pour rendre meilleure une situation désagréable. Si vous êtes en colère contre votre chien, il montrera de nombreux signaux de peur et apaisants, mais aussi souvent battra de la queue — souvent frénétiquement.

Au début c’était juste utilisé en compétition par des propriétaires ambitieux qui voulaient se mettre en valeur de façon spectaculaire. Ils n’en voyaient pas les risques sur la santé. Cela a pris de nombreuses années avant qu’on commence à apprendre des choses sur l’équilibre corporel, et en quoi les mouvements et ce que nous faisons avec nos chiens affectent l’ensemble du corps. On en sait plus à ce sujet maintenant, grâce aux études et à la recherche scientifique sur les muscles, articulations et la structure globale du chien. L’équilibre est la clé pour un corps en bonne santé, et aussi des façons variées de se mouvoir, en particulier se mouvoir librement. Dès qu’on les force à se déplacer en déséquilibre, avec un corps tordu, un cou tordu, on fait quelque chose de mauvais pour la santé du chien.

J’ai trouvé terrible de regarder des chiens être entraînés de cette façon, donc j’ai arrêté les compétitions, aussi parce que je trouvais ça ennuyeux, mais cela ne procurait plus de plaisir de voir la direction dans laquelle ça allait.

Mais le pire restait à venir.

Sur les 20 dernières années nous avons de plus en plus de chiens appelés réactifs. Des chiens qui réagissent et en font des tonnes à la vue d’autres chiens et parfois de personnes, vélos, voitures etc… 9 chiens sur 10 qui me sont amenés pour leurs problèmes, sont réactifs. Comme j’ai pratiqué la résolution de problèmes avec 30 000 à 40 000 chiens, le grand nombre de chiens réactifs est effrayant.

J’ai commencé à travailler sur des moyens de les aider, et ai trouvé quelques méthodes simples qui fonctionnaient sans raté, et qui semblaient leur enseigner pour toute leur vie. Ils apprenaient réellement, et changeaient.

Par la suite, des soins et entraînements pour les chiens réactifs sont apparus en toutes sortes de variétés. Les méthodes apparaissaient et disparaissaient, et de nouvelles venaient au jour. L’une d’elles a eu une espérance de vie plus longue que les autres, et est basée sur — exactement : le contact visuel.

Cette mode est populaire aussi parmi des gens qui devraient être plus avisés. Les propriétaires de chiens ordinaires sont excusables, car ils reçoivent des informations venant de quantité de sources et ont du mal à s’orienter entre toutes. Souvent ils n’ont pas la confiance en eux nécessaire à penser par eux-mêmes. Mais des entraîneurs, qui devraient avoir des connaissances non seulement en entraînement, mais aussi en muscles, mouvements, équilibre, articulations, et en langage canin, lorsqu’ils l’utilisent et ne voient pas ce qu’ils font au chien, alors je pose un gros point d’interrogation sur leurs compétences.

La plus populaire des méthodes récentes d’entraînement ressemble à ça :
Le chien réactif est promené en marchant — en laisse courte pour le contrôle, bien sûr. Lorsque un autre chien apparaît, on exige du chien réactif soit qu’il fasse assis et établisse un contact visuel avec son propriétaire, soit qu’il marche au-delà avec un contact visuel, et qu’il soit gavé de friandises pendant tout ce cirque.

Regardez le chien.
Il gobe les friandises évidemment, comme les chiens le font d’habitude, mais qu’apprend-il ?
Rien. Absolument rien.
Le contact visuel signifie courber, tordre le cou d’une façon qui doit nécessairement être douloureuse. Essayez vous-même. Vous serez peut-être OK pour 2-3 ou même 5 secondes, puis la douleur s’installe. Une réelle douleur ! Si vous devez faire cela souvent, votre cou devient tellement raide et douloureux à la fin, que vous allez y gagner un mal de tête, des douleurs dans le dos, cela s’étend dans tout le corps, faisant bouger le chien et utiliser son corps d’une façon qui montre de la douleur, et devraient allumer le feu rouge. Votre chien est en danger.

Donc — il doit vous regarder pendant que l’autre chien est en train de passer, ressentant de la douleur dans son cou, et il doit vous regarder dans les yeux, ce qui augmente son pouls et le fait se sentir mal, et il sait que l’autre chien est en train de passer mais n’est pas autorisé à voir ce qui se passe. Il y a un monstre derrière lui, et il n’est pas autorisé à voir ce que le monstre a en tête.

Pensez-vous réellement qu’il se sent bien dans cette situation ? et qu’il apprend à gérer ?
Non.
La seule personne qui bénéficie de cet entraînement est vous, qui sentez que vous avez du contrôle. Votre chien n’apprendra jamais à gérer de cette façon.

Avec ce type d’entraînement au contact il est uniquement question de contrôle, et d’aucun apprentissage. Nous voulons nous sentir bien, montrer aux gens qu’on a le contrôle, et ne pas se sentir embarrassé mais être capable de briller en montrant à quel point nous sommes bons.

Stop ! Il ne s’agit pas de ça !
Entraînement au contact — quel mot piège. Cela n’a rien à voir avec le contact avec votre chien. C’est seulement du contrôle, contrôle, contrôle.

Si vous voulez du contact avec votre chien, vous devez faire des choses complètement différentes. Vous devez respecter son langage, son inconfort physique, ses émotions, et ne pas le transformer en animal de cirque, juste parce que vous voulez du contrôle.

Cela ne devient pas plus gentil parce que vous le gavez de friandises.

Faites-le de la bonne façon.
Commencez avec de la marche en parallèle, des promenades sociales, faire des courbes pendant les rencontres, et laissez-le avoir la distance dont il a besoin. Pas de commandes, et laissez-le regarder de façon qu’il sache ce qui se passe. Utilisez une barrière si nécessaire au début, laissez-le avoir des choix, faites-lui sentir qu’il peut gérer ! Quand le sentiment de gérer apparaît, il apprend vite, gagnant la confiance en soi nécessaire pour gérer d’abord des situation simples, et rapidement de plus en plus de difficultés. Un chien qui a appris à gérer ne sera pas aisément agacé ni réactif, probablement pas du tout.

Avoir le contrôle du chien à ce moment n’a rien à voir avec l’apprentissage. Le contrôle va rendre le chien impuissant. L’impuissance va rendre les chiens stressés, peu sûrs, réactifs ou dépressifs — selon leurs caractères. Mais ils n’apprennent jamais à gérer.

Donc la grande question est toujours : pourquoi utilisez-vous l’entraînement au contact ?
Cela n’a rien à voir avec le contact réel, c’est physiquement malsain et douloureux, cela va à l’encontre de tout ce qu’un chien est — un animal social, poli qui ne se comporterait jamais comme cela envers les autres chiens et les gens, cela crée des problèmes, et le chien n’apprend rien à partir de cela.

Je me sens d’humeur à démarrer une campagne anti-contact. Et si vous aimez réellement votre chien :
Faites-lui la faveur de ne pas avoir à vous offrir de contact visuel.
Peut-être qu’à un certain moment, dans le futur, nous serons en mesure de raconter un conte à nos petits-enfants :
Il était une fois un troll nommé Contrôle…

Traduit de Turid Rugaas
Texte original : http://www.turid-rugaas.no/contact.html

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Le mot des éducateurs

Assis !

Quand, où et comment les chiens s’assoient-ils ?

“Assis” est d’habitude ce que les gens apprennent en premier à leurs chiots, sans penser aux conséquences où à pourquoi ils le font.

Nous voulions en savoir plus à propos du assis, donc il y a plusieurs années nous avons commencé l’étude du assis avec mes étudiants éducateurs canins, et c’est une étude qui continue depuis 20 ans maintenant, avec des résultats étonnants. Plusieurs milliers de chiens ont été observés, et nous avons appris de nombreuses choses que nous ne savions pas auparavant.

Premièrement, nous avons appris que si les chiens ont le choix, ils ne s’assoient pas très souvent. Ils se tiennent debout, se couchent, et s’assoient dans quelques situations particulières.

Cela est en partie lié à la race, l’âge, la structure, et la santé physique, donc peut varier de chien en chien, mais en général tous les chiens s’assoient bien moins par choix que ce que nous leur demandons. Ce n’est pas la chose préférable à faire pour eux, et nous devons les écouter. La nature sait ce qui est le mieux.

En regardant les raisons pour cela, nous avons pu clairement voir de quoi il s’agissait.

  1. Cela requiert beaucoup de muscles et de force de s’asseoir et de se relever. Cela prend beaucoup de temps aux bébés d’acquérir suffisamment de muscles et de force pour le faire. De même pour les chiots. Ils n’ont simplement pas suffisamment de muscles pour faire tous les “assis” que nous leur demandons, et ils vont avoir mal, et compromettre leurs articulations en le faisant trop souvent et trop longtemps. Donc, ils s’assoient de travers, en étendant leurs pattes en avant, et se couchent vite. Cela devient trop douloureux. Pendant les séances d’entraînement 1 on leur demande parfois de s’asseoir 10-20 et jusqu’à 60 fois. Imaginez à quel point ces muscles doivent faire mal et gênent le chiot. Essayez de le faire vous-même !
  2. La même chose va arriver quand ils deviennent vieux et perdent ces muscles à nouveau. Ne demandez jamais à un vieux chien de s’asseoir ! Cela peut très bien lui causer une grande douleur. Certains chiens ont une structure qui n’est pas bonne pour s’asseoir, comme les chiens de chasse 2 avec leurs longues cuisses.
  3. Quand les chiots naissent, ils ne sont pas terminés, et les rayons X montrent que les articulations ne sont pas encore connectées 3 ou un chien avec une silhouette de chien de chasse : vous ne devriez pas.
  4. Avez-vous une race très lourde, il va avoir besoin de tellement de force pour s’asseoir et se relever que vous ne devriez pas lui demander non plus. Et absolument jamais à un chiot d’une race de chiens lourds.
  5. Observez votre chien quand il est assis :

    • Est-il assis droit quand ils s’assoit seul, ou est-il assis avec une ou deux pattes étendue en avant, assis sur un “jambon”, ou d’une façon maladroite ? Alors je ne demanderais jamais à mon chien de s’asseoir. Il devrait choisir de le faire lui-même.

    Des études de quelques Écoles Vétérinaires ont montré que :

    • S’asseoir pendant plus de quelques minutes dérange la circulation sanguine à tel point que la pression oculaire pourrait donner des problèmes de vision à un chien ou même le rendre aveugle s’il a à le faire souvent.

    Conclusion :

    • Vous pouvez demander à votre chien de s’asseoir s’il n’est pas très jeune, vieux, n’a pas de problèmes physiques ou n’a pas la structure d’un chien de chasse, ou qu’il n’est pas gros et lourd.
    • Même les chiens adultes, en bonne santé, musclés, ne devraient pas s’asseoir souvent ni longtemps, donc réduisez-le au minimum.
    • Laissez les chiens choisir s’ils veulent s’asseoir, se coucher, ou se tenir debout. C’est leur droit de faire ainsi.

    Après avoir fait asseoir toutes sortes de chiens en entraînement et en compétition pendant 30 ans, j’ai commencé à remarquer les choses mentionnées plus haut, et commencé à remettre en question la nécessité de cet exercice, et c’est pourquoi

    j’ai arrêté de demander aux chiens de s’asseoir il y a 22 ans, et je me suis juste dit que si jamais j’avais besoin d’apprendre à un chien à s’asseoir, je pourrais le faire sans aucun problème. Je n’en ai jamais ressenti le besoin. Les chiens font tout ce que je veux qu’ils fassent, sans aucune commande “assis”.

    Si vous voulez vous-même vous asseoir, asseyez-vous !
    Si vous voulez que votre chien s’asseye, réfléchissez-y à deux fois !

    Auteur : Turid Rugaas
    Article original : http://en.turid-rugaas.no/sit.html

    Traduction réalisée par Thierry le 17.10.2020

    1. de dressage[]
    2. NdT: lévriers en particulier[]
    3. NdT: la tête de l’os doit s’insérer dans la cavité correspondante de l’autre os pour que l’articulation fonctionne, en fait elles flottent. Elles vont lentement grandir pour se connecter, mais cela prend de nombreux mois. Les faire s’asseoir signifie qu’elles peuvent sauter hors de position parce qu’il n’y a pas assez de muscles non plus pour les maintenir en place. Cela peut causer des dommages à vie.

    Mes étudiants ont observé des chiens s’asseoir quand ils le voulaient, et les résultats étaient écrasants : les chiens de chasse dans la plupart des cas ne s’asseyaient jamais. Ils se couchaient directement. De même avec les chiens ayant des problèmes de santé. Les vieux chiens aussi. Les chiens adultes forts s’asseyaient, mais largement moins que ce que nous leur demandons. Un des chiens s’est assis une fois sur une période de 3 mois.

    Les études comme celle-ci nous en disent beaucoup sur ce qui est naturel et juste pour les chiens, et nous devrions respecter cela.

    Raisons de s’asseoir :

    1. D’abord et avant tout, ils s’asseyaient quand ils devaient regarder quelque chose à distance. Ils doivent alors lever leur tête et courber leur cou pour pouvoir le faire, à cause de la position de leurs yeux. Le cou devient douloureux après juste quelques secondes, alors ils s’assoient pour redresser la courbure de leur cou. Cela était de façon écrasante la raison la plus fréquente pour laquelle ils s’asseyaient.
    2. Deuxièmement, ils s’asseyaient comme une étape en route entre être couché et être debout.
    3. Ensuite très bas sur la liste venait s’asseoir en tant que signal d’apaisement, en essayant de calmer quelqu’un.

    Nous avions aussi le comportement appris, de telle façon que si vous demandez à vos chiens de s’asseoir quand ils reçoivent de la nourriture, sortent par la porte et ainsi de suite très souvent, ils vont le faire par habitude. Mais cela ne signifie pas que c’est bon pour eux.

    Devriez-vous demander à votre chien de s’asseoir ?

    Je vous recommande d’observer votre chien d’abord.

    • S’assied-il aisément, ou cela semble-t-il un peu difficile, le fait-il lentement, pas volontiers ? Alors vous ne devriez pas.
    • Savez-vous que votre chien a un problème physique, qu’il est vieux, ou très jeune et donc n’a pas encore développé ses muscles ? Alors vous ne devriez pas.
    • Avez-vous un chien de chasse ((NdT: tout spécialement un lévrier[]
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Oasis

Oasis est une berger allemand de 2 ans. Depuis qu’elle a 4 mois, elle a des comportements stéréotypés, elle chasse les ombres, les lumières, elle a un comportement locomoteur répétitif.
Plusieurs professionnels canins ont été sollicités.
Ses besoins ne sont pas couverts, et les conseils reçus jusque-là par la famille ont ajouté du stress dans la vie d’Oasis. Et pourtant sa famille l’aime beaucoup et veut l’aider.

Aujourd’hui, au parc, Oasis a montré cette stéréotypie pendant près de deux heures, avec quand même plusieurs pauses sniffage, mais malgré les jouets et os à disposition et un environnement très calme et sans aucune pression de la part des humains présents à qui on avait, comme toujours, demandé de ne pas intervenir pour que Oasis s’exprime librement.

https://vimeo.com/463649723
Stéréotypie locomotrice


Puis, elle s’est couchée et a rongé, pour la première fois de sa vie, un sabot de veau. Pas longtemps, une minute. Mais on était heureux de la voir s’intéresser à un objet.

https://vimeo.com/463651967
Oasis ronge !

Puis on a été tous se balader autour du plan d’eau. On a évidemment remplacé le licol par un harnais et une laisse détendue de 6 mètres. Et Oasis a profité de sa balade d’une heure, elle a aboyé, communiqué, flairé, et nagé.

https://vimeo.com/463650702
Oasis flaire en balade

Elle nous a dit qu’elle était bien, voire même heureuse. Et nous l’étions aussi.

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Compte-rendu d'activité Le mot des éducateurs

Formations…

50 heures de formation pour Thierry en ce mois de septembre !

25 heures de formation avec Amber Batson, vétérinaire comportementaliste anglaise du Royal Veterinary College, sur 3 sujets : les comportements anormaux chez le chien, l’exercice chez le chien, et le chien adolescent. Une formation très pointue, en anglais, PA-SSIO-NNANTE ! Plein de nouveaux outils à la pointe des connaissances scientifiques actuelles, pour comprendre encore mieux les émotions et les comportements du chien, et agir de façon appropriée pour aider les chiens et leurs familles.
Et 25 heures avec Marina Garfagnoli…., chez Paulina Druri, de classes de communication canine. En anglais aussi. E-POUS-TOU-FLANT ! On ne voit plus certains comportements canins tout-à-fait pareil !

Éthique et Chiens a encore gagné en connaissances pour mieux aider et accompagner des chiens en souffrance aux comportements parfois très complexes. Cet investissement en formations est là pour diffuser au maximum et au mieux les informations et les compétences modernes appliquées au chien de famille.
On est est trèèès loin, et de plus en plus loin, du traditionnel « Assis Couché ».

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Les petites histoires de chiens

Plein d’accompagnements en cours

Ces derniers jours ont été bien remplis chez Ethique et Chiens! Nous avons accompagné 1 :

Bounty, spitz nain, toute jeune chiot, et déjà très vaillante.

Bounty

Nolan, berger australien, épileptique, et qui a des émotions fortes, surtout à la vue de congénères.

Nolan

Pyrrhus, berger de Savoie, qui est top, mais son humaine manque de confiance en lui.

Pyrrhus

Flash, chiot berger, et sa famille, où tous doivent apprendre à mieux se comprendre.

Flash au parc

Nela, podenca, dont l’humaine manque de confiance.

Nela

Diesel, Jack Russel de 11 ans, trop chou, dont l’humaine a été mal conseillée en terme d’ “éducation”.

Diesel et Campbell

Roby, jeune chiot Jack, dans un contexte familial où la maladie de son humaine rend difficile son arrivée.

Roby en pleine action

Bien sûr Lucky, le dalmatien qui cherche sa famille définitive, que nous avons accompagné dans sa famille d’accueil à Annecy.

Lucky

Evie, la minuscule bouledogue pleine de joie.

Evie

Pytha, jeune berger australien, qui s’excite particulièrement beaucoup quand son humaine veut faire du vélo ou de la planche à roulettes.

Pytha

Oslo, un Malinois abandonné dont la famille d’accueil se transforme, avec de très valeureux efforts, en famille définitive !

Oslo et Thierry

Aiko, en famille d’accueil et en attente de trouver sa famille définitive.

Aiko en longe

Merci à tous ces chiens et à leurs humains d’illuminer nos journées de leur joie et leur bienveillance !

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